mardi, février 2, 2021
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ADVT : une ONG du régime iranien, créée pour diaboliser l’OMPI

Les organisations non gouvernementales sont des organisations privées qui agissent au niveau international. Elles n’ont pas de position politique et ne sont affiliées à aucun gouvernement. En Iran, le cas est différent.

Comme de nombreux autres termes internationaux, tels que “justice”, “liberté”, “droits humains”, etc., le pouvoir à Téhéran a inversé la signification des ONG. Ces dernières sont censées servir de perroquet aux mollahs pour dénoncer l’opposition ou opprimer les dissidents. Porte-parole du pouvoir, elles se tranforment en GONGO (organisation non gouvernementale organisée par le gouvernement)

Dans cet article, nous nous intéressons à l’une de ces GONGO, connue sous le nom d’ “Association pour la défense des victimes du terrorisme”, ou ADVT. Sa tâche principale est de mener la campagne de diabolisation de la principale opposition, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK).

Le ministère du Renseignement et de la Sécurité du régime iranien (VEVAK) a fondé l’ADVT en juin 2007. Elle avait pour but de fabriquer des dossiers et des allégations contre l’OMPI/MEK afin d’empêcher son retrait des listes noires européennes et américaines. Listes sur lesquelles elle s’était retrouvée par la politique de complaisance à l’égard des mollahs de Téhéran.

Toutes les tentatives du régime ont échoué, puisque les tribunaux en Europe, au Royaume-Uni et aux États-Unis, de 2006 à 2012, ont retiré l’OMPI de toutes les listes.

Dès sa fondation, l’ADVT a cherché à rencontrer les ministères des Affaires étrangères des pays européens et les institutions et organes affiliés à l’ONU, sous sa couverture d’ONG, pour répandre de la désinformation sur l’OMPI.

Une ONG truffée de généraux

Dans cette association, les agents du VEVAK (ministère du renseignement) ont rencontré les délégations diplomatiques à Téhéran, en particulier celles des Nations unies, répétant ad nauseam la propagande du régime contre l’OMPI.

Les autorités au sein du VEVAK et du pouvoir judiciaire, ainsi que les commandants des Gardiens de la Révolution et de leur force terroriste Qods sont membres de cette GONGO.

“L’ADVT a participé à une réunion à laquelle ont également assisté des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, du ministère des Affaires étrangères et du Croissant rouge”, a rapporté l’agence de presse gouvernementale Khane-ye Melat le 9 octobre 2019.

À Téhéran, Mohammad Javad Heshmati, le procureur général adjoint du régime, tient généralement des réunions de cette association. De même, dans d’autres villes, les services de sécurité, les officiels et responsables de la répression organisent des réunions de l’association.

Mohammad Abdollah-Pour, l’un des commandants de la force Qods, est un pilier des réunions de l’ADVT dans la province de Guilan, dans le nord de l’Iran. Mohammad Reza Naqdi, coordinateur adjoint des pasdrans et ancien commandant de la milice du Bassij, Javad Mansouri, premier commandant des pasdarans, le mollah Hassan Rahimian, représentant du Guide suprême à la Fondation des Martyrs, et le général Esmael Koussari, commandant de la 27e division des pasdarans, figurent parmi les orateurs les plus fréquents des sessions de l’ADVT.

Entrée à l’ONU

Pour vendre cette organisation comme ONG internationale, le Vevak a remué ciel et terre. Il a finalement réussi à la faire entrer au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Dans un rapport détaillé sur les activités du Vevak en Europe, le Comité international pour la recherche de la justice (ISJ) a fait la lumière sur la manière dont l’ADVT a pu entrer au CDH.

« Dans l’espoir de diaboliser son opposition organisée, le régime iranien est allé jusqu’à mettre en place des “organisations non gouvernementales” contrôlées par l’État au Conseil des droits de l’homme de l’O NU pour diffuser de fausses informations sur l’OMPI. Cette action a conduit à des protestations d’autres ONG non iraniennes au Conseil des droits de l’homme sur l’abus du cadre et du mécanisme des ONG », peut-on lire dans le rapport de l’ISJ.

Le 15 mai 2017, trois ONG dotées du statut consultatif auprès du Conseil des droits de l’homme ont présenté une déclaration écrite, qui a été distribuée à tous les États membres de l’Assemblée générale des Nations unies le 24 mai 2017.

La déclaration a été publiée par le Parti radical non violent, Transnational et Transparence, une ONG dotée du statut consultatif général, l’Association internationale des droits humains des femmes, une ONG dotée du statut consultatif spécial, et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, une ONG inscrite sur la liste.

Protestations

« Vu que la société civile en Iran ne jouit pas de liberté d’expression (comme l’illustrent les cas de Sattar Beheshti et Narguesse Mohammadi), le gouvernement iranien a eu recours à la création d’ONG afin de blanchir ses violations systématiques et généralisées des droits humains. Pour ce faire, il abuse du statut consultatif des ONG et des autres facilités dont elles disposent, pour ternir l’image de l’opposition démocratique et des ONG indépendantes iraniennes en exil », dit la déclaration.  « L’une de ces soi-disant ONG soutenues par le gouvernement de la République islamique d’Iran est l’Association pour la défense des victimes du terrorisme (ADVT) qui n’a apparemment pas d’autre mission que de diaboliser et de diffuser de fausses informations sur le groupe d’opposition le mieux organisé et le plus important appelant à la démocratie en Iran, nommé l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) », ajoute la déclaration.

« L’ADVT et d’autres organisations similaires qui sont venues d’Iran pour participer au Conseil des droits de l’homme, en plus de diffuser de fausses informations et nouvelles, se livrent à des actes d’intimidation et d’identification des militants iraniens des droits de l’homme en marge de la session, et sous la supervision du ministère iranien des renseignements, qui est chargé de réprimer l’opposition, intimident les familles de ces militants en Iran et font pression sur eux », peut-on lire dans une autre partie de la déclaration.

Un rappel

Le vendredi 27 novembre a marqué le procès d’Assadollah Assadi, diplomate-terroriste iranien incarcéré à Anvers, en Belgique, sous l’accusation de terrorisme. Assadi a utilisé ses privilèges diplomatiques pour transférer du matériel explosif de l’Iran vers l’Autriche, où il travaillait comme diplomate, puis pour remettre la bombe à deux de ses agents.

Le procureur d’Anvers, dans son acte d’accusation, a souligné que, sur la base des preuves, Assadi a mené à bien le complot d’attentat à la bombe contre le rassemblement de l’opposition en 2018 sur ordre du régime. En d’autres termes, ce complot déjoué n’était pas une initiative d’Assadi.

Le procès d’Assadi met une fois de plus en évidence la manière dont le régime clérical utilise différentes couvertures pour poursuivre son terrorisme et atteindre son objectif malveillant. Les ambassades du régime, les soi-disant centres culturels et les ONG comme ADVT sont utilisés pour le terrorisme et l’espionnage. La communauté internationale devrait donc les fermer et expulser les agents du régime.

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