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Vidéo - La Résistance iranienne décrit l'échec des tactiques répressives de Téhéran

1988 massacre en Iran

Lors d'une conférence de presse la semaine dernière à Paris, les représentants du Conseil national de la Résistance iranienne ont fourni des informations détaillées sur les manifestations iraniennes qui se poursuivent depuis huit mois en dépit d'une répression intense. La séance d'information a eu lieu le jour de clôture d'une exposition marquant le 30e anniversaire du massacre de 30 000 prisonniers politiques Iraniens durant l'été 1988.

Des organisations internationales comme Amnesty International ont qualifié ce drame de crime contre l'humanité. Ses auteurs n'ont jamais été jugés et beaucoup sont encore haut placés dans les institutions politiques, judiciaires et répressives de Téhéran. L'une de ces personnes, Alireza Avaie, a fait partie de la « commission de la mort » à Dezful en 1988 et occupe aujourd'hui le poste de ministre de la Justice.

Une militante de la Résistance iranienne qui a participé à la séance d'information de jeudi a expliqué qu'elle a perdu 15 membres de sa famille, dont beaucoup sont membres de l'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran. Elle et d'autres ont partagé leurs récits personnels en tant que témoins du massacre de 1988, ainsi que des observations concernant d'autres crimes commis par les mollahs.

Selon Behzad Naziri, membre de la Commission des Affaires étrangères du CNRI, les responsables du massacre de 1988 occupent les postes les plus importants du régime des mollahs et ont continué en toute impunité leurs crimes contre le peuple iranien. Mais le briefing de jeudi visait à démontrer que cela n'entrave pas l'élan du peuple épris de liberté.

La Résistance iranienne a cité les facteurs suivants comme étant à l'origine des manifestations en cours :

« Le déclencheur de chaque manifestation dans chaque ville ou quartier a sa propre racine : la pénurie d'eau potable, le manque d'eau pour l'agriculture, les catastrophes écologiques et environnementales, la pauvreté, la misère et la faim, la corruption financière, le retard dans le paiement des salaires, la répression et même les matchs de football comme à Ahwaz, Téhéran et Ispahan en août, qui se sont transformés en manifestations contre le régime avec le slogan « A bas la dictature ».

Les manifestations les plus récentes ont commencé le 31 juillet, après avoir été largement diffusées sur les médias sociaux affiliés à la Résistance. Les principales manifestations ont eu lieu à Ispahan,

Shiraz, Karaj et Téhéran.

Le régime a réprimé ces manifestations à l'aide de gaz lacrymogène, et à Karaj, un manifestant de 26 ans, Reza Otadi, a été abattu alors qu'il travaillait dans le bazar local. A Téhéran, 43 personnes ont été arrêtées au stade Azadi. D'autres méthodes de répression incluent l'utilisation de brouilleurs de signaux. A Karaj, l'accès à Internet a été coupé pendant deux jours. Dans un effort pour dissimuler ses tactiques de répression, le régime a envoyé des agents en civil sur les lieux des manifestations, mais les résistants ont pu les identifier et les photographier, ce qui confirme que la répression est menée directement par les pasdaran.

Il a été déclaré à la séance d'information du CNRI que les manifestations se poursuivront grâce à l'activité des réseaux affiliés à l'OMPI, qui continueront à se multiplier. Les responsables du CNRI ont estimé que le régime est extrêmement affaibli par une conjoncture économique qui continue de se dégrader et que le renversement du régime est à portée de main.

Dans un récent discours, le Guide Suprême des mollahs, Ali Khamenei, est allé dans le sens de cette conclusion en affirmant que tout changement dans le comportement du régime entraînerait le changement de régime.

Intervention de Afchine Alavi membre de la Commission des Affaires étrangères du CNRI : 

La poursuite du soulèvement en Iran et ses racines

Cela fait plus de sept mois et demi que les manifestations étendues et intenses contre le régime ont commencé. A à la fin de l’année dernière elles ont soudain éclaté dans 142 villes pour être réprimées au mois de janvier. Pourtant nous sommes toujours témoins de manifestations, de grèves parfois à l’échelle nationale et même d’émeutes dans diverses villes d’Iran.

En début d’année, le régime a tenté de stopper le soulèvement par une répression violente. Plus de 8000 personnes ont été arrêtées dans les manifestations de décembre et janvier. Le régime en a reconnu plus de 5000. Près de 50 manifestants ont été tués, dont une quinzaine dans les prisons sous la torture, tandis que les autorités annonçaient qu’ils s’étaient suicidés !

La propagande du régime et de ses lobbies à l’étranger a fait croire dans les médias que cette fois aussi comme en 2009, le soulèvement avait été stoppé et que la théocratie dominait la situation.
Mais la réalité est différente. Depuis le début de l’année, des centaines de manifestations et de de grèves touchent le pays.

Rien que dans le mois de juillet nous avons enregistré :

Ouvriers : 238
Des épargnants pillés : 29
Retraités : 8
Enseignants : 9
Étudiants : 3
Camionneurs : 557
Autres secteurs : 110

Prisonniers politiques : 11 dont 5 cas de grèves de la faim

Les couches qui participent à ces nouveaux mouvements sociaux sont plus diverses. Elles sont composées d’agriculteurs, de minorités ethniques, de camionneurs, de commerçants du Bazar, d’ouvriers, de jeunes chômeurs, de retraités, d’enseignants, d’épargnants spoliés, de colporteurs, de familles de prisonniers politiques et personnes arrêtées dans les manifestations, de femmes…

Le déclic pour chaque mouvement dans chaque zone ou région a sa propre racine : la pénurie d’eau potable, le manque d’eau pour l’agriculture, les catastrophes environnementales, la pauvreté, la misère et la faim, la corruption financière et bancaire, les salaires impayés et la répression. Même les matchs de foot comme à Ahwaz, Téhéran et Ispahan au mois d’août ont été l’occasion de manifester contre le régime aux cris de « A bas la dictature ».

Géographiquement cela touche les grandes villes comme les plus petites.

Les manifestations les plus récentes :

Les manifestations les plus récentes ont commencé le 31 juillet. Les départs de feu se sont situés à Ispahan, Chiraz, Karadj et même Téhéran. Il est important de noter que ces manifestations avaient été largement annoncées sur les réseaux sociaux par les réseaux de la résistance.

Le 31 juillet, les camionneurs ont lancé une manifestation au quartier Chapour d’Ispahan pour être très vite rejoints par les commerçants et la population. Un grand cortège s’est formé contre la vie chère et les coupures d’électricité en été ; mais très vite le slogan a été « A bas la dictature ».

Les villes qui ont participé à ces récentes manifestations sont :

Karadj, Ispahan, Chiraz, Machad, Téhéran, Kazeroun, Ghahderidjan, Ahwaz, Arak, Echtehard, Nadjaf-Abad, Chahin-chahr, Bojnourd, Zibachahr de Ghazvin, Kermanchah, Andimechk, Qom, Sari, Abhar.

Certains slogans les plus répandus dans ces manifestations sont les suivants:

« Tant qu’il y aura la dictature, le soulèvement se poursuivra »
« Canons, chars et fusées sont sans effet, les mollahs doivent dégager »
« Notre ennemi est ici même, ils mentent en disant que c’est l’Amérique »
« A bas le dictateur ! »
« Réformateurs, conservateurs, la partie est terminée »
A l’adresse des forces répressives : « Salauds » !
« Ni Gaza, ni Liban, je donne ma vie pour l’Iran »
« A bas le Hezbollah ! »
« Abandonnez la Syrie ! »
« Pendant que peuple mendie, ces messieurs vivent comme des dieux. »
« A bas Khamenei, A bas Rohani !»
Ces mouvements ont duré plus d’une semaine. Ils ont été accompagnés de grèves de divers secteurs du Bazar, notamment des cordonniers et les marchands de chaussures, et celle des camionneurs qui se poursuit.

Les agissements du régime :

La répression de ces manifestations s’est faite à coups de gaz lacrymogène. A Karadj, un manifestant a été tué par balle et le régime a prétendu qu’il avait été tué par les manifestants. C’était le 1 août dans l’immense quartier de Gohardacht. La victime était un jeune de 23 ans, Reza Otadi, qui travaillait au bazar.

Le régime a aussi arrêté des meneurs des manifestations. Selon l’agence Fars du régime plusieurs meneurs ont été arrêtés dans la zone d’activités Chapour de la ville d’Ispahan.

Les autorités ont utilisé des véhicules nommés « Djamar » diffusant des ondes de brouillage pour perturber le réseau internet et des portables dans les zones où se déroulent les manifestations. Par exemple à Karadj pendant deux jours, le réseau a été coupé pour empêcher la diffusion des images de la manifestation.

Dans les protestations des spectateurs lors d’un match au stade Azadi à Téhéran, 43 personnes ont été arrêtées.

Durant ces dernières manifestations, le régime a envoyé sur place ses plus importants responsables des gardiens de la révolution mais sans uniformes, mais nous avons pu les identifier. Contrairement à ce que prétend le pouvoir, la répression est bien menée directement par les gardiens de la révolution. Dans les provinces d’Alborz, d’Ispahan et Guilan fin juillet et début août, des photos montrent que les commandants des forces répressives sont sur place en civil.

La Résistance iranienne va bientôt publier les identités de plus de 700 agents du régime qui ont participé depuis le début de l’année à la répression de ces manifestations. Cette liste a été établi par la commission de sécurité du CNRI.

Les particularités du soulèvement :

Les particularités que l’on rencontre dans ces mouvements sont plusieurs :

- La poursuite du mouvement malgré une répression plus dure.

- Le mouvement s’étend à de nouvelles villes

- Il englobe des couches plus larges de la société. Alors qu’au début de l’année il touchait les pauvres, les déshérités et les chômeurs, aujourd’hui la classe moyenne, les commerçants du Bazar et les routiers se joignent à ces protestations.

- Bien que l’origine des mouvements soient des revendications sociales, très vites les slogans deviennent politiques et appellent à la chute du régime.

- Partout les slogans sont identiques, bien que la répartition géographique soit grande.

- Toutes les factions du régime sont visées par la population et le slogan « Réformateurs, conservateurs, la partie est terminée » est très répandu. Rohani est autant visé que Khamenei.

- La situation économique du régime est dans une impasse et le régime n’a pas le moyen de calmer la situation en faisant des concessions financières.

- Le point le plus important est la symbiose entre les couches de la population en colère et les unités de résistance en Iran. Ceci inquiète tout particulièrement le régime qui reconnait ouvertement l’impact des Moudjahidine du peuple sur ces mouvements.

Quelques exemples de déclarations des autorités dans ce domaine sont en pièces jointes.

• De l’aveu d’Ali Khameneï, Guide suprême du régime, l'OMPI est un des principaux facteurs du soulèvement 9 janvier 2018 : "L'OMPI était prête depuis des mois.... depuis plusieurs mois, ils étaient prêts pour s'organiser, et a rencontré telle ou telle personne ; et a sélectionné des personnes à l'intérieur du pays, les a trouvé et les a aidé, afin qu'ils viennent et fassent appel à la population. Ils ont lancé leur appel, et ont scandé le slogan 'Non à la chereté'. C'est un slogan que tout le monde aime. Ils ont réussi à attirer des gens avec ce slogan. Et puis, ils sont venus sur les lieux et ont poursuivi leurs objectifs, et ont fait en sorte que les gens les suivent."

• Le commandant des Gardiens de la révolution : l'OMPI guide les protestations Agence de presse d’Etat, Tasnim, 3 janvier 2018 : Le commandant en chef du Corps des gardiens de la révolution islamique, Mohammad Ali Jafari, 3 janvier 2018 : "Un grand nombre de ces fauteurs de troubles arrêtés ont été éduqués par l'OMPI.... Ils avaient créé un réseau de 3000 nouvelles personnes et utilisé les médias sociaux pour communiquer."

Racine économique et impasse du régime

- Contrairement à ce qui est répandu dans certains médias, la racine de ces protestations n’est pas les sanctions américaines qui ne sont pas visées par les manifestants. Les protestations ont commencé bien avant que les Etats-Unis se retirent de l’accord nucléaire. Le soulèvement a commencé en décembre alors que le retrait du JCPOA date du mois de mai.

- La détérioration du pouvoir d’achat des Iraniens et le développement du chômage date de l’époque qui suit l’accord.

- En fait l’argent de la vente du pétrole et l’entrée de dizaines de milliards de dollars dans le pays suite à la levée des sanctions n’ont pas amélioré la situation. Cet argent a été dilapidé dans les guerres en Syrie et dans la région, dans le programme balistique et nucléaire, dans la répression et a été siphonné par la corruption financière interne du système.

La situation internationale et les solutions du régime

Etant plus isolé que jamais sur le plan régional et international, le régime se trouve devant des sanctions qui l’empêchent de sortir de cette impasse. Les propos de dirigeants comme Khamenei traduisent cet embarras.

Rohani fait semblant de ne pas voir et le 6 août il a déclaré : « le monde exerce une pression psychologique sur l’Iran et déverse de la propagande sur le pays, mais notre peuple ne participe pas à ces rassemblements même si des populations sans importance descendent dans la rue. »

Khamenei déclare ne vouloir ni guerre, ni négociations. Cependant il avoue que la situation économique n’est pas due aux sanctions mais la mauvaise gestion des affaires et en rejette la responsabilité sur Rohani et son gouvernement. Il reconnait que son régime n’a pas la capacité d’entamer des négociations et comme cela lui est défavorable dans l’état actuel des choses, il a interdit de négocier avec les Etats-Unis.


Conclusion :

La répression n’a pas eu d’effet depuis près de huit mois. Les manifestations vont se poursuivre grâce à l’activité des réseaux de la résistance de l’OMPI qui vont encore se multiplier. Cette situation épuise

le régime. Sur le plan économique aussi, la situation va se dégrader davantage. Les contradictions entre les factions vont affaiblir le pouvoir. Que Khamenei entame ou non des discussions avec les Etats-

Unis et l’Occident, la perspective ne sera que la désintégration et le renversement du régime. Khamenei l’a déjà dit, tout changement de comportement de son régime aura pour conséquence un

changement de régime. Même en refusant de changer, le régime va se retrouver devant le danger du soulèvement général.

 

 

 

 

 

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