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Manifestations en Iran : Les racines et les perspectives

Manifestations en Iran : Les racines et les perspectives

Janvier 2018

Aperçu
Le 28 décembre 2017, des milliers d'habitants de Machhad, deuxième plus grande ville d'Iran, se sont rassemblés sur la place Shohada, en face de l'hôtel de ville, pour protester contre la hausse du prix des biens de première nécessité. Avant le début du rassemblement, plusieurs forces répressives ont été postées sur la place, mais la population les a repoussées et a commencé à manifester. Ce fut le début d'un soulèvement dans 142 villes de 31 provinces, qui a ébranlé le régime par son ampleur, son expansion rapide et les exigences radicales de changement.

Les manifestations récentes, loin d'être de courte durée, spontanées et ponctuelles, ont été un mouvement profond et très enraciné dans la société iranienne. Cela a mis en évidence les défis sérieux auxquels le régime est confronté. Il y a des différences majeures en comparaison avec le soulèvement de 2009.

La cause
L'insurrection a été déclenchée par les pressions économiques, la pauvreté, la misère, la cherté de la vie et le chômage. Par conséquent, ce qui a déclenché les manifestations est très profond. Elles ne disparaîtront pas facilement. Le régime est incapable de gérer la crise et il risque d’avoir d’autres irruptions de colère. Les responsables du régime, notamment le Guide Suprême Ali Khamenei, ont été conscients de la crise économique, mais n'ont rien pu y faire. C'est pour cela que ce qui s'est passé au tournant de l'année n'est que le début et non la fin d’un mouvement pour un changement de régime.

En outre, la cause des manifestations ne se limite pas au seul facteur économique. Il y a d'autres questions importantes qui contribuent à la situation explosive de la société. Parmi ces facteurs, il y a la répression des droits les plus fondamentaux de la population, la liberté d'expression et de réunion, les restrictions sociales et l'interférence avec les aspects les plus privés de la vie sociale de la population, le maintien en détention, la torture et les exécutions de dissidents, la demande populaire croissante de rendre des comptes concernant les exécutions massives passées, en particulier le massacre des prisonniers politiques en 1988, les inégalités et les discriminations dont sont victimes les femmes, les minorités religieuses et ethniques et la participation croissante du régime aux guerres étrangères avec de lourdes conséquences intérieures. Il est également vrai que les exigences économiques en Iran se transforment rapidement en revendications politiques radicales.

Composition
La partie la plus démunie de la société, « l’armée des affamés » et des jeunes chômeurs, la classe moyenne inférieure, ont été le moteur des manifestations. C'est important, car pendant de nombreuses années, ces secteurs de la société ont été considérés en Occident comme la base du régime.

La classe moyenne, dans la mesure où elle existe encore en Iran, avait déjà exprimé son mécontentement contre le régime et son désir de le renverser, même pendant le soulèvement de 2009. Ainsi, le régime fait face à un sérieux défi imposé par toute la population, avec une force intérieure, qui, en se heurtant au régime, n'a rien à perdre ou très peu.

Géographie
Un aspect important des manifestations est leur localisation géographique ; elles ont lieu dans toutes les villes du pays – y compris dans les provinces où les minorités ethniques sont plus nombreuse – qui se battent toutes pour le même objectif : le renversement du régime et l'établissement d'une république fondée sur la séparation de la religion et de l'État. Selon les informations fournies par le réseau de l'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI ou MEK) à l'intérieur du pays, il y a eu des manifestations dans plus de 141 villes et villages à travers l'Iran, et rien que sur les cinq premiers jours il y a eu plusieurs centaines de protestations et d'escarmouches anti-régime à travers l'Iran.

C'est l'un des facteurs majeurs qui a pris le régime de cours. En comparaison, le soulèvement de 2009 s'est essentiellement limité à Téhéran et quelques grandes villes, ce qui a permis au régime de concentrer sa répression dans la capitale.

Slogans et revendications
Un autre aspect des manifestations, qui a ébranlé davantage l'ensemble du système, a été la vitesse à laquelle elles se sont répandues dans tout le pays et la radicalisation des revendications en une ou deux journées. Les slogans expriment le ressentiment de la population, exposant la vulnérabilité du régime bien au-delà des arguments avancés par de nombreux analystes Occidentaux. Les slogans tels que « Mort à Rohani », « Mort à Khamenei », « Les religieux doivent partir », « Quittez la Syrie, pensez à nous », « Pas Gaza, Pas Liban, ma vie pour l’Iran », « Les prisonniers politiques doivent être libérés » et « Réformistes, radicaux, c’est la fin de votre jeu », ont été largement entendus en Iran.

Le slogan populaire dans toutes les villes du pays ciblait l'ensemble du régime, sans faire de distinction entre les réformistes et les radicaux. Depuis des années, les gouvernements Occidentaux justifient la politique de complaisance par la fausse idée d’un chimérique soutien à la faction modérée au sein du régime. La population iranienne s’est exprimée haut et fort là-dessus.

Rejet de la politique régionale du régime
Deux des slogans les plus populaires ont ciblé la politique du régime dans la région. Il s'agit là d'un autre facteur important pour évaluer la situation actuelle en Iran et l'ampleur de la crise dans laquelle le régime est empêtré. Pendant des années, Téhéran a continué à s'ingérer dans d'autres pays de la région pour dissimuler son incapacité en interne.

Aujourd'hui, ce qui semblait autrefois être la force du régime révèle sa vulnérabilité. Les mollahs ont du mal à se mobiliser pour intervenir à l’étranger et s’appuient de plus en plus sur leurs supplétifs régionaux, ce qui leur coûte énormément. Téhéran alloue des milliards de dollars en revenus pétroliers et gaziers à l'ingérence dans les pays de la région, notamment en appuyant le régime d'Assad en Syrie, le Hezbollah libanais, les milices chiites islamistes en Irak et au Yémen. Les avantages que l'on pensait pouvoir tirer de la levée des sanctions via l'accord nucléaire n'ont pas été perçus par les Iraniens ordinaires. Par conséquent, l'ingérence du régime dans d'autres pays devient de plus en plus un cauchemar pour le régime lui-même. Cela contribue au mécontentement populaire croissant.

La ligne directrice des manifestations
En examinant la littérature des différents groupes ou spécialistes iraniens à l'intérieur et à l'extérieur du pays, on peut saisir que le seul mouvement qui a parlé de la possibilité d'un nouveau soulèvement et qui a travaillé sans relâche pour atteindre cet objectif est le Conseil National de la Résistance iranienne et sa principale composante, l’OMPI. Les rapports annuels du CNRI des trois dernières années ont constamment dépeint la situation explosive en Iran et ont proposé la mise en place de « 1000 Ashraf » ou 1000 centres de rébellion comme le cœur de sa stratégie pour organiser et fomenter le soulèvement. Particulièrement en 2016, des milliers de petites manifestations portant sur des revendications liées au travail, à la corruption et surtout au pillage de l'épargne de millions de déposants par des institutions financières accréditées par le gouvernement, pour la plupart affiliées aux pasdaran, ont eu lieu dans tout le pays, jetant les bases de ce qui a déclenché le 28 décembre 2017.

Un autre facteur important, qui a contribué à la vague de protestations, a été l'expansion du réseau de l’OMPI en Iran et, en particulier, la « campagne pour exiger des comptes » concernant le massacre en 1988, au cours duquel quelque 30.000 prisonniers politiques, principalement des membres de l’OMPI ont été liquidés dans les prisons iraniennes et enfouis dans des fosses communes. Ce mouvement, qui s'est accéléré après le départ des membres de l’OMPI d'Irak vers l’Albanie, a brisé un tabou en Iran, et le massacre des membres de l’OMPI s'est transformé en une cause sociale.

Ainsi, l'une des différences flagrantes entre les manifestations de 2009 et les manifestations actuelles est que cette fois-ci, il n'y a absolument aucun lien entre les manifestants dans la rue et une faction quelconque du régime ou toute personne visant un objectif autre que le renversement du régime. Leurs slogans sont différents. Il n'y avait même pas un seul slogan similaire à celui des manifestations de 2009. L’attitude des manifestants est très différente, plus combatifs et prêts à prendre le risque. Les manifestants ont clairement rejeté l'appel de ceux qui préconisaient plus d’indulgence vis-à-vis du régime.

Le rôle de l’OMPI
Le 9 janvier 2018, Khamenei a évoqué la manifestation et a accusé l’OMPI d’être la force en Iran qui a organisé les manifestations. Il a affirmé tenir ces informations sur la base de renseignements précis. Il a ajouté que l’OMPI avait d'abord organisé des manifestations sous la bannière de « non à la vie chère », ce qui a attiré la population. En outre, il a accusé les États-Unis d'avoir conspiré pour provoquer les manifestations et a affirmé qu'un pays arabe les a financées.

Khamenei a ajouté : « Je voudrais dire qu'il y avait un triangle actif dans les troubles récents. Cela ne date ni d’hier, ni d’aujourd'hui, c'est un travail organisé. Il existe des informations au sujet de ce que je vous dis [rôle de l’OMPI]. Maintenant, certaines sont évidemment tirées de leurs propres propos, d'autres ont été obtenues grâce au travail du Renseignement. »

Avant lui, Hassan Rohani, le Président du régime, dans un acte peu diplomatique, a téléphoné au président français Emmanuel Macron pour l’exhorter de restreindre les activités du CNRI et de l’OMPI en France , leur reprochant d’être à l'origine des troubles en Iran.

Plusieurs autres hauts responsables et personnalités du régime ont attaqué l’OMPI pour son rôle moteur dans les manifestations.

Répression
Comme tous les dictateurs, pour réprimer les manifestations populaires, le régime a eu recours à une répression impitoyable. Au moins 50 personnes ont été tuées. Selon certaines informations, au moins cinq manifestants auraient été tués en détention sous la torture. Les responsables du régime ont reconnu que certains manifestants avaient été tués en détention, mais ils ont déclaré de façon grotesque qu'ils étaient tous des toxicomanes et qu'ils s'étaient « suicidés ».

Selon les informations obtenues par le réseau de l’OMPI en Iran, le régime aurait procédé à l’arrestation de plus de 8000 manifestants, dont beaucoup ont été arrêtés chez eux. Un membre du Majlis (parlement du régime) a déclaré que 3 700 personnes ont été arrêtées (médias officiels, 9 janvier 2018).

Craignant une forte réaction de la population pendant les manifestations, les Gardiens de la révolution, épaulés par des agents du ministère du Renseignement (VEVAK), ont procédé à des arrestations massives hors du voisinage des manifestations elles-mêmes. Les pasdaran et les agents du VEVAK ont contacté d'anciens prisonniers politiques, des familles des membres de l’OMPI et de toute personne soupçonnée d'être militante, les obligeant à s’engager par écrit à ne pas participer aux manifestations.

Le 1er janvier, le chef du pouvoir judiciaire, Sadegh Larijani, a exigé « la fermeté de la part des procureurs de l’Etat islamique ».

Le 2 janvier, le Président du tribunal révolutionnaire de Téhéran, Mousa Ghazanfar Abadi, a averti que le ministère de l'Intérieur considérait comme illégales les manifestations et que ceux qui continuaient à manifester encourraient de lourdes peines. Il a menacé que les dirigeants et organisateurs de la manifestation pourraient être accusés d'« inimitié contre Dieu » (moharebeh), qui est passible de la peine de mort.

Pour empêcher les manifestants de se rassembler, les nervis en civil ont été postés sur toutes les grandes artères et rues de Téhéran et d'autres villes.

Par ailleurs, il faut noter un fait significatif : des dizaines de membres du Bassij, la force paramilitaire du régime, et d’autres forces de sécurité ont refusé de participer à la répression contre la population. Des Bassijis se sont même filmés brûlant leurs cartes de membre du Bassidj et les ont postés sur les médias sociaux.

Le rôle des media sociaux
Les Iraniens ont utilisé des applications de messageries comme Telegram pour fixer les rendez-vous des rassemblements du lendemain. Les dates et les heures des rassemblements étaient rapidement diffusées via des applications similaires sur les téléphones portables. En l'absence d'une presse internationale libre en Iran, les médias sociaux ont joué un rôle essentiel dans la diffusion de scènes de protestations et de répression au reste du monde. Des centaines de clips saisissantes, notamment des scènes d'Iraniens détruisant les portraits de Khamenei ont été publiés sur Twitter et Instagram, reflétant les véritables sentiments de la population Iranienne. Le régime s’est alors empressé de bloquer Telegram et restreindre l’accès à Internet.

Conclusion
Les messages les plus importants des manifestations sont:

• La société iranienne est dans un état explosif, et pourrait éclater à tout moment.

• Contrairement aux idées reçues en Occident, le régime des mollahs se trouve dans un état fragile, et est plus vulnérable et plus faible que par le passé. Le régime a épuisé toutes ses ressources et en fin de course. Le renversement du régime par le peuple et pour le peuple iranien est donc à notre portée.

• La notion de « réformistes vis-à-vis radicaux » n'est plus pertinente. C'est la population qui se dresse contre le régime théocratique dans son ensemble et aspire à un changement de régime. Il est donc temps de mettre fin à l'illusion de « modérés » dans ce régime.

• Il est grand temps que les pays Occidentaux abandonnent leur politique de complaisance vis-à-vis de Téhéran et qu’ils reconnaissent que les concessions antérieures ont été contre-productives.

• Il est grand temps que la communauté internationale reconnaisse l'opposition légitime, notamment le Conseil National de la Résistance iranienne, qui mène depuis trois décennies la lutte pour une Iran libre et démocratique.

 

 


Réaction de la communauté internationale

Avec le début des manifestations et l'afflux d'informations sur la répression et les nombreuses arrestations arbitraires ainsi que l’assassinat de manifestants par les pasdaran et d'autres forces répressives, la communauté internationale a commencé à condamner et à exprimer ses inquiétudes à ce sujet.

Secrétaire Général des Nations Unies
Le Secrétaire Général au sujet de la République Islamique d’Iran
Le Secrétaire général suit avec préoccupation les dernières évolutions de la situation en République Islamique d'Iran. Il déplore les pertes en vies humaines dans les manifestations. Il exhorte au respect des droits de réunion pacifique et de la liberté d'expression, et à ce que toutes les manifestations se déroulent de manière pacifique. Il faut éviter d'autres actes de violence.
https://www.un.org/sg/en/content/sg/statement/2018-01-03/statement-attributable-spokesman-secretary-general-islamic-republic

États-Unis
Manifestations pacifiques en Iran
Nous suivons des rapports faisant état de nombreuses manifestations pacifiques de citoyens iraniens dans plusieurs villes à travers le pays. Les dirigeants de l’Iran ont transformé un pays riche avec une grande richesse historique et culturelle en un État voyou appauvri sur le plan économique et dont les principales exportations sont la violence, les effusions de sang et le chaos. Comme l'a déclaré le président Trump, les plus anciennes victimes des dirigeants de l’Iran sont le peuple iranien.
Les États-Unis condamnent fermement l'arrestation de manifestants pacifiques. Nous exhortons toutes les nations à soutenir publiquement le peuple iranien et ses revendications en faveur des droits fondamentaux et de la fin de la corruption.
Le 14 juin 2017, le Secrétaire Tillerson a déclaré devant le Congrès qu'il soutient « les éléments à l'intérieur de l'Iran qui conduiraient à une transition pacifique du gouvernement ». Ces éléments sont là, comme nous le savons certainement ». Le Secrétaire d'État réitère aujourd'hui son soutien inconditionnel au peuple iranien.
https://www.gov.uk/government/news/readout-of-foreign-secretary-call-with-rex-tillerson


États-Unis
Le Secrétaire d’Etat à la Défense des États-Unis Mike Pence, le 03 janvier 2018
Le président et moi-même exhortons les dirigeants des pays du monde entier épris de liberté à condamner les dictateurs iraniens non élus et à défendre le droit inaliénable du peuple iranien de décider de son avenir et de prendre en main son propre destin.

https://www.washingtonpost.com/opinions/this-time-we-will-not-be-silent-on-iran/2018/01/03/d1cfc34e-f0cc-11e7-97bf-bba379b809ab_story.html?utm_term=.5fbd6749d909


Royaume-Uni
Déclaration du ministre britannique des Affaires étrangères sur l'Iran :
Le Royaume-Uni suit de près les événements en Iran. Nous pensons qu'il devrait y avoir un débat plus approfondi sur les questions légitimes et importantes soulevées par les manifestants et nous attendons des autorités iraniennes qu'elles le permettent.
Nous pensons également que, en particulier à l'aube du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, la population devrait pouvoir jouir de la liberté d'expression et manifester pacifiquement dans le respect de la loi.
Nous regrettons les pertes en vies humaines survenues lors des manifestations en Iran et appelons toutes les parties concernées à s'abstenir de toute violence et à respecter les obligations internationales en matière de droits de l'homme.
https://www.gov.uk/government/news/foreign-secretary-statement-on-iran.


France
Iran - Questions et réponses - Extraits du point de presse quotidien (02.01.18)
Q - Quelle est votre réaction aux manifestations en Iran?
R - Les autorités françaises suivent de près la situation en Iran. Manifester librement est un droit fondamental. Il en va de même pour la libre circulation de l'information. La France exprime sa préoccupation concernant le grand nombre de victimes et d'arrestations. Ces questions, et plus généralement les droits de l'homme, seront au cœur de nos discussions avec les autorités iraniennes au cours des prochaines semaines.
https://www.diplomatie.gouv.fr/en/country-files/iran/events/article/iran-q-a-excerpts-from-the-daily-press-briefing-02-01-18


Allemagne
Le ministre des Affaires étrangère, Gabriel Sigmar, sur les manifestations en Iran :
Je suis très préoccupé par les dernières évolutions de la situation en Iran et par les rapports faisant état d'autres morts parmi les manifestants et du grand nombre d'arrestations. Nous exhortons le gouvernement iranien au respect de la liberté de réunion des manifestants et de leur droit d'exprimer librement et pacifiquement leurs opinions.
Après les affrontements de ces derniers jours, il est d'autant plus important que toutes les parties s'abstiennent de toute action violente.
https://www.auswaertiges-amt.de/en/Newsroom/demonstrations-iran/1052004

 

L’Union Européenne
Déclaration de la Haute Représentante au nom de l'UE sur la situation en Iran
L'Union Européenne suit de près les manifestations en cours en Iran, l'augmentation de la violence et les pertes inacceptables en vies humaines.
Pour l'UE, les droits de l'homme ont toujours été au cœur de nos relations avec l'Iran. La manifestation pacifique et la liberté d'expression sont des droits fondamentaux qui s'appliquent à tous les pays, et l'Iran ne fait pas exception.
http://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2018/01/02/declaration-by-the-high-representative-on-behalf-of-the-eu-on-the-situation-in-iran/


Conseil de Sécurité de l’ONU
Une réunion d'urgence du Conseil de Sécurité de l’ONU sur les manifestations en Iran a montré à Téhéran que « le monde entier va surveiller » ses actions, a déclaré l'ambassadeur américain.
Les États-Unis ont convoqué la réunion après avoir apporté un soutien moral aux manifestants antigouvernementaux au cours d'une semaine de manifestations et de contre-manifestations.
Le président américain Donald Trump et des membres de son gouvernement ont salué les manifestants antigouvernementaux qui s'opposent à un régime répressif et corrompu qui essaie de les faire taire.
Mais la Russie et quelques autres pays ont déclaré que l'organe le plus puissant de l'ONU n'avait pas à intervenir dans les manifestations.
« Le monde devrait applaudir leur courage » et amplifier leur message, a déclaré l'ambassadeur Nikki Haley, décrivant les manifestations comme une question relatives aux droits de l'homme qui pourrait se transformer en un problème international.
« Il est juste et approprié – c’est en fait, notre responsabilité... d'évaluer si une telle situation pourrait devenir une menace pour la paix et la sécurité internationales », a déclaré l'ambassadeur britannique, Matthew Rycroft, avant la réunion.
L'Ambassadeur néerlandais, Karel van Oosterom, a déclaré que son pays espérait que la réunion pourrait « servir de mesure préventive pour éviter une nouvelle escalade de la violence ».
Il a exhorté le gouvernement iranien à mettre en place un processus pour remédier à toutes les violations grave des droits de l'homme et à tenir pour responsables tous ceux qui sont impliqués.
L'ambassadeur américain Nikki Haley, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur les manifestations antigouvernementales de masse en Iran, a déclaré : « le régime des mollahs est désormais prévenu : le monde entier surveillera ce que vous faites. »
Nikki Haley accuse le régime des mollahs de financer une campagne militaire pro-régime en Syrie, soutenant les milices chiites en Irak et soutenant une élite de copains pendant que les Iraniens ordinaires luttent.
L'ambassadeur américain, Nikki Haley, a averti les autorités iraniennes vendredi que le monde entier est en train d'observer, alors que des milliers de manifestants pro-gouvernementaux ont manifesté en Iran à la suite de manifestations anti-gouvernementales, au cours desquelles plus de 21 personnes ont été tuées.
« Le régime des mollahs est désormais prévenu : le monde entier surveillera ce que vous faites », a déclaré Haley lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Iran.


Amnesty International
Mettre fin à la répression de plus en plus violente et enquêter sur la mort de manifestants
Les autorités iraniennes doivent garantir le droit de manifester pacifiquement, enquêter sur les rapports selon lesquelles les forces de sécurité auraient illégalement fait usage des armes à feu contre des manifestants non armés, et protéger des centaines de détenus contre la torture et d'autres mauvais traitements.
La rhétorique agressive des autorités s'est accompagnée de la publication, par les médias officiels, d'une liste de manifestants recherchés dont les visages sont visibles, et d'un appel lancé au public pour qu'il les identifie et en informe les autorités.
« L'escalade de l'intimidation des manifestants et les restrictions extrêmement disproportionnées imposées au droit à la liberté d'expression en ligne ces derniers jours font craindre que les autorités iraniennes ne recourent à des tactiques de plus en plus brutales pour écraser les voix dissidentes », a déclaré Philip Luther.
« La manifestation pacifique est un droit, et de nombreuses personnes en Iran veulent exercer ce droit. Au lieu d'opter pour la répression et d'accuser de façon absurde les manifestants de collusion dans des complots orchestrés à l'étranger, les autorités iraniennes devraient s'attaquer à leurs propres cas de non-respect d'une série de droits civils, politiques, économiques et sociaux. »
https://www.amnesty.org/en/latest/news/2018/01/iran-stop-increasingly-ruthless-crackdown-and-investigate-deaths-of-protesters/

 

Réaction des médias

Depuis le début des manifestations en décembre, plus précisément le 28 décembre 2017, lorsque les manifestations ont commencé à Machhad, au nord-est de l'Iran, et à la vitesse à laquelle elles se sont propagées dans tout le pays, les médias du monde entier y ont prêté attention et elles sont rapidement devenues le premier sujet d'actualité de presque tous les journaux du monde.

Voici quelques-unes des manchettes :

 

L’Occident devrait soutenir les manifestants en Iran

1er janvier 2018
Cinq jours de manifestations de rue dans les villes iraniennes ont révélé la faiblesse fondamentale d'un régime parfois décrit à Washington comme un poids lourd dans la région. Malgré la levée de la plupart des sanctions économiques occidentales après 2015, la République islamique n'a pas été en mesure de satisfaire les attentes des Iraniens ordinaires, qui voient les ressources du pays dilapidées dans la corruption et les aventures militaires étrangères par des clercs qui nient les libertés fondamentales.
Les manifestations, qui ont commencé dans une ville à cause de la hausse des prix des denrées alimentaires, se sont rapidement transformées en un soulèvement national dirigé carrément contre le Guide Suprême, Ali Khamenei.
https://www.washingtonpost.com/opinions/global-opinions/the-west-should-support-the-protesters-in-iran/2018/01/01/02b4f208-ef11-11e7-b3bf-ab90a706e175_story.html?utm_term=.eae74c5d6f36

 

 

 

Ces manifestations iraniennes sont différentes de celles de 2009
Ensuite, la cause était une faille au sein du régime. Maintenant, le peuple exige la fin du régime.

 

Par: Maryam Radjavi
9 janvier 2018
Les manifestations en Iran envoient un message persuasif : le régime théocratique est sur un terrain instable, et le peuple iranien est inébranlable dans sa quête pour le renverser. Les slogans contre velayat-e faqih, ou pouvoir théocratique absolu, étaient une exhortation à l’avènement d’une véritable république et ont ciblé explicitement le Guide Suprême du régime, Ali Khamenei, et le Président Hassan Rohani. Cela dissipe le mythe, encore entretenu par certains gouvernements, selon lequel les Iraniens distinguent les modérés et des radicaux à Téhéran. Cela écarte également les arguments erronés qui dépeignent un régime stable.
Le régime a lancé de fortes mises en garde contre l'adhésion au principal groupe d'opposition, l’organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran. L'un après l'autre, des responsables de rang inférieur et de hauts responsables, rejoints par les dirigeants de la prière du vendredi dans tout le pays, qui s’alignent sur la politique du régime, blâment l’OMPI pour les manifestations. Le flot de déclarations des responsables du régime reflète leur panique face à l'expansion du soulèvement national et à la popularité croissante de l’OMPI et du Conseil National de la Résistance iranienne.
https://www.wsj.com/articles/these-iranian-protests-are-different-from-2009-1515458106

 

 

Des rapports de réunion divulgués montrent à quel point le régime iranien, en proie à la panique, essaie d’arrêter les manifestations meurtrières : « Que Dieu nous vienne en aide »

2 janvier 2018
Un rapport publié par Fox News montre comment le Guide Suprême des mollahs, l’Ayatollah Ali Khamenei, a rencontré des dirigeants politiques et des chefs des forces de sécurité iraniennes pour discuter de la façon d'écraser les manifestations meurtrières à l'échelle nationale.
Le rapport, qui couvrait plusieurs réunions jusqu'au 31 décembre, aurait été fourni au Conseil National de la Résistance iranienne (CNRI) par des sources de haut niveau au sein du régime.
Le rapport de la réunion, qui a été traduit en anglais à partir du farsi, a indiqué que les troubles ont nui à tous les secteurs de l'économie du pays et « menacent la sécurité du régime. La première étape est donc de trouver un moyen de sortir de cette situation. »
Le rapport a également ajouté : « Que Dieu nous vienne en aide, c'est une situation très complexe et différente des précédentes. »
http://www.foxnews.com/world/2018/01/01/leaked-meeting-notes-show-how-panicked-iranian-regime-considered-stopping-deadly-protests-god-help-us.html

 


La « tempête parfaite » de problèmes qui a conduit aux manifestations iraniennes

6 janvier 2018
Après qu'un tremblement de terre a détruit la maison de Majid Ahadi en novembre, il a attendu l'aide promise par le gouvernement iranien pour aider sa jeune famille et d'autres qui avaient tout perdu. Mais cette aide n'est jamais venue.
Vendredi 29 décembre, M. Ahadi est descendu dans la rue avec plusieurs amis pour protester contre ce qu'il considérait comme une corruption endémique et une mauvaise gestion.
« Vous entendez parler d'une chose ou d'une autre qui a déclenché les manifestations, mais ce n'était pas une seule chose – c'était une tempête parfaite », a-t-il dit au Telegraph depuis la maison d'un cousin, où il loge maintenant avec sa femme et ses deux filles. « Il y avait tellement de pression sur la population, cela a juste explosé. »
Un des militants de l'OMPI à Téhéran a déclaré au Telegraph que son but était de saisir les manifestations pour appeler à la chute du régime.
http://www.telegraph.co.uk/news/2018/01/06/perfect-storm-woes-led-iran-protests/

 

Les députés demandent l'interdiction officielle du terrorisme et des sanctions contre la garde militaire iranienne

6 janvier 2108
Amber Rudd est confronté à des appels à soutenir les militants et à désigner les Gardiens de la révolution (pasdaran) comme une organisation terroriste en raison de la répression des manifestants.
Des dizaines de députés de la Chambre des communes ont appuyé une motion demandant au ministre de l'Intérieur d'inscrire l'unité d'élite du régime sur une liste officielle des organisations interdites et d'imposer des sanctions à ses responsables.
Cette révélation intervient après que le groupe, officiellement appelé Corps des gardiens de la révolution islamiques (pasdaran), a été déployé pour réprimer les troubles antigouvernementaux en Iran au cours d'une semaine de manifestations qui ont fait plus de 20 morts.
Il s'agit notamment des anciens députés de premier plan David Lammy, Joan Ryan et Frank Field. Il demande au gouvernement « d'inscrire les pasdaran sur la liste des organisations proscrites, d'imposer des mesures punitives contre leurs responsables et de travailler avec ses alliés pour expulser les pasdaran de la Syrie, de l'Irak et du Moyen-Orient ».
Bob Blackman, un député conservateur d'arrière-ban qui a déposé la motion en octobre, avant les troubles de la semaine dernière, a qualifié les manifestants de « personnes très courageuses ».
http://www.telegraph.co.uk/news/2018/01/06/mps-call-official-terrorist-ban-sanctions-irans-military-guard/

 

« Mort au dictateur » : Des milliers de manifestants en Iran attaquent le président et des mollahs lors de la deuxième journée de heurts alors que les manifestations se propagent dans huit villes

29 décembre 2017
Des milliers de manifestants sont descendus dans la rue en Iran pour la deuxième journée afin de manifester contre le président du pays, les mollahs et les hausses de prix.
Les vidéos montrent des foules scandant « Mort au dictateur » et « Mort à Rohani » à travers la république islamique – notamment dans la seconde ville sainte d'Iran, Machhad – alors que les manifestations se propagent dans au moins huit autres villes.
Selon les médias officiels, 52 personnes ont été arrêtées et des images filmées par les manifestants hier montrent que des gaz lacrymogènes ont été lancés dans la foule par la police anti-émeute.
Dans une vidéo, un mollah – un ecclésiastique islamique et représentant de la classe religieuse redoutée qui dirige l'Iran théocratique – est hué de manière agressive alors qu'il traverse un groupe de manifestants.
http://www.dailymail.co.uk/news/article-5220273/Thousands-protesters-Iran-attack-president.html

 


Des appels à la libération des êtres chers à l’extérieur de la prison la plus sinistre de l’Iran

7 janvier 2018
TEHERAN- L'homme se tenait devant la sinistre prison d'Evine à Téhéran dimanche, les mains dans les poches alors que la neige continuait de tomber. Son fils Majid était détenu dans la prison depuis plus d'une semaine, après avoir été arrêté lors des plus grandes manifestations antigouvernementales que l'Iran ait vues depuis des années.
« Mon épouse et moi sommes ici tous les jours », confie l'homme qui n'a donné que son prénom, Hossein. « Je ne veux pas d'ennuis. Je veux juste que mon fils soit libéré. »
Majid, un employé de 32 ans d'une entreprise de télécommunications, appelle de la prison tous les jours. Il n'avait pas manifesté du tout, insiste son père, et a été arrêté par erreur.
https://www.nytimes.com/2018/01/07/world/middleeast/iran-protests-arrests.html

 

 


Les manifestants iraniens remercient Trump et demandent des sanctions plus sévères

13 janvier 2018
Ils risquent leur vie pour apporter la liberté en Iran, et jurent de continuer leurs manifestations.
« Ces soulèvements ne font que commencer. La population n’est pas du tout prête à abandonner », a déclaré un militant à Fox News depuis les rues d'Iran.

« Leur patience est poussée à bout et ils n'ont rien à perdre. L'Iran ne tombera sûrement pas et la population ne retirera pas de ses revendications. »

Le président Trump a annoncé vendredi qu'il agiterait une dernière fois des sanctions contre l'Iran dans le cadre de l'accord nucléaire controversé de 2015, et a donné aux alliés européens quatre mois pour modifier les termes de l'accord à défaut de quoi il pourrait chercher à le supprimer.
Les manifestants à qui nous avons parlé réclament des sanctions encore plus sévères.
« Ils devraient imposer des sanctions importantes au régime », a exigé un manifestant. Un autre a ajouté : « Il devrait s’agir de sanctions pour violations des droits de l'homme. »

Les manifestants sont des membres du groupe d'opposition interdit depuis longtemps, le Conseil National de la Résistance iranienne (CNRI, également connu sous le nom de OMPI/MEK). Le leader du groupe, Maryam Radjavi, a directement été accusé par le gouvernement iranien d’avoir fomenté les troubles.

Les vidéos des médias sociaux montrent les partisans dévoilant de grandes banderoles avec la photo de Mme Radjavi sur les passages supérieurs d'autoroute, et continuant leur opposition.
http://www.foxnews.com/world/2018/01/13/iran-protesters-thank-trump-call-for-stronger-sanctions.html

 

Trump cible l'Iran parce que les dirigeants islamiques torturent et tuent 8 000 manifestants

16 janvier 2018
Les dirigeants iraniens ont infligé la mort par la torture et les coups de feu à des manifestants citoyens dans une répression depuis l'éruption du soulèvement de rue du 28 décembre, a déclaré mardi le principal groupe d'opposition.

Le Conseil National de la Résistance iranienne, basé en Europe, affirme que l'appareil de sécurité omniprésent dans la république islamique a arrêté plus de 8 000 citoyens et tué au moins 50 personnes, alors que l'Occident est resté le plus souvent silencieux. Le Conseil attribue au moins cinq morts à la torture.

Le président Trump s'est prononcé en faveur des manifestants. Vendredi, le département du Trésor a imposé de nouvelles sanctions contre le chef du pouvoir judiciaire du régime, Sadeq Amoli Larijani.
« En tant que chef du pouvoir judiciaire depuis neuf ans, Larijani est un responsable clé de l'appareil répressif du régime, qui a joué un rôle direct dans l'exécution de milliers de personnes, dans la répression et l'arrestation des dissidents, ainsi que dans la censure et la répression », a déclaré Shahin Gobadi, porte-parole du conseil basé à Paris.

Le groupe d'opposition a déclaré que les manifestations se sont étendues à 130 villes. Les manifestants se plaignent de conditions économiques déplorables, d'aventures militaires en Irak et en Syrie, et d'être dirigés par des musulmans chiites radicaux avec à leur tête l'Ayatollah Ali Khamenei.
Mardi, le Conseil a publié une liste de cinq résistants qui, selon lui, ont été torturés à mort par les Gardiens de la révolution (pasdaran) et leurs diverses unités de sécurité.
https://www.washingtontimes.com/news/2018/jan/16/iran-tortures-kills-protesters-8000-citizens-arres/

 

Soulèvement en Iran : Avis des experts

Le récent soulèvement en Iran, qui a commencé le 28 décembre dernier, a provoqué des bouleversements dans le monde entier, notamment avec les débats actuels entre les cercles politiques iraniens aux États-Unis.
De nombreux experts en politique, analystes et commentateurs considèrent maintenant le soulèvement comme un « bassin hydrographique », un « événement marquant » ou un « point de repère » depuis la révolution de 1979.
Le rapport qui suit est un résumé de ces opinions et se concentre principalement sur la question de savoir « si ce soulèvement va se poursuivre ».

Pourquoi le soulèvement iranien ne s’estompera pas ?

Même si ces manifestations sont étouffées, une nouvelle ligne a été franchie. Il n'y a pas de retour en arrière.

Par ALIREZA NADER
Politico
7 janvier 2018

... Il y a eu des spéculations selon lesquelles le soulèvement s’estomperait ou serait écrasé par le régime. Cependant, un obstacle majeur a été franchi : les Iraniens ne sont plus confinés derrière le mur de terreur créé par la République islamique. Non seulement la théocratie iranienne a perdu sa légitimité, mais elle a aussi perdu sa capacité à contrôler la population par les instruments de la violence. Contrairement aux manifestations précédentes, de nombreux Iraniens ont démontré qu'ils ne participeraient plus au jeu politique « réformistes contre conservateurs » (plus connu en Occident sous le nom de « modérés contre conservateurs »). Pour eux, aucune personne affiliée au système, y compris les soi-disant réformistes, ne peut améliorer leurs vies. Pour eux, l'ensemble du système doit être renversé pour la renaissance d'un nouvel Iran...

La révolte actuelle ne conduira peut-être pas à l'effondrement immédiat du régime, mais nous assistons à l'agonie de la République islamique. Même si le soulèvement se termine aujourd'hui, ce n'est qu'un pas dans une longue lutte pour parvenir à un gouvernement plus représentatif, démocratique et populaire. Khamenei et Rohani peuvent blâmer les ennemis étrangers pour la rébellion, mais leurs ennemis sont le peuple iranien affamé et opprimé. Ils sont éveillés. Et ils sont légion.

Alireza Nader est analyste principale des politiques internationales à la RAND Corporation, une société à but non lucratif et non partisane.
https://www.politico.com/magazine/story/2018/01/07/why-the-iranian-uprising-wont-die-216255


L’opportunité iranienne

Les ecclésiatiques iraniens ne pourront pas toujours contrecarrer la volonté de la population

Par Richard C. Baffa
The US News and World Report
10 janvier 2018

… Deux points sont clairs. Premièrement, ce n'est pas la première fois que des Iraniens sortent dans la rue pour manifester et contester le régime autoritaire, et ce ne sera pas la dernière fois ; le peuple iranien a une longue histoire de recherche d'un ordre politique libéral. Deuxièmement, le régime des mollahs ne modifiera pas de manière significative sa politique intérieure ou étrangère, ce qui laisse présager des troubles persistants...

Ce ne sont là que les dernières revendications pour une plus grande démocratie et la fin du régime théocratique ou autocratique en Iran. En effet, l'histoire de l'Iran est marquée par un élan démocratique vigoureux, qui remonte à la Révolution constitutionnelle de 1905-1911...
Aujourd'hui, une population jeune et instruite désireuse d'instaurer un ordre politique plus libéral, alliée à un régime autocratique et corrompu, incapable et réticent à réformer, laisse entendre que les troubles se poursuivront, du moins épisodiquement, et qu'à un moment donné, elle remettra le régime en question...
Comme le démontre les troubles actuels, les aspirations iraniennes à un ordre politique libéral et démocratique restent fortes, et les ecclésiastiques ne pourront pas toujours contrecarrer la volonté de la population.

Richard C. Baffa est chercheur principal en politiques internationales et de défense à la RAND Corporation, une société à but non lucratif et non partisane.

https://www.usnews.com/opinion/world-report/articles/2018-01-10/the-iran-protests-are-a-big-opportunity

 

La théocratie iranienne est au bord du gouffre

A chaque décennie de règne du régime islamiste, un soulèvement lui a coûté un aspect de sa légitimité.

Par Mark Dubowitz et Ray Takeyh
The Wall Street Journal
1er janvier 2018

… Le régime est dans une impasse. Il n'y a plus d'acteurs politiques – pas de sauveurs du système – à offrir à ses électeurs agités.

Comme l'Union soviétique dans ses derniers jours, la République islamique ne peut plus faire appel à ses idéaux ; elle ne compte plus que sur ses services de sécurité pour survivre. C'est mortel pour une théocratie, par définition une construction idéologique..... À bien des égards, Rohani était le dernier souffle de la théocratie au pouvoir, un mollah séduisant qui pouvait enchanter les Occidentaux tout en offrant de l'espoir aux Iraniens. Cet espoir a disparu...

La République islamique est une relique d'un siècle qui a donné lieu à de multiples régimes idéologiques prétendant maîtriser les forces de l'histoire. Maintenant, la plupart d'entre eux sont de l'histoire ancienne.

M. Dubowitz est directeur général de la Fondation pour la défense des démocraties. M. Takeyh est un associé principal du Conseil des relations étrangères.
https://www.wsj.com/articles/irans-theocracy-is-on-the-brink-1514823059

 

La République islamique d'Iran est condamnée
Mais les choses vont probablement beaucoup empirer avant de finir par s'améliorer.

Par RAY TAKEYH
Politico
2 janvier 2018

... Il est possible qu'un régime islamiste qui éprouve très peu de scrupule à massacrer ses propres citoyens, survive à ce récent affront à son autorité. Si elle survit, la théocratie iranienne ne sera plus la même ... La République islamique entre dans une période de transition prolongée où elle ne pourra plus présenter une théocratie à visage humain ...

Le fossé entre l'État et la société n'a jamais été aussi grand étant donné que la population est en quête d’une démocratie réactive tandis que l’environnement de plus en plus restreint de la théocratie insiste sur un gouvernement encore plus répressif et isolé. Les révolutionnaires qui évitent la réforme et condamnent le pragmatisme comme étant une déviation pécheresse du chemin de Dieu sont destinés à la poubelle de l'histoire. En fin de compte, la révolution iranienne de 1979 est impossible, car elle a créé une théocratie qui ne peut pas se réformer et s'adapter aux aspirations de ses jeunes citoyens inquiets. Le drame d'Ali Khamenei est que, en voulant consolider sa révolution, il assure la disparition de son régime.
https://www.politico.com/magazine/story/2018/01/02/the-islamic-republic-of-iran-is-doomed-216210


Le cruel régime iranien poursuit sur sa lancée alors que des masses en colère se rassemblent, affirme un expert

par Alex Diaz
Fox News Investigates
5 janvier 2018

… Selon Kenneth Katzman, analyste principal de l'Iran, de l'Irak, de l'Afghanistan et des affaires du Golfe Persique au Congressional Research Service, les données statistiques des manifestations et l’approche musclée dont elles font l’objet sont de mauvais augure pour le régime cruel. « [Les manifestations] se sont transformées essentiellement en une protestation des jeunes contre le système dans son ensemble, et tout cela remonte au monopole des ecclésiastiques sur le pouvoir », a déclaré Katzman, dont le groupe fournit des recherches et des analyses au Congrès ...

« Ce sont des différends latents », a déclaré Katzman, qui estime que les explosions de manifestations comme celle à laquelle nous assistons « vont continuer à se produire périodiquement, mais à un moment donné la chance de la République islamique l’abandonnera. » Katzman n'est pas le seul à croire que les jours pourraient être comptés pour la classe dirigeante iranienne.
http://www.foxnews.com/politics/2018/01/05/irans-brutal-regime-running-on-fumes-as-angry-masses-gather-says-expert.html


La pire chose pour les manifestants iraniens ? Le silence des États-Unis
Par REUEL MARC GERECHTJAN
The New York Times
2 janvier 2018
Cependant, la soif de changement au sein du peuple iranien n'a pas diminué. La révolution de 1979 avait deux ambitions contradictoires : l'islamisme théocratique et la démocratie. Alors que la théocratie a perdu son attrait, l'attrait de la démocratie, toujours plus laïque dans son expression, s'est étendu de la classe universitaire à la classe ouvrière...
... Le changement progressif n'est pas au programme. Les manifestants dans les rues d'Iran aujourd'hui le savent instinctivement, c'est pourquoi ils s'opposent au système en scandant : « Mort à Khamenei ! Mort à Rohani ! »

Reuel Marc Gerecht, un ancien officier des cibles iraniennes à la Central Intelligence Agency, est un chercheur principal à la Fondation pour la Défense des Démocraties.
https://www.nytimes.com/2018/01/02/opinion/iran-protests-silence-america.html


Les Iraniens essaient encore une fois de changer leur gouvernement

Jamsheed K. Choksy et Carol E. B. Choksy
The World Affairs Journal
2 janvier 2018

… Ces protestations reflètent l'histoire récente de l'Iran en matière de questions, de requêtes et de réactions ... Des manifestants ont scandé « Mort au dictateur ! » fin 1978 et début 1979 alors que les Iraniens se mobilisaient pour évincer avec succès le Shah Mohammad Reza Pahlavi malgré la résistance violente du monarque. Trente ans plus tard, la phrase « Mort à Khamenei » est devenue monnaie courante lorsque les Iraniens ont essayé en vain d’annuler une élection présidentielle truquée (en 2009) ... Pourtant, les conditions politiques, économiques et sociales sous-jacentes qui ont alimenté ces soulèvements populaires n'ont pas changé... Sans réelle surprise, les manifestations actuelles ressemblent à celles des révoltes antérieures...

La question est : le résultat de l’insurrection sera-t-il différent cette fois-ci ? ... En effet, les Gardiens de la révolution (pasdaran) et les forces paramilitaires du Basij sont déployés pour aider la police à battre et à arrêter les manifestants. Mais à chaque série de soulèvements, réussis ou non, les Iraniens apprennent et s'adaptent, et, comme en atteste le passé, ils retourneront à la lutte jusqu'à ce qu'un jour ils réussissent.

Jamsheed K. Choksy est professeur émérite d'études internationales et internationales et professeur d'études iraniennes à l'Université de l'Indiana. Carol E. B. Choksy est maître de conférences en intelligence stratégique à l'Université de l'Indiana.

http://www.worldaffairsjournal.org/article/iranians-try-yet-again-change-their-government


Trump a raison, cette fois, à propos de l’Iran

Roger Cohen, Chroniqueur des affaires étrangères au NYT
The New York Times
2 janvier 2018

… Les manifestations, cette fois, sont différentes. Elles sont plus petites, mais plus répandues. Elles reflètent davantage les problèmes économiques de la classe ouvrière que la désaffection de la classe moyenne ... Elles ont débuté à Machhad et se sont poursuivies à Qom, deux fiefs traditionnels du régime – un signe de la faillite idéologique du régime. La classe moyenne pro-Occidentale, exaspérée par l'hypocrisie des mollahs, a longtemps cherché un changement politique. Mais la classe ouvrière a été un pilier du régime – manipulée avec des prospectus et des slogans. Si elle a changé de camp maintenant, tout ce que le vieillissant Khamenei peut encore offrir, c’est les Gardiens de la révolution (pasdaran) et le Basij...
Pourtant, le courage des Iraniens ne devrait jamais être sous-estimé, ni les racines profondes de leur quête de liberté, et tout est possible... Aujourd'hui, les manifestants scandent que Khamenei devrait partir. Ils scandent « Mort aux Gardiens de la Révolution ». Ils scandent « Indépendance, liberté, République iranienne. »
https://www.nytimes.com/2018/01/02/opinion/trump-right-iran-protest.html


Comment soutenir le deuxième « Printemps perse » ?

Par Ilan Berman
USA Today
2 janvier 2018

Pourrions-nous assister à une nouvelle révolution iranienne en 2018 ? Depuis près d'une semaine maintenant, des dizaines de milliers d'Iraniens sont descendus dans les rues de diverses villes de la République islamique dans ce que l’on peut considérer comme les plus grandes manifestations de masse du genre depuis près d'une décennie. Dans le processus, ils ont soulevé la possibilité alléchante que nous pourrions, en fait, assister à un deuxième « Printemps Perse ».

Contrairement à 2009, les manifestations actuelles en Iran ne se limitent pas à une élection truquée ou à des tiraillements politiques internes entre factions. Elles reflètent une perte fondamentale de confiance dans l'administration du régime des mollahs et dans le système politique théocratique dans son ensemble. De plus, cette perte de confiance semble traverser toutes les couches économiques ; contrairement au soulèvement de la dernière décennie, les manifestations d'aujourd'hui ne semblent pas être en grande partie une affaire de classe moyenne. En raison de ces caractéristiques, elles peuvent s'avérer beaucoup plus difficiles à réprimer que celles qui les ont précédées...

Peut-être que le deuxième « Printemps Perse » qui se joue actuellement dans les rues de Téhéran et d'autres villes iraniennes pourra réussir là où le premier a échoué.

Ilan Berman est premier vice-président au Conseil Américain de Politique Etrangère à Washington, D.C
https://www.usatoday.com/story/opinion/2018/01/02/second-persian-spring-upon-us-heres-how-we-can-make-last-ilan-berman-column/995546001/

 

Le régime iranien ne pourra pas toujours être victorieux

Par David Ignatius
The Washington Post
04 Janvier 2018

... Se demander si les manifestations en Iran créent une situation « prérévolutionnaire » pourrait conduire à manquer la vue d’ensemble. Le processus de changement a déjà commencé. Le régime utilisera ses instruments de répression, et les troubles pourraient s’amenuiser. Mais les manifestations ont été si répandues, se déroulant selon un ancien officier des services secrets américains, dans 80 villes, qu'il sera impossible de « remettre tout le pays en place »...

Un long jeu, et alors même que les mollahs ont les armes, ils semblent avoir perdu la confiance de la population... Le régime des mollahs a été secoué cette semaine, et il ripostera de façon implacable. Mais il est difficile d'imaginer que la théocratie prévaudra indéfiniment dans une société si avide de changement. L'Occident ne peut mener ce combat. Mais il ne devrait pas avoir peur de dire qui a raison et qui a tort.

David Ignatius écrit une chronique sur les affaires étrangères deux fois par semaine et contribue au blog PostPartisan.
https://www.washingtonpost.com/opinions/global-opinions/the-iranian-regime-cant-keep-winning-forever/2018/01/04/e999a6f4-f197-11e7-97bf-bba379b809ab_story.html


Que pourrait présager le soulèvement en Iran ?

Benjamin Weinthal
American Enterprise Institute Debate
9 janvier 2018

... Le caractère différent des révoltes qui couvrent l'Iran révèle un faisceau de potentiel pour un nouveau système politique et social ... Le mélange des Iraniens appartenant à la classe ouvrière et des jeunes qui exigent la fin du régime est un événement à couper le souffle. L’agitation généralisée des travailleurs dans une société en grande partie fermée comme l'Iran est un exemple saisissant du fait que la fondation du régime est sur un terrain instable. Les slogans exprimés dans les rangs des manifestants suggèrent que le scandale concerne principalement les libertés humaines...

Si le pire des scénarii se produit et que les manifestations actuelles sont écrasées, il y a encore une base solide pour une nouvelle révolte ... En termes simples, les Iraniens ordinaires détestent le régime du Guide Suprême Ali Khamenei. Le potentiel inhérent au changement de régime ne disparaîtra pas. En fait, il augmentera.

Benjamin Weinthal, chercheur, Fondation pour la défense des démocraties
https://www.aei.org/publication/debate-what-could-the-iran-uprising-portend/

 

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