mercredi, septembre 22, 2021
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Analyse : L’empire financier des Pasdaran en Iran

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI ou Pasdaran) est une armée de terreur et d’oppression en Iran et a un rôle prépondérant dans le maintien au pouvoir du régime des mollahs. La principale force armée du régime intégriste, le CGRI exporte l’instabilité et le terrorisme à d’autres pays au nom de la « révolution islamique », un mandat inscrit dans la constitution même du régime. Mais comment est-il financé ?
Les informations citées ci-après sont tirées du livre « The Rise of the Revolutionary Guards’ Financial Empire » [La montée de l’empire financier des Gardiens de la révolution], publié par le Bureau de représentation du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) aux États-Unis.
Nous évoquons ici 14 institutions financières sous le contrôle des Pasdaran et du Guide Suprême, Ali Khamenei. Ces 14 centres de puissance sont responsables du pillage de l’économie iranienne et financent les activités du CGRI et de ses filiales, telles la Force Al Qods, une organisation terroriste, et la milice Bassidj.
Les 14 centres de puissance
Les 14 centres de puissance et grandes institutions économiques qui contrôlent l’économie iranienne sont les suivants :
1. Quartier général exécutif des ordres de l’Imam (Setad)
2. Fondation Mostazafan (Opprimés)
3. Astan-e Qods-e Razavi
4. Fondation des martyrs (Shahid)
5. Comité de secours de l’imam Khomeini (Emdad)
6. Fondation coopérative du Corps des Gardiens de la révolution iranienne
7. Quartier général de la construction de Khatam al-Anbiya
8. Fondation coopérative de la Force Bassidj
9. Société d’investissement Ghadir
10. Organisation d’investissement pour la protection sociale des forces armées (SATA)
11. Quartier général de la construction de Khatam al-Osia
12. Fondation coopérative des forces de sécurité de l’État (NAJA)
13. Fondation coopérative de l’armée (BTAJA)
14. Fondation coopérative des chefs d’état-major interarmées (VDJA)

Regardons de plus près l’activité de ces fondations. :
1. SETAD-E EJRAIY-E FARMAN-E HAZRAT-E EMAM

Parmi les entreprises contrôlées par Khamenei, Setad-e Ejraiy-e Farman-e Haz- rat-e Emam, ou le Quartier général exécutif des ordres de l’Imam, ci après la “Setad” (le Département du Trésor des États-Unis utilise également l’acronyme EIKO), est la plus riche et celle qui génère le plus de revenus. Le 4 juin 2013, le Département du Trésor américain imposait des sanctions à l’encontre de cette entité, ainsi que 37 de ses affiliées, en application de l’Ordre exécutif 13599, qui gèle les avoirs du gouvernement iranien.
L’influence et la domination de la Setad sur l’économie iranienne dépassent celles même des Pasdaran. C’est l’ « entreprise publique non-gouvernementale » la plus agressive en matière de confiscation d’avoirs. Grâce au soutien direct et quotidien de Khamenei lui-même, Setad a pu prendre possession de nombreuses entreprises commerciales et financières parmi les plus importantes et les plus rentables du pays. C’est une différence importante par rapport à d’autres institutions similaires dans la sphère d’influence du Velayat-e faqih,

Le Guide Suprême Khamenei exerce le contrôle direct sur le Setad, dont les actifs ont une valeur estimée à environ 95 milliards de dollars.

Le Guide Suprême Khamenei exerce le contrôle direct sur le Setad, dont les actifs ont une valeur estimée à environ 95 milliards de dollars.Selon une enquête de l’agence Reuters publiée en 2013, les actifs de la Setad auraient une valeur d’environ 95 milliards de dollars. Mais d’après les actifs non cités dans le rapport de Reuters et listés ci-dessous, le vrai patrimoine de la Setad serait beaucoup plus important que cela. En réalité, la Setad est la locomotive de la stratégie de « synergie » formulée par Khamenei pour l’économie iranienne.
La mission du Tadbir Energy Development Group, membre du groupe Setad, est d’être « un puissant acteur international dans les industries du pétrole, du gaz, de la pétrochimie et de l’énergie, en créant ou en prenant des participations actives dans des entreprises en activité ou ayant des actifs potentiellement viables. »
L’analyse des activités de la Setad confirme que ce groupe est un des interlocuteurs les plus importants pour les projets avec les entreprises occidentales.
Par exemple, mention est faite à la fin de ce texte de certains projets pharmaceutiques de la Setad avec des sociétés françaises, américaines, britanniques, italiennes et suisses.
Le nouvel organe d’administration de la Setad, chargé de définir les politiques et à superviser les activités de l’institution, est constitué de 100 membres choisis personnellement par Khamenei lui-même, dont le mollah Hossein-Ali Nayyeri, juge lors du massacre de milliers de prisonniers politiques en 1988, Hossein Shariatmadari, interrogateur, tortionnaire et désormais représentant de Khamenei auprès du quotidien d’État Kayhan, et Mohammad Mohammadi Golpayegani, chef de cabinet de Khamenei.
Pour renforcer l’assise financière de la Setad, en 2010 Khamenei a transféré à celui-ci des actifs d’une valeur de près d’un milliard de dollars depuis Astan-e Abdol-Azim dans la ville de Rey.
Parmi les principales sociétés mères du groupe Setad, on peut citer :
Tadbir Energy Development Group
Frappé de sanctions en application des Iranian Transactions and Sanctions Regulations [Règlement sur les transactions avec et les sanctions à l’encontre de l’Iran] du Département du Trésor américain, Tadbir Energy Development Group détient les holdings suivants :
Tadbir Energy Development Holding Company : cette entreprise est présente dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz, le raffinage, la pétrochimie et d’autres activités commerciales. Selon certains rapports, ce holding serait l’attributaire du projet du « gazoduc de la paix » avec le Pakistan, d’une valeur d’environ 500 millions de dollars. 80% d’un projet de construction de raffinerie à Hormoz, ainsi qu’un contrat pour développer le champ de pétrole Mansouri ont également été attribués à ce holding. Ses filiales comprennent :
• Pars Oil (75,6%)
• Commercial Pars Oil (100%)
• Northern Drilling (10%)
• Persia Oil and Gas (100%) – Son premier contrat, d’une valeur d’environ 600 millions de dollars, était pour le développement du champ de pétrole de Yaran
• Chemical Managers (100%)
• Bahman Geno Company (anciennement Hormoz Oil Refinery) (80%)
• Parsian Tadbir Refinery (80%)
• Qaed Basir Petrochemicals (80%)
• Abadan Electrical Production Company (75%)
• Tadbir Drilling (100%)
• Rey Power (Rey Niru Engineering Company) (100%)
Mobin Iran Electronics Expansion Holding Company
• Telecommunications (19%)
• Etemad Mobin Development Company
• Talia (opérateur de téléphonie mobile), dont une partie fut acheté par Mobin Iran en 2012
• Mobin Society Communications
• Mobin 1
• Mobile Communications Company – Fournisseur de services mobiles, elle appartient en partie à la Fondation coopérative du CGRI
Tadbir Industry and Mining Development Holding Company
Barkat Pharmaceuticals Holding Company : Ce holding détient 60,6% d’Alborz Investment Group, le deuxième holding pharmaceutique du pays. Les sociétés de ce groupe comprennent :
• Alborz Pharmaceuticals Company
• Sobhan Pharmaceuticals Company (fabriquant de comprimés)
• Iran Pharmaceuticals Company
• Tolid Pharmaceuticals Company
• Sobhan Oncology Company (fabriquant de Paclitaxel, sous licence du laboratoire pharmaceutique suisse Stragen)
• KBC (importateur)
• Alborz Distributors
• Alborz Ascend Investment Company
• Alborz Balak Company
• Farabi Pharmaceutical Manufacturer (17%)
• Razak Pharmaceutical Manufacturer (12%)
• Ati Farmed Company (51%)
• BioSun Company (20%)
• Alborz-Zagros Company
Tadbir Strategic Studies and Management Consultant Group
Tadbir Construction Development Company : Ce holding, également frappé de sanctions en application du règlement du Département du Trésor américain, gère la construction de projets résidentiels, commerciaux et de tourisme. Il contrôle quatre grandes entreprises de construction.
Setad Asset and Property Organization
Cette organisation a confisqué des biens immobiliers, des terrains, des actifs immobiliers, des habitations, des biens patrimoniaux et historiques et beaucoup d’autres actifs, surtout depuis une dizaine d’années.
Les marchés financiers
• Mellat Insurance (15%)
• Kar-Afarin Bank (11%)
• Parsian Bank (16%) – L’actionnaire principal de cette banque est le constructeur automobile Iran Khodro, dont la Setad est également actionnaire
• Tadbir Investments – Propriétaire de six autres sociétés, ce holding est actif en bourse ainsi que sur les marchés financiers et de titres
Autres
• Iran Khodro (5%)
• Rey Investment Company
• Mobin Iran Company
• Modaber Investment Company
• Fondation Barakat– Ostensiblement une organisation caritative qui paraît agir en tant que telle, il s’agit en fait d’une société de façade qui sert à dissimuler des bénéfices astronomiques versés à la Setad.

2. BONYAD-E MOSTAZAFAN

La Fondation Mostazafan de la Révolution islamique agit sous le contrôle direct de Khamenei, qui choisit personnellement son président. En 1997, Mohsen Rafiq-Doust, ancien président de la Fondation, a dit que celle-ci détenait 400 sociétés commerciales et représentait 28% des textiles, 22% du ciment, environ 45% des boissons non-alcoolisées, 28% des pneus et 25% du sucre produits en Iran.
Le 1 novembre 2016, le Ministère des routes et du développement urbain annonça l’attribution à la Fondation Mostazafan d’un vaste projet de développement. Mahomoud Navidi, directeur général de la Khomeini Airport Estates Company, annonça que le Ministère allait signer un contrat avec la Fondation pour la construction et l’exploitation du Terminal Salam de l’Aéroport Khomeini à Téhéran. Citant Navidi, l’agence de presse d’État ILNA écrit : « Le projet a été attribué à la Fondation Mostazafan sans appel d’offres. Selon [Navidi], le contrat a été attribué sur la recommandation et avec l’approbation du conseil de ministres de Rouhani. »
La Fondation aurait investi 4 milliards de dollars dans ce projet. Auparavant, le contrat pour la construction d’une partie du Terminal Salam avait été attribué à la National Construction Company, filiale de la Fondation Mostazafan.

Les dirigeants de la Fondation Mostazafan, contrôlée par Khamenei, depuis 41 ans. De gauche à droite : Ali-Naghi Khamoushi, Mohammad-Ali Rajaei, Mir-Hossein Mousavi, Mohsen Rafiq-Doust, Mohammad Foruzandeh, Mohammad Saeedi-Kia, Parviz Fattah

Un certain nombre des principales filiales de la Fondation sont citées ci-après.
Holdings
Fondation Alavi
Peyvand Ferdous Pars Agriculture and Gardening (agriculture et jardinage), qui comprend : Sirjan Bonyad Agriculture, Mashhad Gardening and Farming, Pars Milk And Meat Investment, Fajre Esfahan, Fajre Sari Gardening and Agriculture, Dasht-e Naz-e Sari Farming, Sina Seed and Plant, Ebrahim Abad Agriculture, Ferdous Tehran Agriculture and Gardening, Peyvand-e Khavaran Agro Industry, Nemat Agro Industry, Golcheshmeh Agro Industry, Ran-e Behshahr Agriculture and Farm Animals, Mahya Agro Industry.
Kaveh Pars Mining Industry Development (industrie minière)
Pars Milk and Beef Investments (produits laitiers et bovins), qui comprend : Magsal Agro and Farm Animals, Teliseh Nemooneh Farm Animals, Milk and Farm Animals, Yassouj Agro, Mahdashe Sari Milk and Beef, Azarnegin Agro Industry, Binaloud Neyshabour Agro Industry, Dasht-e Novin Malayer Agro Industry, Negin Fam Khouzestan Agro Industry, Arak Cultivation, Kangavar Beef and Milk, Zagros Shahr-e Kord Milk and Beef, Khorramdareh Agro Industry.
• Alavi Urbanizing and Engineering Services (urbanisation et ingénierie)
• Sina Paya Sanat Development (services industriels)
• Sina Energy Development
• Saba Power and Energy Industries (électricité et énergie)
• Paya Saman Pars Investment
• Iran Housing Development (immobilier résidentiel)
• Sina Investment Management (gestion des investissements)
• Parsian Tourism and Recreation Centers (tourisme et loisirs)
• Sina Communications and Technologies (technologies de la communication)
Sina Food Industries Development (agro-alimentaire), qui comprend : Domestic Chickens, Oroumieh Toyour Complex, Mehrshar Food Industry, Pakdis, Behnoush Iran, Ab-Ali Beverages, Shahd-e Kouhrang, Glucosan, Gousht-Iran, Pak Dairy Products.
• Poushan Pars Investments
• Pars Cellulose and Wood Investments (cellulose et bois)
• Kaveh Pars Mining Industry (industrie minière)
• Alavi Engineering and Urban Development (ingénierie et aménagement urbain)
• Panid Pars Sugar Investment (sucre)
• Rahnegar Pars Investment Management (gestion d’investissements)
• Atieh Sazan Plan Management
• Zamzam Company
Institutions culturelles
• Bonyad Museums Cultural Institution (musées)
• Novin Daneshmand Research & Development Institute (recherche et développement)
• Iranian Contemporary Historical Studies (études historiques contemporaines)
• Taban Light Cinema
Autres sociétés
• Shahid Motahhary Agriculture & Industry
• Tehran Shomal Freeway (concessionnaire d’autoroute)
• Tehran Cement
• Behran Oil
• Bayanat Hadi Audit and Inspection
Institutions financières
• Sina Bank (270 succursales)
• Ayandeh (Future) Credit and Financial Institution
• Sina Financial and Investments Company

3. ASTAN-E QODS-E RAZAVI

La Fondation Astan-e Qods-e Razavi a été appelée un « géant incontrôlé » de l’économie politique iranienne. Le plus grand employeur du province de Khorasan, au nord-est du pays, elle détient le contrôle (par des participations de plus de 50%) d’au moins 58 grandes sociétés, ainsi que des parts significatives dans 31 autres entreprises (institutions financières, sociétés de courtage, hôpitaux, médias, maisons d’édition, entreprises d’élevage animal, fournisseurs de services internet, constructeurs automobiles…).
D’après des sites internet ayant trait à l’organisation économique de cette institution, la Fondation Razavi serait le plus grand holding de l’est de l’Iran, avec des activités très diversifiées. Ainsi, elle contrôlerait la production de 10% du sucre du pays, 11% des pierres décoratives, 3,7% des bus de ville et des cars interurbains et 17% du pain.
Le cartel d’entreprises liées à Astan-e Qods-e Razavi contrôle la production annuelle de 47.000 tonnes de lait non-homogénéisé, 2.000 tonnes de viande rouge, 1.000 tonnes de viande blanche, 100.000 tonnes de produits agro-alimentaires, 10.000 m² de tissus et 6.000 m² de tapis tissés à la main, tout en réalisant plus de 136 projets routiers, de construction, de promotion immobilière et de développement urbain.
La Fondation possède de grandes superficies agricoles au nord-est de l’Iran, estimées à au moins 400,000 hectares avec une valeur de plus de 20 milliards de dollars. Propriétaire de 43,5% du foncier urbain de la ville de Mashhad, elle possède des habous dans 14 provinces, des agences immobilières dans 20 provinces et 300.000 biens locatifs. Dans le contexte de la promotion par le régime de l’intégrisme dans d’autres pays, la Fondation réalise des projets en Syrie, dont la construction de ponts. En 2016, la Fondation et les Pasdaran ont ouvert des négociations pour que la Fondation consacre au moins 20% de ses revenus annuels à la couverture des frais des Pasdaran.

Astan Quds Razavi, an economic powerhouse of the Iranian regime

Un certain nombre des holdings et entreprises de la Fondation sont cités ci-dessous.
Holdings
Construction
• Qods Razavi Concrete and Machinery Construction Company
• Qods Razavi Residential and Construction Company
• Astan-e Qods Razavi Engineering and Urban Development Consultants
• Qods Razavi Water and Soil Engineering Company
• Qods Razavi Light Structure Manufacturers
Construction automobile
• Shahab Automobile Company
• Shahab Transportation Company
• Combine Manufacturing
Produits agro-alimentaires
• Qods Razavi Flour Company
• Razavi Leaven Company
• Razavi Food Products Company
• Razavi Dairy Products Company
• Qods Razavi Bread Company
Sucre
• Abkouh Sugar Company
• Torbat Heydarieh Sugar Company
• Chenaran Sugar Company
Agriculture
• Razavi Agriculture
• Chenaran Agriculture and Endowments
• Esfarayen Agro Industry
• Anabed Agro Industry
• Sarakhs Agro Industry
• Astan Qods Razavi Land Institution
• Nemouneh Farm Agro Industry Institution
• South Khorasan Endowment and Agriculture Institution
• Semnan Endowment and Agriculture Institution
Textiles
• Astan-e Qods Razavi Carpet Production Company
• Khosravi Weaving and Textile Company
Razavi Information and Communication Technologies Holding Company
Produits pharmaceutiques
• Thamen Pharmaceuticals
Institutions financières
• Razavi Credit Union
• Razavi Brokerage
Autres
• Razavi Oil and Gas
• Astan-e Qods Razavi Wood Industries
• Qods Razavi Mining Company
• Sarakhs Special Economic Region
• Qods Razavi Livestock (over 130,000 cows)
• Razavi Islamic Sciences University
• Imam Reza University

Ebrahim Raisi, directeur de l’AQR à l’époque, présente le plus haut titre honorifique de l’AQR à Qassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods, une organisation terroriste, le 21 juillet 2018 à Mashhad, Iran.

4. BONYAD-E SHAHID (MARTYRS)

Créée en 1979 sur les ordres de l’ancien Guide Suprême, Ruhollah Khomeini, la Fondation des Martyrs s’est agrandie pendant la guerre de huit ans entre l’Iran et l’Irak dans les années 1980, car elle fournissait des prestations aux familles des victimes. Comme d’autres institutions similaires, la Fondation a crû de manière fulgurante pendant les années 1990, accumulant rapidement des richesses. Sous le contrôle direct de Khamenei, elle a pris possession de plusieurs entreprises financières, commerciales et industrielles. Malgré le fait qu’elle détient un vaste patrimoine et génère des revenus importants, la Fondation est également allocataire d’une partie du budget de l’État. Son président est un représentant du Guide Suprême.
Le Département du Trésor américain a désigné la Fondation des Martyrs le 24 juillet 2007 en application de l’Ordre exécutif 13224. Cette désignation entraîne le gel de tout actif détenu par les désignés sous la juridiction des États-Unis et interdit toute transaction avec les désignés par des personnes des États-Unis. Selon la déclaration du Trésor, « la Fondation des Martyrs est une organisation paraétatique iranienne qui fournit un appui financier depuis l’Iran à plusieurs organisations terroristes au Levant, dont Hezbollah, Hamas et le Jihad islamique palestinien (JIP). A cette fin, la Fondation des Martyrs a établi des succursales au Liban dont le personnel comprend des chefs et membres de ces mêmes groupes terroristes. Certaines succursales de la Fondation des Martyrs au Liban ont également apporté un soutien financier aux familles de membres du Hezbollah et du JIP tués ou emprisonnés, dont des kamikazes dans les territoires palestiniens. »
Un certain nombre des entreprises et institutions contrôlées par la Fondation Shahid sont citées ci dessous.
Kowsar Economic Organization, qui elle-même détient plus de 30 sociétés, dont :
• Sobhan Investments
• Tehran Electric
• Namad Kowsar Food Industry Investments
• Kowsar Agricultural Investments, qui détient 24 sociétés
• Kowsar Mining and Industrial Development Investments (dont le portefeuille minier s’est agrandi depuis 2015 et compte désormais 10.000 kilomètres de mines)
• Kowsar Power and Electronics Investment
• Kowsar Agricultural Mechanization and Industrial Development
• Moin Kowsar Construction and Builders Investment
• Kowsar Credit Union (selon l’institution financière elle-même, ses actifs en 2015 valaient plus de 4,1 milliards de dollars)
• Zakhireh Shahed Investments (créée en 1984 avec quelques milliers de dollars offerts par Khomeini, la société détient désormais 10 entreprises dont les activités vont de la construction et la production d’énergie au commerce et aux services aéroportuaires)
• Agricultural Industry Development Services (à Zanjan)
• Khorasan Cotton and Cooking Oil
• Shahed University
• Imam Khomeini Technical Center
• Shahed Charity Fund
Banque Day (47 succursales) : Selon les états financiers de la Banque Day pour l’exercice 2014, elle détient des actifs d’une valeur de plus de 3,5 milliards de dollars, ainsi qu’au moins 13 autres entreprises, dont :
• Didar Development Company
• Day Electronic Commerce Company
• Day Atieh Sazan Company
• Day Brokerage
• Day Insurance
• Day Leasing
• Bou-Ali Investment Company
• Gostar Fardad Commerce
• Day Currency Exchange
• Day Bank Investments
• Royay-e Rouz Kish Company
• Abadi Residential Builders
• Iranian Day Financial Services

Une succursale de la Banque Day en Iran

5. COMITE EMDAD (SECOURS)

Le Comité de secours de l’imam Khomeini fut créé le 5 mars 1979 avec la mission de soutenir les « démunis et opprimés » et les aider à devenir autonomes. Tout en recevant une portion remarquable du budget de l’État, il gère également plusieurs entreprises commerciales et financières, générant des bénéfices importants.
Malgré son objectif affiché d’aider les démunis, de nombreux rapports, dont certains publiés par des médias appartenant au régime, confirment que le Comité Emdad fait partie de l’appareil du régime chargé d’exporter le terrorisme et l’intégrisme. Selon son site internet, il possède des bureaux en Irak, au Liban, en Azerbaïdjan, en Syrie, au Tadjikistan, en Afghanistan et aux Comores. Selon les médias d’État, « sur la base de chiffres officiels, le Comité Emdad a une représentation officielle dans six pays. Selon son ancien président, il a constitué des cellules populaires dans 30 pays à travers le monde. Dès 2014, le Comité aide 34.219 personnes en tout au Liban, en Syrie, en Afghanistan, au Tadjikistan, en Irak et aux Comores. L’Afghanistan compte le plus de bénéficiaires, avec 13.200 personnes ayant besoin d’aide. Irak est en deuxième position avec 12.700 personnes. »
Certains de ces soi-disant « bénéficiaires » sont les mêmes personnes qui, après une série de formations, sont envoyées par la Force Al-Qods en Syrie afin de combattre pour la dictature Assad. Les activités du Comité Emdad liées à l’exportation de l’intégrisme vers divers pays de la région sont décrites dans de nombreux autres rapports. Le 8 juillet 2016, le Ministère de justice du Tadjikistan a demandé à un tribunal du pays de proscrire les activités du Comité Emdad.
Un rapport datant de 2016, obtenu de sources à l’intérieur du régime iranien, indique que le Comité Emdad verse une allocation mensuelle à plus de 5.000 foyers de membres des forces armées de la dictature syrienne tués ces dernières années.
Le 3 août 2010, le Département du Trésor américain a désigné la succursale au Liban du Comité de secours de l’imam Khomeini en application de l’Ordre exécutif 13224. Selon la déclaration du Trésor, « depuis 2007, l’Iran a versé des millions de dollars à la succursale au Liban, gérée par le Hezbollah. Le Comité a aidé à financer et gère des camps d’entraînement de jeunes du Hezbollah, qui ont servi à recruter de futurs membres et agents de cette organisation. Le Secrétaire-Général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a reconnu la succursale du Comité au Liban comme étant une des institutions non-clandestines du Hezbollah à être liée à l’Iran et financée par celui-ci. »

Hassan Nasrallah: 'as long as Iran has money, Hezbollah has money'

Le 20 décembre 2015, selon les médias iraniennes, Parviz Fattah, le directeur de l’Emdad, aurait rendu visite à la vallée de la Bekaa, au sud du Liban, qui est le fief du Hezbollah, afin d’y rencontrer des bénéficiaires de l’aide du Comité.
Parmi les holdings et les institutions contrôlés par le Comité Emdad, on peut citer :
Construction et Bâtiment
• Gostar Basir Construction Company
• Tehran Gostar Basir Construction Company
• Emdad Construction Expansion Development
• Nassim Construction Expansion Development
Industrie agro-alimentaire
• Bahar Rafsanjan Agro Industrial
• Sabzdasht Fars Agricultural Company
• Fath and Nasr Kerman Agro Industrial
• Esfahan Agriculture and Livestock Company
• Zarrin Khusheh Arak Agro Industrial
• Rezvan Emdad Golestan Agro Industrial
• Bazouy-e Keshavarz Kermanshah Agro Industrial
• Emdad Sabz Hegmataneh Agro Industrial
• Misaq Emdad Ago Industrial
• Baharan Behesht Alborz Agro Industrial
• Nar-e Mehriz Yazd Agro Industrial
• Emdad Sepahan Goldasht Agro Industrial
Mines et industrie minière
• Qom Mining Cooperative
• Emdad Faravar Mines
• Emdad Mines Development and Equipment
• Emdad Electricity and Energy Development
• Mines and Mining Industries Development of Kurdistan
Commerce
• Emdad Industry Builders
• Paydar Emdad Commerce and Investment Development
Finance
• 1.200 boîtes de dons de bienfaisance
Immobilier : Les terrains confisqués par le Comité Emdad comprennent :
• 1.349 hectares de terres et d’exploitations agricoles dans la province de Fars
• 38 hectares dans la province de Khuzestân
• 155 hectares dans la province de Guilan
• 158 hectares dans la province de Golestan
• 275 hectares dans la province de Mazandaran
• 39 hectares dans la province de Hormozgan
• 2.145 hectares dans la province de Kerman
• 105 hectares dans la province de Yazd
• 139 hectares dans la province de Markazī
Le Comité possède également d’importantes terres et exploitations agricoles dans d’autres provinces, dont Téhéran, Ispahan, Hamedan, Semnan, Alborz, Khorasan, Qazvin, Ilam, Kermânchâh, Azerbaïdjan, Lorestan, Tchaharmahal-et-Bakhtiari et Ardabil. Cependant, il n’existe pas de rapport officiel à ce sujet.

6. FONDATION COOPERATIVE DES PASDARAN
La Fondation du Corps des Gardiens de la révolution islamique (Bonyad Taavon Sepah) est considérée comme l’institution financière la plus puissante du pays. Selon l’Article 4 de cette soi-disant « fondation », « l’investissement initial dans cette fondation lors de sa création était de dix millions de rials [environ 315 $], contribués par le Guide Suprême. » Selon l’Article 23, « tous les fonds et les actifs de la fondation appartiennent à Son Excellence le Guide Suprême. Dans le cas de sa dissolution, après apurement de toutes les dettes, tous les biens et actifs seront remis à Son Excellence. »
Le Département du Trésor américain a annoncé en décembre 2010 qu’en application de l’Ordre exécutif 13382 autorisant le gel des actifs de proliférateurs d’armes de destruction massive, Bonyad Taavon Sepah avait été désigné pour avoir fourni des services aux Pasdaran.

How the Islamic Revolutionary Guards Corps IRGC plunders Iran’s economy

La Fondation est un des cinq principaux centres de puissance du pays. Parmi les groupes et sociétés commerciaux appartenant à cette Fondation, on peut citer :

A. Bahman Automobile Manufacturing Group
La Coopérative des Pasdaran détient une participation importante dans ce groupe automobile, dont la Ghadir Investment Company est un autre actionnaire important. Le groupe automobile lui-même détient les sociétés suivantes :
Saipa Company: Saipa est le deuxième constructeur automobile de l’Iran. Si la Coopérative ne détient que 17% des actions de cette société, elle reste le décideur principal et le bénéficiaire principal de ses profits. Saipa détient d’autres sociétés, dont :

Succursale de la Banque Ansar en Iran

• Pars Khodro (constructeur automobile)
• Saipa Diesel
• Iran Kaveh (diesel)
• Saipa Azin
• Saipa Glass
• Iran Radiator
• Saipa Press
• Saipa Pistons
• Pouya Industries
• Niroosaz Arak
• Rayan Saipa Leasing
• Mellat Insurance
• Sayan Insurance Services
• Rayan Saipa Insurance Services
• Saipa Employee Investments
• Rana Investments
• Saipa Investments
• Rasa Capital Development
• Saipa Transportation
• Saipa Parts Engineering Consulting
• Industrial Export Development Company
• Saipa Tour
• Pasargad Construction
• Saipa Sports and Culture Company
National Iranian Investment Company
Bahman Investment Company
Bahman Leasing Company
Bahman Diesel (montage de camions de la marque japonaise Isuzu)
Iran Credit (participation de 79%)
Bahman Brokerage
Etemad Development Investments
B. Institutions financières et de crédit
Thamen Institution
Thamen al-a’meh Financial and Credit Institution : Connue également en tant que coopérative de crédit, elle a 500 succursales. Début 2010, la société avait des encours de plus de 13 milliards de dollars.
C. Sociétés d’investissement
Behshahr Industrial Investments (16%)
Iranian Negin Khatam Investments (détient une participation dans la Banque Ansar)
Saman Majd Investments (appartient à Thamen Credit)
Ayak Investments
D. Banque Ansar :
La quatrième banque du pays, la Banque Ansar a un réseau de 600 succursales à travers l’Iran. Elle a créé plusieurs autres sociétés, dont :
Atlas Iranian Investments Holding Company, qui est présente dans les services immobiliers et détient les sociétés suivantes :
• Andisheh Shiva Atlas Engineering Consultants
• Atlas Pars Star
• Ferdows Iranian Garden
• Arman-e Tous Star
• Pars Planning Construction and Development (participation de 33%)
• Eighth Tous Banagostaran (participation de 30%)
• Pardis Atlas Pars (participations de 50%)
• Atlas Iranian Construction
• Tous Gostar Investment and Urban Development
• Baghmisheh Urban Development and Residential Building
• Pardis Atlas Pars
• Iran Atlas Kish Commercial and Industry
Ansar Electronics
Houshmand Iranian Electronics
Novin Padideh Ansar
Ansar Bank Employees Company
Pars Danayan Investments
Iranian Atlas Investment
Hafiz Technology
Ansar Currency Exchange
E. Industrie
Kerman Petrochemicals (25%)
Kermanshah Petrochemical Industries
Zagros Steel
Shahab Sang Mining Industries
Iran Welding Industries
Iran Chassis Production
Moj Nasr Gostar Telecommunications and Electronics
Efahan Zinc Smelter Company
Saberin Ofogh Development Engineering
Arzesh Afarinan Industries
Baharizad Wool Weaving Behinehsaz
Amadeh Engineering
Iran Atlas Kish Commercial and Industry
Sina Pharmaceutical (Iranian Investments détient une participation de plus de 30%)
F. Télécommunications
Mobin Iran Electronics Industries : Les actionnaires de la société comprennent la Fondation Mostazafan, Sina Investments, Kowsar Bahman Investments, Iran Electronic Equipment et SAIRAN.
Talia Company (opérateur de téléphonie mobile): une participation a été acquise en 2012
Moj Nasr Gostar Telecommunications and Electronics
Etemad Mobin Consortium: le groupement a acquis 51% de la société de télécommunications iranienne et lui-même comporte trois sociétés distinctes : Mobin Iran Electronics Industries ; Shahriar Mahestan, qui appartient à la Coopérative des Pasdaran ; et Etemad Development Investments, qui appartient à la Setad.
Sayyar Communications (prestataire de services pour la Mobile Telecommunication Company of Iran, ou Hamrahe Aval) : une partie du capital de cette société est détenue par la Setad. Les actionnaires les plus importants sont la société de télécommunications iranienne Shahriar Mahestan, Mobin Mehr Economy, Mobin Electronics Development et Mobin Comprehensive Communications Development. Selon Massoud Mehrdadi, un des principaux directeurs des affaires commerciales et financières des Pasdaran, en 2012 la société aurait réalisé plus de 2,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires de la vente de cartes SIM et de chargeurs de téléphones portables.
Iran Cell (opérateur de téléphonie mobile) : la société est détenue à 49% par la société sud-africaine MTN et à 51% par Iran Electronics Industries.

Mohammad-Javad Azari Jahromi, ministre des technologies de l’information et de la communication : Irancell (MTN) est le premier et le plus important opérateur digital en Iran – 13 juin 2020

Agro-alimentaire
Shadab Khorasan Industries
Maedeh Food Industries
Shadab Khorasan Agro Industries
Charmahal Bakhtiari Leaven Food
Construction
Prefabricated Light Structures Engineering Company
Jihad Residential Builders (actif dans 20 provinces)
Sepahan Residential Complex Builders
Razmandeh Residential Complex Builders
Commerce et Services
Pars Air
Entrepreneurs pétroliers (champ de pétrole de South Pars)
Rahian Komeyl Commerce Services and Consulting
Pars Air Travel
Bahrestan Kish Company
Thamen al-A’meh Services Cultural Institution
Kaboud Kavir Alaleh
Mohit Construction
Baharan Company
Navid Bahman
Kowsaran Institution
Misaq Basirat Institution
Asr-e Bahman Company
Negar Nasr Company
Ansar Employees Cooperative
Pasargad Financial Group
Le groupe financier Pasargad comprend la Banque Pasargad ainsi que plusieurs sociétés présentes dans les secteurs de l’informatique, des communications, des services de paiement électronique, de l’assurance, de la réassurance, du courtage, du leasing d’équipements lourds et d’immeubles commerciaux, de la construction, des industries minière et manufacturière, de l’énergie et des services divers.

La Banque Pasargad est liée aux Pasdaran. Son actionnaire principal est la Pars Arian Investment Company ; d’autres actionnaires importants sont Saipa Investments, Ghadir Investments et la Caisse de retraite des industries sidérurgiques.
Compte tenu des restrictions sévères sur les banques affiliées aux Pasdaran avant le retrait du velayat-e faqih du programme nucléaire, les dirigeants de la Banque Pasargad ont fait de gros efforts pour nier leur affiliation aux Pasdaran. Pourtant, de nombreux indices montrent que la banque joue un rôle clé dans l’empire économique du Corps des gardiens.
Un des grands actionnaires du groupe est la Saman Majd Investment Company, qui est affiliée à l’institution financière et de crédit Thamen al-A’ameh et fait partie de la Fondation Coopérative des Pasdaran. En juin 2016, un scandale a éclaté dans certains journaux d’État, révélant l’existence dans toutes les prisons des mollahs d’un réseau bancaire qui confisque les liquidités en espèces des détenus. Ce réseau fait partie de la Banque Pasargad. Dans une déclaration émise le 14 juin 2016, la Banque Pasargad niait qu’elle profitait des détenus. Néanmoins, reconnaissant qu’elle avait des succursales dans toutes les prisons, elle explique : « En accord avec la volonté de nous acquitter de nos responsabilités sociales, nous avons été chargés de cette grande responsabilité ; malgré des investissements importants dans les centres de détention du pays, la banque n’a jamais cherché à faire des bénéfices dans ce domaine. »
Au-delà de la Banque Pasargad, les autres entreprises du groupe comprennent :
• Middle East Mining and Mining Industries Holding
• Pasargad Arian Information and Communications (FNAB)
• Pasargad Insurance
• Iranian Reinsurance Company
• Pasargad Heavy Machinery and Equipment Leasing Company
• Pasargad Leasing
• Parsargad Arzesh Afarinan Company
• Middle East Foundational Company
• Pasargad Energy Development
• Pasargad Bank Electronic Payments
• Pasargad Currency Exchange and Services
• Pasargad Bank Brokerage Services
• Eighth Urban Development and Construction Company
• Pasargad Mass Production
• Pasargad Human Capital Research and Development Institution
• Arian Investments (AICO)
• Arian Engineering and Construction Management
• Arian Pasargad Construction Management
• Pars Arian Investments
• Pasargad Bank Financial and Investment Services
• Pasargad Bank Investments
• Arian Construction (Modabberan)
• Iran Credit Ranking Consulting
• Arian Saman Construction
• Pasargad Arian Logistics Services
• Pasargad Financial Group Pension
• Pasargad Commerce Development
• Pasargad Tadbirgaran Company
• Pasargad Future Commerce Management
• Pasargad Group International Commerce Development and Expansion
• Mana Iranian Renewal and Expansion Industries
• Zarand Iranian Steel Company
• Middle East Aftab Derakhshan (Shining Sun) Commerce
• Iranian Sirjan Steel Company
• Middle East Meyar Industrial Engineering Company
• Pars Hafez Investments

7. QUARTIER GENERAL DE LA CONSTRUCTION DE KHATAM AL-ANBIYA

Le Quartier général de la construction de Khatam al-Anbiya, qui a commencé son activité comme maître d’œuvre de projets industriels et de construction, fait partie des Pasdaran. Son objectif principal, selon ses statuts, est « d’utiliser efficacement les ressources économiques et liées à la construction, ainsi que les capacités et talents disponibles des Pasdaran afin de continuer la Révolution islamique. »
Le plus grand maître d’œuvre pour les projets gouvernementaux, Khatam a 5.000 sous-traitants et environ 135.000 employés. Bénéficiant du soutien total du régime, le cartel jouit d’un accès facile aux ressources bancaires et financières et se voit attribuer des contrats sans appel d’offres. Il a su créer un système par lequel il domine totalement les projets industriels et de construction, ainsi qu’une partie des projets gaz et pétrole, de sorte que le secteur privé est incapable de le concurrencer.
En tant que maître d’œuvre, le Quartier général de Khatam agit en tant qu’intermédiaire indispensable entre le gouvernement et les sociétés d’ingénierie et de services techniques, dont une grande partie des revenus est saisie par Khatam. Khatam a pris possession de bon nombre de ces sociétés unilatéralement, par intimidation et parfois par la force. Le 1 juillet 2006, Khatam a repris Oriental Kish Oil, qui avait des opérations de forage dans certains champs pétroliers et gaziers du Golfe persique. Le transfert de propriété portait sur tous les projets, opérations, équipements et actifs de la société, d’une valeur de plus de 90 millions de dollars. De même, il a été rapporté que Khatam aurait résolu un litige commercial avec le groupe roumain Servicii Petroliere en tirant sur des ouvriers roumains depuis des hélicoptères militaires et des bateaux avant de monter à bord de la plateforme roumaine (en mer) et prendre l’équipage en otage.

Saeed Mohammad, membre des Pasdaran et commandant du QG de la construction Khatam al-Anbiya

Les projets de Khatam ont eu des conséquences catastrophiques pour l’économie et l’environnement de l’Iran. La construction incontrôlée et injustifiée de barrages par Khatam a provoqué une augmentation de la salinité du Karoun, le plus grand fleuve d’Iran, et contribué à la crise de l’eau dans le pays ces dernières années.
Khatam est également très présent dans les industries du pétrole, du gaz et de la pétrochimie. A titre d’exemple, il est chargé des phases 15 et 16 du développement du champ de pétrole et de gaz de South Pars.
Selon l’agence de presse d’État IRNA, citant le patron de la Société nationale iranienne du pétrole, la valeur des contrats pétroliers de Khatam dépasserait les 25 milliards de dollars.
Parmi les sociétés affiliées à Khatam, on peut citer :
• Tehran Gostar Company
• Oriental Oil
• Sepanir Oil and Gas Engineering (membre du conseil d’administration de la Banque Ansar)
• Sepasad Engineering (construction de barrages et projets d’infrastructure)
• Nour (Light) Institution (impliquée dans la confiscation et la vente de terrains)
• Sama Institution (impliquée dans la vente de biens fonciers et immobiliers)
• Imensazan Consultant Engineering Institute (construction de tunnels et défense passive)
• Makin Institute (structures navales et maritimes)
• Rahab Institute (construction de tunnels et forage)
• Fater Engineering Institute (construction de tunnels)
• Sahel Construction (chemins de fer)
En octobre 2007, le Département du Trésor américain a désigné Khatam al-Anbiya en application de l’Ordre exécutif 13382 autorisant le gel des actifs de proliférateurs d’armes de destruction massive et de leurs soutiens. La même désignation s’appliquait également à d’autres sociétés liées à Khatam, dont Oriental Oil, Sahel Construction et Sepasad Engineering. En février 2010, le Trésor a franchi un pas supplémentaire en désignant sous le même Ordre le Général Rostam Qasemi, membre des Pasdaran et commandant du QG de la construction de Khatam al-Anbiya, ainsi que quatre filiales : Fater Engineering Institute, Imensazen Consultant Engineers Institute (ICEI), Makin Institute et Rahab Institute.
8. FONDATION COOPÉRATIVE BASSIDJ

La Fondation Coopérative Bassidj appartient à la Force Bassidj, une force paramilitaire considérée comme étant l’une des cinq forces des Pasdaran. La fondation détient un grand nombre de holdings et d’institutions financières, dont :
Iranian Mehr Economic Investments
Très présente à la Bourse de Téhéran, cette société a vu son étoile monter très rapidement, à l’instar d’autres centres de puissance économique affiliés au cabinet du Guide Suprême. Abbas Rezai, un ancien dirigeant de la société, a dit en 2009 : « Nous avons repris la société Iranian Mehr Economic Investments il y a 32 mois alors que ses investissements valaient entre 6,3 et 9,4 millions de dollars. Aujourd’hui, au moment où je quitte la société, ils valent 4,4 milliards de dollars. »
Les filiales de cette société comprennent :
Zinc Mining Development Holding Company
• Kalsimin Company
• Bandar Abbas Zinc Production
• Acid Producers of Zanjan and Alvand Zinc Workers
• Iran National Lead and Zinc Company
• Bafeq Zinc Smelting
Iran Mining Resource Extraction
Iran Zinc Production
Parsian Chemical Catalyst
Zangan Zinc Industrial
Angouran Miners
Zinc Development and Commerce
Mehvaran Andisheh Investment
Non-Ferrous Metals Engineering and Research
Pouya Alpha Machinery
Shahroud Northeastern Mining and Industry
Jam Omid Alborz
Iranian Tajali Mehr Company
Un holding dans le secteur de la construction, ce groupe comprend :
• Sharq Farasoo Company
• Ansar Construction
• Kousha Paydar Engineering Consulting
• Kowsar Azerbaijan Company
• Eftekhar Khuzestan Company
• Techno-Kar Company (fabriquant de pompes de distribution de carburant et de réservoirs à carburant)
Iran Tractor Manufacturing (Tabriz)
Ce fabriquant de tracteurs comprend les entreprises suivantes :
• Engine Manufacturers
• Azarbaijan Diesel Car Manufacturers
• Kurdistan Tractor Manufacturing
• Oroumieh Tractor Manufacturing
• Ougiran Tractor Manufacturing
• Iran Casting and Tractor Manufacturing Company
• Tractor Industrial Services
• Tractor Industrial Machinery
• Tractor Casting
• Tractor Engine Makers
• Tractor Blacksmithing
• Tractor Parts and Engineering
• Tractor Machinery and Equipment Makers
• Siba Engine
• Tajiran
• Motira
Parsian Bank
Iran Aluminum Industries (IRAL Co)
Esfahan Mobarakeh Steel Company : Des participations sont également détenues par la Fondation coopérative des Pasdaran et l’Organisation d’investissement pour la protection sociale.
Tidewater Middle East Company : La société est active au port Rajaï de Bandar Abbas, point de transit pour jusqu’à 60% des importations et exportations du pays.
Iran Mehr-e Eqtesad Bank : Anciennement l’Institution financière et de crédit Mehr (un fonds caritatif pour les anciens membres du Bassidj), elle a pu démarrer son activité grâce à un don de 300 dollars de « Son Excellence le Guide Suprême », selon le site internet de la banque. Cette somme a été augmentée en étapes successives jusqu’à atteindre 125 millions de dollars. Le plus grand réseau bancaire non-officiel du pays, la banque a 700 succursales et 8 millions de clients à travers l’Iran.
Industrial Development Investments Company
Azarbaijan Development Investments Company
Mehr Residential and Construction Investment Company
Angouran Mine Development
Tous Gostar Company
Sadid Pipes and Equipment Company
Jaber ibn Hayan Pharmaceuticals
Tabriz Tractor Manufacturing Soccer Club
Iranian Mehr-e Eqtesad Brokerage
Kousha Paydar Company
Kowsar Azarbaijan Company
Mehr Farsighted Commerce Services
Atieh Tadbirgaran Company

9. SOCIÉTÉ D’INVESTISSEMENT GHADIR

Ghadir est l’une des sociétés d’investissement les plus importantes d’Iran. Si elle est liée au Ministère de la Défense, les institutions gouvernementales n’ont aucune autorité ni influence sur elle, car elle est contrôlée par le Guide Suprême. La société contrôle 16% de la production de ciment en Iran et 5,2% de la production de ciment au Moyen Orient et au Maghreb, ce qui représente 0,4% de la production totale de ciment à travers le monde.
Ghadir est frappée de sanctions aux États-Unis en application du Règlement du Département du Trésor américain sur les transactions avec et les sanctions à l’encontre de l’Iran, selon lequel toute personne des États-Unis doit bloquer les biens immobiliers de cette entité.
Parmi les entreprises opérant sous le contrôle de Ghadir, on peut citer :
Parsian Oil and Gas Development Group, dont les filiales comprennent :
• Tabriz Oil Refinery
• Shiraz Oil Refinery
• Pardis Petrochemicals (le plus grand producteur d’engrais à base d’urée au Moyen Orient)
• Zagros Petrochemicals (le plus grand producteur de méthanol au monde)
• Kermanshah Petrochemicals
• Shiraz Petrochemicals
• Tabriz Petrochemicals
• Khorasan Petrochemicals
• Kian Petrochemicals
• Pars Petrochemicals
• Hamoun Sepahan Investments
• International Petrochemicals Commerce Company
• Nirou Rail Transport Company
International Construction Development Company, dont les filiales comprennent :
• ASP
• Baghmisheh Residential Builders
• Royay-e Zendegi Kish
• Ghadir Engineering Consulting
• Pars Structures Engineering and Construction
• Tisa Kish Company
• Fars Shelter
• Ghadir Khuzestan
• Azarbaijan Construction
• Paya Ofogh Structures
• Narenjestan Gostar Company
• Behestan Pars Company
Ghadir Capital and Industry Development Company, dont les filiales comprennent :
• Sharq Cement
• Sepahan Cement
• Kurdistan Cement
• Dashtestan Cement
• Dey Investments
• Azar Investments
• Sarouj Boushehr Cement
• Ghadir Mehr Iranian Engineering Research
Ghadir International Mining and Industrial Development Company
Par ce holding, Ghadir Investments a acquis des mines de fer ; la mine Zarshouran, la plus grande mine d’or d’Iran, située en Azerbaïdjan occidental ; une mine de titane à Kanouj dans la province de Kerman ; ainsi qu’une mine de zinc à Mehdi Abad dans la province de Semnan. Les sociétés les plus importantes du groupe comprennent :
• Alloy Steel Company
• Sang Ahan Iron Ore
• Iranian Iron and Steel
• South Aluminum Industries Complex
• Pars Industries International Development
• Motogen
• Shahid Qazi Pharmaceuticals
• Shahid Bahonar Wood
Ghadir Industrial and Commerce Company (holding financier et commercial), dont les filiales comprennent :
• Ghadir Caspian Steel Company
• Ghadir Management and Commercial Services
• Peyman Permanent Commerce
• Sepehr Pars Deposits
• Etezad Ghadir Investments
• Sepehr Iranian Insurance Services
• Arman Resource Provisions Management
• Effective Management Company (Kar Amad)
• Zarrin Persia Investments
• Jebel Ali Masader
• Saderat Bank Brokerage
• Rahbar Informatics Services
• Alvand Ghadir Development Investments
Ghadir Power and Energy Investments, dont les filiales comprennent :
• Gilan Masir Electricity
• Gilan Power Generation Management (Towlid-e Barq-e Gilan)
• Ghadir Oxin Energy Development
• MAPNA Khuzestan Power Generation
• Ghadir Energy Hamoun Abu Mousa
• Lamerd Power Generation
Kish Negin International Onshore and Offshore Development (holding de transport maritime de Ghadir), dont les filiales comprennent :
• Iran Marine Shipping Services
• Kish South Iran Dariaban
• Ghadir Sepehr Transportation
10. ORGANISATION D’INVESTISSEMENT POUR LA PROTECTION SOCIALE DES FORCES ARMEES (SATA)

L’Organisation d’investissement pour la protection sociale des forces armées (SATA) comprend de nombreuses entreprises industrielles et sociétés d’investissements, dont :
Armed Forces Investment Company, qui comprend :
• Maroun Petrochemicals Complex
• Pars Petrochemicals Complex
• North Drilling Company (la Setad détient également une participation dans cette société)
• Boushehr Petrochemicals Complex
• Gilan Combined Cycle Power Generation (Sikl-e Tarkibi)
• Gilan Production Management (Modiriat-e Bahr-e Bardari)
11. QUARTIER GENERAL DE LA CONSTRUCTION DE KHATAM AL-OSIA
Créé sur les ordres de Khamenei en 2010 et lié au Ministère de la Défense, Khatam al-Osia est un groupement de cinq grandes compagnies de pétrole et de gaz. Essentiellement un cartel, ce groupement comprend un grand nombre d’entreprises qui usent de leur influence politique pour gagner des contrats gouvernementaux sans processus formel (c’est-à-dire, sans appel d’offres). Ils sous-traitent les travaux à des sociétés d’ingénierie, en dégageant d’importants bénéfices.
Le groupement réalise des projets de construction et pétroliers. Il a remplacé Shell et Repsol pour le développement du champ de South Pars.
Parmi les plus importants contrats de pétrole et de gaz attribués à Khatam al-Osia ces dernières années, on peut citer :
• développement des phases 15 et 16 de South Pars, pour environ 2 milliards de dollars ;
• développement des phases 22 à 24 des champs communs South Pars, pour environ 5 à 6 milliards de dollars ;
• développement de la troisième section du sixième gazoduc transfrontalier, pour environ 1,3 milliards de dollars ;
• développement de la première phase du septième gazoduc transfrontalier (le « gazoduc de la paix »), pour environ 1,3 milliards de dollars ;
• développement d’une usine de raffinage de gaz à Ilam, pour environ 120 millions de dollars ;
• oléoduc Neka-Jask, pour plus de 3 milliards de dollars ;
• construction de trois oléoducs dans les provinces de Khorasan, Kerman et Hormozgan, pour environ 850 millions de dollars ;
• développement des champs de gaz de Halgan et Baghoun, pour environ 1 milliard de dollars ;
• production de gaz naturel liquéfié pour environ 500 millions de dollars ;
• construction de pipelines pour méthane, éthylène et GNL, pour plus de 1 milliard de dollars en tout ;
• projet d’électrification de la ligne de chemin de fer entre Téhéran et Mashhad ;
• construction de la rocade de Ramsar Plage.
Khatam al-Osia a également repris les actifs de deux banques, dont :
• Arak Pars Wagon
• Engineering and Urban Development Holding
• Rail Holding
• Parsian Engineering Equipment Company

12. FONDATION COOPERATIVE DES FORCES DE SECURITE DE L’ÉTAT (NAJA)

La Fondation est liée aux forces de sécurité du régime iranien (NAJA), sans être sous le contrôle du Ministère de l’Intérieur. Aujourd’hui un des plus grands holdings d’Iran, la Fondation coopérative a été créée en 1997 mais a crû de manière fulgurante à partir de 2005. En 2014, les médias d’État estimaient les actifs de la Fondation à plus de 3,2 milliards de dollars. Ses affiliés comprennent :
Qavamin Bank, qui détient :
• Amin Naqsh Pardazan Construction
• Sayan Card
• Ofogh Qarn Development
• Yas Cultural, Education, and Sports Institute
• Mehregan Economic Group
Mehregan Investments (actionnaire de Sang Ahan Iron Ore Mining et Aloumorad)
NAJA Hope Insurance Fund (Bimeh Omid)
NAJA Science, Education and Recreation Institute
NAJA Consumer Goods Institute
Residential Cooperative and Investment Fund
Saving the Arts Institute (Naji-e Honar), société de production cinématographique
Rahgosha Institute (sous-traitant pour la police routière)
Paydar-e Qarn Building and Construction (possède 51 sociétés, dont Nirou Engineering and Construction, Amin Naji Sazan, Tehran Gostar Wire, Takestan Wire and Steel, Sabz Andishan Mass Producers, Paydar Faza Kar Qarn Building and Construction)
Tavan Pouya Capital, un holding commercial dont les filiales comprennent Najm & Chit Rey Stores, Naji Pars Co, et Shafaq Tavan Co
Holding industrielle et minière dont les filiales comprennent Naji Nashr (Rah-e Farda), Naji Poushesh, Zagros Noush Mehregan, Arsh-e Natanz Cement, Asia Cotton Weaving et Kish Bio-Implant
Holding pour les services
Holding pour les transports
Car Imports Co
Pardis Hotels Group, qui possèdes les hôtels Thamen al-Hojaj, Bakhtar, Sadr, Negin, Zomorrod, Parsa (à Mashhad), Boustan, Baghcheh, Bagh-e Pardis (à Téhéran), Molla Sadra (à Shiraz), Narges Ziba Kenar (à Rasht), Khezerabad Complex (à Sari) et Abadan Karvansara
Supermarchés Mega Mall, Hyper Me et Yas
Naji Research and Development Company (comprend Laleh Computers)
Ofoq Persian Gulf Energy Development
Mosque Development Office
Naji Qadr Company (comprend Marine Structures Engineering and Development Company)
Naji Travel (comprend les agences de voyage Tuka Tour et Gharb Asia Tours)
Pars Hotel Investments Company
Atr-e Gol-e Yas Producers and Distributors Cooperative (détient 10 sociétés, dont Yas Law Office)
13. FONDATION COOPERATIVE DE L’ARMEE (BTAJA)

Les entreprises économiques de cette coopérative comprennent :
Union de crédit des forces armées
Fonds coopératif et d’investissement de l’Armée
Constructeurs d’habitations de la Fondation coopérative de l’Armée
Fonds d’assurance de la Fondation coopérative de l’Armée
Fondation d’assurance Saba
Fonds d’investissement et de développement
Quartier général de la construction de Qaem
Espadana Industry Group of Factories (Esfahan)
UPVC portes et fenêtres en aluminium
Fabricants de fenêtres à double vitrage
Fabricants de portes en bois
Fabricants de façades en aluminium (composite)
Institut d’enseignement Azad
14. FONDATION COOPERATIVE DES CHEFS D’ETAT-MAJOR INTERARMEES (VDJA)

La Fondation détient de nombreuses entreprises. Selon son ancien président, « les ressources de la Coopérative VDJA ont augmenté de 31,5 millions de dollars en 2009 à 2,2 milliards de dollars en 2013. Sur cette même période, son budget a augmenté de 20,5 millions de dollars à 470 millions de dollars. »
Conclusion
La mainmise du Guide Suprême sur un réseau vaste et interconnecté de richesses et de puissance témoigne d’une économie iranienne trustée par un monopole sophistiqué. Faire des affaires avec l’Iran, c’est faire des affaires avec Khamenei et les Pasdaran. En même temps, les revenus importants générés par ce monopole facilitent et surtout financent le terrorisme, ainsi que l’intransigeance et l’aventurisme du régime dans la région.
Les faits et les chiffres énoncés ci-dessus montrent bien l’instabilité stratégique d’un régime incapable, suite à ces évolutions, de faire face aux demandes d’une population en croissance et de plus en plus jeune. Selon l’hebdomadaire britannique The Economist, « la population active de la République islamique devrait augmenter de 2,5% par an sur cinq ans d’ici 2020, représentant environ 3 millions de nouveaux demandeurs d’emploi. C’est un problème épineux surtout pour les jeunes et les femmes, dont le taux de chômage s’établit respectivement à 25,2% et 19,7%. » Ces chiffres sont basés en partie sur des estimations officielles extrêmement conservatrices.
La véritable situation est beaucoup plus « épineuse » que cela. Téhéran n’a pas réussi à créer le nombre d’emplois nécessaire malgré la levée de la plupart des sanctions en 2015.
En même temps, les possibilités de mise en œuvre de politiques économiques expansionnistes restent limitées, de sorte que le régime de Téhéran doit faire face à des contraintes importantes tout en essayant de relancer l’économie après la récession. En raison de prix de pétrole en chute libre, les engagements budgétaires ont été sabrés et la capacité de subvenir aux besoins en infrastructure compromise. Les incertitudes quant à la sécurité future se sont multipliées pour le régime en raison de réserves en devises amoindries.
Le taux d’inflation dérape, malgré quelques efforts mineurs pour arrêter la détérioration. Des taux d’inflation et de chômage durables et persistants sont à l’origine de dommages structurels profonds.
Cette situation économique catastrophique est surtout responsable d’une grogne sociale persistante, et constitue donc un facteur important d’instabilité pour le régime à l’intérieur du pays. Les jeunes et les femmes sans emploi, les nouveaux diplômés universitaires, les employés municipaux et beaucoup d’autres cherchent le minimum de subsistance. Cela a rendu le régime vulnérable, car les protestations sont en augmentation et pourraient aboutir à une crise massive, similaire aux soulèvements du printemps arabe à travers toute la région. Deux grands soulèvements en 2018 et 2019 témoignent de ce fait.
Désormais, les entreprises occidentales qui font ou sont prêtes à faire des affaires économiques ou financières avec l’Iran présentent leurs activités comme étant des opérations avec le « secteur privé ». C’est une affirmation creuse et sans fondement. Les données le montrent clairement : derrière les banques et les entreprises officielles se trouve une toile d’institutions contrôlées par la théocratie, et plus particulièrement par les Pasdaran.
En septembre 2015, par exemple, le groupe hôtelier français Accor a signé un contrat avec la société iranienne Aria Ziggurat pour la gestion de deux chaînes d’hôtels 4 et 5 étoiles des marques Ibis et Novotel. Aria Ziggurat est la filiale à 100% d’une société d’investissement dans le tourisme nommée SEMGA (Iran Cultural Heritage and Tourism Investment Group Co.). Il s’agit d’une des sociétés d’investissement détenues par les Pasdaran. Ce monopole extrême a suscité des vents arrières qui ont poussé l’aventurisme du régime à l’étranger tout en créant un sentiment de chaos dans les rangs même celui-ci.
D’un point de vue économique, ce phénomène n’a fait qu’augmenter le gâchis et le gaspillage des ressources économiques du pays, renforçant la récession, augmentant le chômage et amplifiant la pauvreté déjà largement répandue dans la population. Ces dérives sont le résultat de politiques qui ont privé la société de la propriété de ses richesses par la force. Comme il a été indiqué en référence à certains articles de la constitution du régime, toute forme de coexistence, de paix ou d’engagement entre les dirigeants d’Iran et la société iranienne dans son ensemble s’est érodée, laissant la place à une tension permanente entre les deux camps. De plus, la monopolisation elle-même crée d’énormes obstacles à la vraie croissance et au vrai développement économique en Iran. Autrement dit, le velayat-e faqih a accumulé sa richesse en privant le peuple iranien de la leur tout en violant ses droits. En ce faisant, le régime a donc éradiqué le soutien et l’appui social nécessaire pour la stabilité et la légitimité d’un gouvernement, rendant le régime de Téhéran encore plus vulnérable qu’auparavant. Au fur et à mesure que les revendications sociales s’étendent et s’approfondissent, la capacité du régime à y répondre semble s’amenuiser. Cela peut ouvrir la voie à une transformation sociale majeure, dans laquelle toute possibilité pour les dirigeants théocratiques de Téhéran de jouer un rôle serait très certainement exclue.
Comme il a été dit, les Pasdaran ont pillé les richesses du peuple iranien afin de financer le terrorisme. Le procès récent en Belgique du diplomate-terroriste iranien incarcéré, Assadollah Assadi, et de ses trois complices témoigne de la manière dont le régime se sert de l’argent du peuple iranien pour promouvoir le terrorisme à travers le monde.
De même, tandis que le peuple iranien est aux prises avec la pauvreté, l’agence de presse Reuters rapporte que les Pasdaran ont l’intention de dépenser 600 millions de dollars en Irak pour agrandir le sanctuaire sacré de l’Imam Hussein, le troisième imam chiite.
« Hassan Pelarak, un officier de haut grade de la Force Al-Qods, unité d’élite du Corps des Gardiens, avait récemment été frappé de sanctions par les États-Unis pour la contrebande d’armes. Il rendait visite à un projet de construction dirigé par une entreprise dont il est le propriétaire, avec d’autres membres du CGRI, par une Fondation liée au Guide Suprême de l’Iran. Cette fondation est également frappée de sanctions américaines, » écrit Reuters. Pour mettre fin au terrorisme du régime, il est essentiel d’éradiquer les ressources financières qui servent à le financer.
Le récit ci-dessus souligne encore une fois la nécessité d’adopter une politique ferme vis-à-vis de ce régime terroriste.
La communauté internationale doit maintenir et renforcer les sanctions contre le régime et reconnaître le CGRI en tant qu’organisation terroriste. Il est temps pour la communauté mondiale de demander des comptes au régime.
Comme l’a souvent répété la Résistance iranienne, exiger que le régime réponde de ses crimes et adopter une politique ferme à son encontre sont essentiels pour assurer la paix et la sécurité dans le monde.

Cliquez ici pour lire la première partie de «À l’intérieur de l’Armée de terreur et d’oppression iranienne: les gardiens de la révolution (CGRI)».

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