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EDITORIAL : Comment sortir de la crise de l’accord nucléaire iranien ?

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L'une des questions internationales les plus importantes est la décision imminente du président des États-Unis sur le maintien ou le retrait de l'accord nucléaire avec l’Iran (JCPOA). Lors de leurs visites à la Maison-Blanche, le président français et la Chancelière allemande ont insisté pour que le président Trump ne se retire pas comme il l'a laissé entendre. Alors que le président Trump compte annoncer sa décision, le 8 mai, le sort de l'accord avec l'Iran continue d’être au centre des débats. Cependant, il y a un moyen de sortir de cette crise. Mais les dirigeants Occidentaux sont-ils prêts à la prendre en considération certaines évidences ou préfèrent-ils continuer à ignorer les solutions potentielles?

Il y a deux points de vue opposés. Les deux parties affirment rechercher la sécurité et le moyen le plus efficace pour empêcher le régime iranien de se doter d'armes nucléaires.

Les Européens affirment que, malgré ses lacunes, le JCPOA a aujourd'hui arrêté le programme nucléaire du régime et qu'un certain degré de surveillance internationale a été mis en place. Ils estiment qu'il n'y a pas d'autre option viable.

On pourrait dire qu'il y a un consensus général sur le fait qu'il y a de nombreuses lacunes dans le JCPOA et que s'il existe d'autres alternatives viables pour empêcher le régime d'acquérir des armes nucléaires, il faut certainement les exploiter. À cette fin, le président Macron est même allé jusqu'à faire une nouvelle proposition visant à supprimer les dates d'expiration des principales dispositions du JCPOA et à y ajouter des plans pour contrer le programme de missiles du régime et l'ingérence destructrice dans d'autres pays. La vérité qui prévaut est le fait que, jusqu'à présent, le régime n'a montré aucun signe concernant son intention d'abandonner ses politiques néfastes sur ces questions.

Ceux qui critiquent le JCPOA soulignent deux points. Premièrement, ils mettent l'accent sur les lacunes de l'accord, que même les Européens reconnaissent. Deuxièmement, ils soulignent le comportement inquiétant du régime dans la période qui a suivi l'entrée en vigueur du JCPOA dans des domaines tels que le programme de missiles et l'ingérence accrue dans la région, ce qui, curieusement, est également reconnu par les Européens. Mais, pour surmonter ces préoccupations communes, ils aboutissent à une conclusion différente : une conclusion qui rejette le JCPOA. Ils estiment que, étant donné que l'on ne peut pas faire confiance au régime, le JCPOA avec ces lacunes n'empêcherait pas le régime d'obtenir une bombe nucléaire. Compte tenu de l'expérience nord-coréenne des années 1990, cet argument n'est pas trop tiré par les cheveux. Cela est d'autant plus vrai que l'objectif initial du régime des mollahs pour lancer un programme nucléaire était de concevoir une bombe et que tout indique que, contrairement à ce qu'affirmait Hassan Rohani à l'époque où il dirigeait l'équipe de négociation nucléaire de Téhéran, ils n'ont pas mis fin au programme en 2003. Rohani a reconnu plus tard dans ses mémoires qu'il avait trompé l’Occident au moment où il était négociateur en chef.

Suite à l'adoption du JCPOA, la Résistance iranienne a annoncé qu'en ce qui concerne le régime des mollahs, sa décision d'accepter les termes de l'accord équivalait à un recul qui lui a été imposée. Le régime voulait la bombe le plus rapidement possible, mais les pressions croissantes des sanctions et la crainte d'un éventuel soulèvement l’ont obligé à céder.

La position de la Résistance iranienne

A l'époque, Maryam Radjavi, Présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, avait déclaré : « Contourner les six résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et parvenir à un accord non signé qui n’est pas contraignant au niveau international, au même titre qu’un traité, ne bloquerait ni le chemin des mollahs vers la tromperie ni leur accès à la bombe nucléaire. Si le P5+1 avait été plus ferme, le régime des mollahs n'aurait pas eu d'autre choix que de battre totalement en retraite et de renoncer définitivement à ses efforts pour acquérir la bombe nucléaire. Plus précisément, il aurait interrompu tout enrichissement de l'uranium et mis fin à ses projets de fabrication de bombes.

« Le P5+1 devrait maintenant insister pour expulser le régime du Moyen-Orient et empêcher ses ingérences dans la région. C'est un principe fondamental qui doit être inclus dans tout accord, sinon n'importe quel pays de cette région tumultueuse aurait le droit d'exiger toutes les concessions accordées au régime théocratique. Cela n'entraînerait qu'une escalade catastrophique de la course aux armements nucléaires dans cette partie du monde.

« Un autre point important est le contrôle strict par les Nations Unies de l'argent versé dans les coffres du régime, qui devait être placé sous le strict contrôle des Nations Unies pour s'assurer qu'il serve aux besoins urgents du peuple iranien, en particulier pour assurer les maigres salaires non payés des travailleurs, des enseignants et des infirmières, et pour assurer de la nourriture et des médicaments aux citoyens. Sinon, Khamenei utilisera ces fonds pour promouvoir la politique d'exportation de terrorisme et d'intégrisme en Syrie, au Yémen et au Liban et, avant tout, à remplir les poches des forces affiliées au pasdaran (le Corps des Gardiens de la révolution du régime des mollahs).

« En effet, tout accord qui ne respecte pas et ne tient pas compte des droits de l'homme du peuple iranien ne ferait qu'encourager le régime dans sa répression et ses exécutions incessantes et piétiner les droits de la nation, la Déclaration universelle des droits de l'homme et la Charte des Nations Unies. »

Pour une politique de fermeté

La justesse de la position de la Résistance iranienne a été prouvée après presque trois ans. Le programme nucléaire des mollahs doit être aboli dans son intégralité. Cela aurait dû être fait il y a de nombreuses années.

Après trois ans, le comportement du régime a empiré dans tous les domaines. Cela se reflète avant tout dans la répression du peuple iranien. Le silence des gouvernements Occidentaux concernant les protestations généralisées en Iran est honteux. Au moins 15 des personnes détenues lors des manifestations qui ont commencé au début de l'année ont été torturées à mort, mais l'Occident continue de garder le silence. Cela ne peut s'expliquer que par des considérations mesquines d’intérêts économiques.

Tous les partisans de la politique de complaisance avec le régime sont responsables de la crise actuelle et de ses conséquences, quel qu'en soit le résultat. Ceux qui se faisaient concurrence pour obtenir une plus grande part des contrats avec le régime, voire avec les pasdaran, fermant les yeux sur la répression du peuple iranien et les politiques destructrices du régime dans la région, doivent être tenus responsables pour leur rôle dans la crise actuelle.

Il est maintenant temps de tenir compte des exigences du peuple iranien. La population a montré à travers ses protestations qu'elle souhaite un renversement du régime. La communauté internationale doit se tenir aux côtés du peuple iranien et de sa Résistance. Il est maintenant temps de mettre les discussions de côté et de passer à l'action. Les points de repère sont clairs.

Mme Radjavi, dans un message à la convention des Irano-américains à Washington le 5 mai 2018, a déclaré : « L'expérience des trois dernières années a confirmé que les mollahs ont profité des concessions de l’accord pour réprimer le peuple iranien et massacrer le peuple syrien. Par conséquent, nous exigeons avec insistance que les pays Occidentaux adoptent une politique éliminant toute l'infrastructure du programme nucléaire du régime et qui, par des inspections inconditionnelles, empêchera une fois pour toutes le régime de s'engager dans des activités, des essais ou des recherches nucléaires, y compris l'enrichissement. Le démantèlement des programmes d'armes nucléaires et de missiles balistiques du régime, l'expulsion des Gardiens de la révolution d'autres pays de la région et l'obligation pour le régime de mettre fin à la torture et aux exécutions devraient être abordés dans une approche holistique. Les pays Occidentaux ne doivent ignorer aucun de ces aspects. »

Afin de garantir la réalisation de toutes ces exigences, les sanctions financières les plus sévères doivent être adoptées immédiatement et les relations du régime avec les systèmes internationaux doivent être coupées. Le régime est beaucoup trop faible pour résister à la volonté de la communauté internationale. Malheureusement, jusqu'à présent, la communauté internationale n'a pas fait preuve de la détermination nécessaire.

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