mercredi, mai 18, 2022
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Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) tient sa session biennale

Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) tient sa session biennale

Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a tenu sa session biennale à Paris les 27 et 28 décembre 2021. Mme Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, présidait la session.

En raison de la pandémie de coronavirus, des annulations de vols et d’autres restrictions de protection imposées pour empêcher la propagation rapide de la variante Omicron, les membres du CNRI dans divers pays et Achraf-3 en Albanie[1] ont assisté en ligne à la session. Le premier jour de la réunion, un certain nombre de partisans et d’alliés du CNRI étaient présents en tant qu’observateurs, et certains ont pris la parole.

Dans son discours d’ouverture, Mme Radjavi a déclaré que le guide suprême du régime, Ali Khamenei, a installé Ebrahim Raïssi, bourreau du massacre de 1988 [2], à la présidence (en 2021) pour intensifier la répression, les arrestations, les exécutions et la pression sur les prisonniers politiques. Cependant, malgré les défis extrêmes et les graves impacts de la catastrophe du coronavirus sur la population iranienne l’an dernier, un soulèvement majeur a éclaté en Iran tous les quatre mois, signalant un puissant courant sous-jacent qui propulse une force rebelle aussi vaste qu’organisée. Ainsi les arrestations généralisées et intempestives, les aveux forcés sous la torture et les campagnes de diabolisation contre les Moudjahidine du peuple (OMPI/MEK) et le CNRI – en tant que seule alternative démocratique et indépendante – se sont avérées inefficaces.

En ce qui concerne le Mouvement pour la justice (en faveur des victimes du massacre de 1988)[3], Mme Radjavi a déclaré : Selon le livre « Crime contre l’Humanité » (publié par le CNRI), le massacre de prisonniers politiques de 1988 s’est déroulé dans au moins 110 villes d’Iran. Ce même ouvrage révèle les noms de membres de 35 commissions de la mort responsables des tueries dans diverses provinces. Ainsi le mouvement pour la justice se poursuivra-t-il jusqu’à ce que tous les massacres dans toutes ces villes d’Iran soient révélés et que tous les commanditaires, auteurs, complices et collaborateurs de ce grand crime soient dénoncés et traduits en justice dans un Iran libre ou devant des tribunaux compétents sur le plan international.

Au cours du procès de Hamid Noury[4], l’un des bourreaux du massacre de 1988, dans un tribunal suédois qui s’est ouvert en aout 2021, tout le monde a vu que ce bourreau a explicitement déclaré devant le tribunal suédois que s’il ne désignait pas les Moudjahidine du peuple du nom d’ « hypocrite » ou de « secte »[5], le régime l’arrêterait et le punirait, même lui. C’est cela le sens du nom le plus tabou sous le fascisme religieux. On comprend ainsi clairement que les mots « secte » et « hypocrite » utilisés par toute personne ou tout courant, à l’égard de ce mouvement, indiquent un point de connexion avec le régime. Pendant la procédure judiciaire suédoise, le régime et ses agents ont fait tout leur possible pour déformer l’image de l’OMPI, a ajouté Mme Radjavi.

Dans une autre partie de son discours, la présidente élue du CNRI a noté que : Par ailleurs, le nombre de victimes du coronavirus avoisine le demi-million. De plus en plus de nouvelles sont publiées chaque jour sur cette tragédie et les écoliers et les enfants sont venus s’ajouter aux malades. Le premier responsable de toutes ces victimes, comme de cette pauvreté douloureuse, est Khamenei en personne qui sacrifie la vie du peuple iranien pour maintenir en place son régime anachronique et putréfié. Pour se protéger du danger de soulèvement et de renversement en temps de sanctions, le régime a envoyé les gens sur les champs de mines du coronavirus. Ainsi Khamenei et Rohani ont adopté une stratégie de morts massives comme pendant la guerre antipatriotique contre l’Irak et le massacre de prisonniers politiques de 1988.

En ce qui concerne les négociations nucléaires en cours à Vienne, Mme Radjavi a déclaré : Le principal enjeu politique du régime sur la scène internationale est le programme nucléaire et le sort de l’accord du JCPOA. Le cours des événements montre que le cadre général de la politique du régime est de continuer à gagner du temps pour parvenir à produire l’arme nucléaire. La politique erronée de complaisance et de concessions au régime des mollahs doit être corrigée en réactivant les six résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle a répété que la solution ultime et l’approche correcte (pour faire obstacle au programme nucléaire du régime) est de soutenir le peuple iranien, ses soulèvements et son mouvement de résistance.

En outre, les développements politiques en Iran après la nomination de Raïssi à la présidence par Khamenei, les mouvements sociaux en cours, en particulier le soulèvement des agriculteurs et des habitants d’Ispahan ainsi que celui des enseignants et des éducateurs, et l’aggravation du conflit entre l’alternative organisée et démocratique présentée par la Résistance iranienne et le régime en place, ont figuré au nombre des sujets abordés lors de la session intérimaire du CNRI.

Les membres du CNRI ont souligné que, bien que le guide suprême du régime ait installé Raïssi, bourreau du massacre de 1988, à la tête de son exécutif afin de resserrer les rangs, les derniers mois ont montré que non seulement les querelles et les crises entre factions au sein du régime se sont même intensifiées. La raison en est que la crise interne du régime, en dernière analyse, découle de l’anachronisme de la dictature religieuse et de son conflit insoluble avec le peuple iranien et sa Résistance organisée.

La session a également abordé les querelles internes sur le projet de loi budgétaire récemment présenté au parlement du régime et les conflits au sommet du pouvoir sur les négociations nucléaires. Ces points prouvent que le développement de la crise interne de la théocratie ne peut plus être dissimulée ou contenue.

Le CNRI a souligné que dans le contexte d’une situation socialement explosive, Khamenei prévoyait d’affronter la résistance organisée, à savoir l’OMPI, en nommant Raïssi, le bourreau du massacre de 1988, dont 90 % des victimes appartenaient à l’OMPI. À cette fin, il entendait empêcher la connexion entre les soulèvements et le mouvement de résistance. Jusqu’à présent, cependant, cette stratégie s’est retournée contre lui.

Le vendredi 19 novembre à Ispahan, les Iraniens et le monde entier ont pu voir sur le lit asséché du fleuve du Zayandehroud, une manifestation massive en soutien aux justes revendications des agriculteurs opprimés et spoliés. Ces scènes se sont ensuite répétées lors d’une nouvelle grande manifestation à Shahrekord. Un autre soulèvement puissant a eu lieu à Ispahan le vendredi 26 novembre, lorsque de jeunes rebelles ont défié les unités spéciales répressives et les forces de sécurité, en criant : « Nous sommes venus nous battre ; battez-vous et nous riposterons. »

Les membres du CNRI ont également fait l’éloge de la lutte persistante menée par les unités de résistance[6] dans les circonstances les plus difficiles, aggravées par la répression et la propagation du coronavirus en Iran. Les membres du CNRI ont estimé que les unités de résistance entretiennent la flamme des soulèvements et du renversement certain du régime.

Le CNRI a souligné lors de sa session : L’expansion impressionnante du Mouvement pour la justice a donné une réponse écrasante à Khamenei qui voulait terroriser et faire taire les Iraniens tout en les rendant passifs avec l’installation de Raïssi. Malgré la politique honteuse de complaisance qui prévaut, le Mouvement pour la justice en faveur des victimes du massacre de 1988 a organisé des manifestations persistantes et déposé des plaintes auprès des autorités judiciaires européennes, empêchant Raïssi d’assister à la session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU et la Conférence de Glasgow sur le changement climatique.

Les membres du CNRI ont félicité la Résistance pour avoir fait échouer les complots des mollahs visant à confisquer le Mouvement pour la justice dans le but de le faire capoter[7]. Le régime a cherché à blanchir l’un de ses agents de renseignement et à minimiser la bravoure admirable des prisonniers politiques qui ont péri lors du massacre de 1988. Les mollahs ont voulu à la fois effacer l’identité politique des victimes du massacre et prétendre qu’elles n’avaient pas vraiment été l’un des exemples les plus brillants de résistance et de persévérance contre la tyrannie dans l’histoire de l’Iran, parce qu’elles n’auraient pas choisi de le faire volontairement et qu’elles ne savaient pas pourquoi elles se battaient vraiment. Le régime a fait tout son possible pour minimiser l’étendue et la portée réelles du massacre de 1988.

Les membres du CNRI ont décrit l’approche de la Résistance iranienne dans ce contexte, formulée dans un communiqué publié par le CNRI le 15 novembre 2019, comme étant extrêmement productive et constituant un véritable guide d’action au fil des deux dernières années. Sur la base de cette approche, depuis l’arrestation d’Hamid Noury en Suède, des dizaines de membres et de sympathisants de l’OMPI, témoins du massacre ou dont des proches en ont été victimes, se sont déclarés prêts à comparaître devant les tribunaux afin de s’assurer que Noury soit traduit en justice. Ils ont lancé une campagne implacable et bien documentée, avec des détails concrets, révélant les complots ourdis par le ministère du Renseignement dans cette affaire et le rôle spécifique d’Iraj Mesdaghi. La divulgation d’enregistrements audio de Mohammad Moghiseh[8] (le patron de Noury, également connu sous le nom de Nasserian) et d’Ali Razini[9] (le chef de l’organisation judiciaire des forces armées du régime en 1988), la pétition signée par plus de 1600 anciens prisonniers politiques[10], un rapport d’enquête complet de la commission judiciaire du CNRI et les précieuses révélations faites par le célèbre producteur et réalisateur iranien M. Fereydoun Jourak[11] sur Mesdaghi, font tous partie intégrante de cette campagne.

Les membres du CNRI ont noté que les événements qui se sont déroulés pendant les cinq mois ayant suivi le début du procès de Noury à Stockholm ne laissent aucun doute sur le fait qu’il aurait pu échapper à la condamnation sans les témoignages et les documents fournis par les membres et les partisans de l’OMPI.

Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) tient sa session biennale

Lorsque le président du tribunal a annoncé le 26 octobre que le tribunal se déplaçait en Albanie pour deux semaines, il a déclaré à propos des plaignants et des témoins d’Achraf-3 [12] : « Sur la base des documents et des preuves qui nous ont été soumis, ils sont cruciaux pour cette affaire, et on ne peut pas dire que leurs témoignages devraient être ignorés ou ne pas être inclus« .

Les développements concernant le Mouvement pour la Justice ont conduit à la mise à jour d’une vérité politique importante ; la confrontation entre l’OMPI et Khomeiny,[13] qui a culminé avec le massacre de 1988 et imposé la plus grande dissension au sein de l’establishment au pouvoir en forçant Khomeiny à destituer M. Montazeri[14] comme son successeur désigné. Protestant publiquement contre Khomeiny et les bourreaux tels que Raïssi, Montazeri avait qualifié le massacre de 1988 de plus grand crime commis par le régime et a dit à ses auteurs que c’est la raison pour laquelle le peuple iranien méprise complètement le régime clérical, et que l’histoire retiendra leurs noms comme celui de grands criminels. Il avait qualifié l’OMPI comme une école de pensée et une logique qui ne peuvent être détruites par des massacres et des meurtres. Ces actions au contraire auront l’effet inverse, avait soutenu Montazeri, ce qui aurait pour effet de propager le message de l’OMPI.

 

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne

Le 30 décembre 2021


1- Achraf-3 en Albanie abrite des milliers de membres de la principale organisation d’opposition, les Moudjahidine du peuple (OMPI). L’OMPI est la plus grande organisation membre de la coalition démocratique du CNRI, qui comprend des centaines de personnalités éminentes et d’autres organisations qui aspirent à un Iran démocratique, laïque et non nucléaire.
2- Au cours de l’été 1988, Khomeiny, alors guide suprême du régime iranien, a publié un décret religieux manuscrit ordonnant l’anéantissement complet de tout prisonnier soutenant fermement l’OMPI. Des « commissions de la mort » ont été mises en place pour procéder aux exécutions, et Raïssi était l’un des membres de la commission de la mort de Téhéran. Au final, au moins 30.000 prisonniers politiques dans tout l’Iran, dont 90 % étaient des partisans de l’OMPI, ont été massacrés.
3- En août 2016, Mme Radjavi a appelé à la promotion du mouvement pour la justice en faveur des victimes du massacre de 1988 en Iran, à la fois dans le pays et à l’étranger. Le mouvement a exigé la poursuite de tous les commanditaires et auteurs du massacre de 1988, la publication des noms, des informations et des lieux de sépulture de toutes les victimes et l’annonce des identités de tous ceux qui ont participé à la planification et à l’exécution des exécutions.
4- Hamid Noury est un procureur adjoint impliqué dans le massacre de 1988. Il a été arrêté en novembre 2019 lors d’une visite personnelle en Suède, qui reconnaît le principe de compétence universelle pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.

5- Afin de délégitimer l’OMPI et de minimiser son soutien croissant en Iran, en particulier parmi les jeunes, le régime a lancé une campagne de désinformation massive contre l’organisation, la qualifiant de « secte » dépourvue du moindre soutien populaire. L’étiquette officielle du régime pour l’OMPI est celle des « hypocrites » et toutes les autorités et les médias ont reçu pour instruction stricte d’utiliser cette étiquette. Quiconque refuse de le faire est considéré comme légitimant l’OMPI et mérite d’être jugé et puni.

6- Les unités de résistance sont organisées par le principal parti d’opposition, l’OMPI. Elles mènent quotidiennement d’innombrables actions de protestation et jouent un rôle clé dans l’organisation des protestations et des manifestations contre le régime. Divers responsables du régime et médias ont exprimé leur inquiétude face à l’expansion persistante des unités de résistance en Iran.
7- Depuis le lancement en 2016 du Mouvement pour la justice des victimes du massacre de 1988 par Mme Maryam Radjavi, le régime a lancé des complots et de la désinformation pour dominer et confisquer le récit de ce massacre brutal. Il a, par exemple, déployé des agents de renseignement pour diffuser un récit cherchant à minimiser l’ampleur du massacre et à réduire ses immenses impacts négatifs tant au niveau national qu’international…
8- Un enregistrement audio divulgué par le CNRI montre que Moghiseh s’est fermement opposé au voyage de Noury en Suède en raison de son rôle dans le massacre de 1988, mais que d’autres acteurs du régime ont minimisé la question et rassuré Noury en lui disant que son voyage ne lui poserait pas de problème.
9- Dans la même cassette audio, Razini déclare :  » Écoutez, quelle était l’importance de leurs informations ? Plus je réfléchis, qu’ont-ils pu obtenir ? Est-ce qu’il (Hamid Noury) a des informations de haut niveau ? Ou a été un interrogateur à la prison d’Evine en 1981 ? Qu’est-ce qui va sortir de tout ça ? Rien. Ce ne sont que des informations périmées ».

10- Plus de 1600 anciens prisonniers politiques iraniens ont signé une pétition dénonçant Iraj Mesdaghi et son rôle d’agent du ministère du Renseignement et de la Sécurité (Vevak) du régime. Au cours du procès de Noury, il a été révélé qu’il avait envoyé un courriel à Mesdaghi depuis l’Iran dix mois avant son voyage en Suède. Lorsqu’il a été interrogé sur le courriel qu’il avait reçu de Noury, Mesdaghi n’a pas pu se rappeler avoir reçu cet e-mail.
11- Fereydoun Jourak a publié une déclaration dans laquelle il dit avoir vu Mesdaghi lors de son séjour à la prison d’Evine dans les années 1980, au cours de réunions avec des interrogateurs où il était question de rédiger des livres de propagande contre l’OMPI.
12- Achraf-3, en Albanie, abrite actuellement des milliers de membres de l’OMPI.
13- Rouhollah Khomeiny, fondateur de la théocratie et premier Guide suprême jusqu’à sa mort en 1989.
14- Au début des années 1980, l’ayatollah Hossein-Ali Montazeri a été désigné comme le successeur de Khomeiny et le prochain candidat au poste de guide suprême. Cependant, en raison de ses critiques du massacre de 1988, il a été déchu de son rang et placé en résidence surveillée jusqu’à sa mort en 2009. Après la mort de Khomeiny, Ali Khamenei a été installé comme Guide suprême du régime à la place de Montazeri.

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