vendredi, décembre 3, 2021
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Iran : Appel à une mise en accusation de tous les responsables du gouvernement

Iran : Appel à une mise en accusation de tous les fonctionnaires du gouvernement

CNRI – Un groupe de mères militantes et de familles des prisonniers politiques et des martyrs qui ont perdu leurs vies au cours du soulèvement de 2009 après les élections truquées en Iran ont annoncé dans une lettre qu’ils allaient inculper tous les responsables du gouvernement pour leurs crimes.

Ces familles et mères qui sont connus comme les « mères du parc Laleh » ont, dans une lettre ouverte, appelé à la justice pour le massacre en 1988 des prisonniers politiques en Iran et à l’inculpation de tous les responsables du régime iranien.

Voici des extraits de leur lettre :
L’exécution massive des prisonniers politiques au cours de l’été 1988 en Iran est un massacre politique dans lequel les prisonniers qui avaient écopé et purgeaient des peines de prison ou avaient terminé leurs peines ont été exécutés par le « Comité de la mort » à la suite d’une fatwa ou décret [du Guide suprême du régime iranien de l’époque, Khomeini] et suite à un nouveau procès dans des tribunaux fermés et injustes alors que leurs familles n’étaient pas au courant de leurs exécutions. Près de 5000 de ces êtres humains qui étaient des Mojahed et des combattants ont été exécutés et enterrés secrètement dans des fosses communes à Khavaran, Behesht-e Zahra et dans quelques autres cimetières inconnus à Téhéran seulement.

En vertu du Statut du Tribunal international de Nuremberg, le massacre de 1988 prisonniers politiques en Iran peut être considéré comme « crime contre l’humanité» ou «génocide» et les responsables de la République islamique comme les auteurs et complices de ce crime odieux peuvent être trainés en justice dans les tribunaux internationaux, parce que plus de 30.000 prisonniers politiques, qui avaient déjà écopé de peines de prison, ont été massacrés dans le secret absolu et au cours d’exécutions massives planifiées et systématiques par les autorités du régime iranien après torture et viol et après de nouveaux procès secrets et injustes et accompagné d’un décret gouvernemental.

Le régime de la République islamique au cours des vingt-huit dernières années, est resté muet à propos de ce crime afin d’éviter la divulgation de ses secrets. Mais les mères et les familles des prisonniers politiques massacrés et d’autres militants en quête de justice en Iran et à l’étranger ont essayé durant toutes ces années de différentes façons de résister et de lutter contre ce silence pour tenir les fonctionnaires responsables et amener le gouvernement à réagir. Ces activités comprennent, mais ne se limitent pas à une série de manifestations et de sit-in devant le ministère de la Justice, rédaction de pétitions aux autorités judiciaires et à d’autres organismes officiels, aller à la tombe de leurs proches et à des entrevues et à la rédaction et à l’affichage de contenus révélateurs, à la participation aux cérémonies commémoratives à la maison et au cimetière Khavaran et aux rassemblements en Iran, ainsi qu’à la divulgation de ce crime à l’étranger via rédaction de mémoires, de livres, d’articles, d’int
erviews, aux cérémonies et aux monuments commémoratifs et la participation à diverses conférences et réunions, etc., qui n’ont pas permis à ce que la voix des populations iraniennes et leur cri de justice soient réduits au silence.

Suite à la publication du fichier audio de M. Montazeri [et sa discussion lors d’une réunion avec les fonctionnaires du « Comité de la mort » responsables du massacre de 1988], la question est devenue plus claire que jamais. Le point important sur cet enregistrement est la voix des membres du « Comité de la mort » avouant le massacre, et plus personne ne peut le nier. Ensuite, la fosse commune [des prisonniers politiques massacrés] dans Malek Abad à Machhad a été découverte et révélée. Et à présent l’on ne peut plus nier, ce crime et les meurtres et les fonctionnaires du régime ont commencé un à un à prendre position.

Mostafa Pour-Mohammadi, ministre de la justice au cabinet de Rohani, affirme de façon flagrante : « Nous sommes fiers d’avoir appliqué le commandement de Dieu à cet égard. »

Hashemi Rafsandjani considère le fichier audio comme insulte et une profanation à la mémoire de Khomeini et condamne sa divulgation. Il déclare : « J’exprime un regret extrême au sujet de la récente vague d’attaques lancée contre l’Imam [Khomeini] qui se poursuit dans presque tous les médias étrangers hostiles. Cela ternit et nuit à la position et à la respectable maison d’Imam d’Haj Ahmad [le fils de Khomeini] au sein de la société et elles ne devraient pas être autorisées à atteindre leurs objectifs. »

Hassan Khomeini [petit-fils de l’ayatollah Khomeini] affirme : « Les exécutions ont été nécessaires afin de maintenir la révolution islamique. » Les autres petits-fils de Khomeini ainsi que d’autres mollahs y compris Mousavi Tabrizi, Mousavi Bojnourdi, et Mohammad Ali Ansari se sont joints aux critiques de M. Montazeri et ont soutenu le massacre de 1988.

Ali Falahian, ancien ministre du Renseignement sous la présidence de Rafsandjani, en ce qui concerne le massacre déclare : « Le point de vue de l’Imam [Khomeini] et de tous les érudits religieux est que la peine pour ceux qui se rebellent contre la république islamique est l’exécution et il n’y a aucun doute à ce sujet. L’Imam a dit que le commandement de Dieu doit être appliqué et le jugement de l’histoire doit être ignoré. »

Ahmad Khatami : « Ce que le défunt Imam a fait en ce qui concerne [le] [massacre] de 1988 respectait les normes du Coran et de la jurisprudence religieuse et était un acte révolutionnaire. Ce fut un grand service rendu à la nation musulmane de l’Iran. »

Taj-Zadeh s’est exprimé à propos de la réconciliation et a déclaré : « Pardonne, mais ne n’oublie pas. »

Où et quand les responsables du régime ont-ils demandé pardon pour que lui (Taj-Zadeh) dise cela et parle de la réconciliation nationale ? Quelqu’un peut-il parler de réconciliation avec un gouvernement qui dans l’obscénité absolue considère les exécutions massives de prisonniers politiques en 1988 légitimes et justes et met en œuvre la politique d’élimination physique, la torture et l’emprisonnement ou de lourdes peines pour les militants politiques et de conscience dans ses tribunaux extrajudiciaires et met l’accent sur la poursuite de cette politique ? Taj-Zadeh affirme avec pragmatisme : « Je présente mes excuses aux familles des personnes exécutées dans cette catastrophe qui ne sont pas membres de l’OMPI. »

Cependant, en ces jours, Khamenei, Rohani, Khatami et d’autres responsables du régime et de la majorité des soi-disant réformateurs sont restés silencieux parce qu’ils ont directement ou indirectement participé à ce crime et ont été complices et ils savent que s’ils disent quoi que ce soit, ils seront plus exposés et déshonorés.

Pendant les exécutions de prisonniers politiques en 1988, Akbar Hashemi Rafsandjani, qui était vice-commandant en chef des forces armées à l’époque, a déclaré le 27 Juillet 1988 : « Ceci est une bonne occasion pour les détruire (l’OMPI) et se débarrasser d’eux ! »

Durant les premières années de la révolution, Hassan Rohani lors d’une prise de parole au parlement du régime en Juillet 1980 a déclaré : « Nous demandons à notre armée et à la Cour révolutionnaire de ne pas se précipiter en ce qui concerne le cas des conspirateurs et de faire un large éventail d’enquête pour retrouver leurs racines. Je demande que les conspirateurs soient pendus en public pendant la prière du vendredi afin d’avoir un plus grand impact. »

Nous, les mères du parc Laleh, qui faisons également le deuil de [nos martyrs] à la fosse de Khavaran, appelons à la mise en accusation de tous les fonctionnaires du régime iranien qui ont été complices et ont eu un rôle dans les meurtres des années 80 en particulier le massacre de 30.000 prisonniers politiques au cours de l’été 1988 en Iran. Nous exigeons la destitution, le procès devant les tribunaux et la punition de tous les criminels qui occupent des postes judiciaires et exécutifs les plus élevés ainsi que d’autorités en Iran. Notre patrie au cours des 37 dernières années a été envahie par des gens qui n’ont rien apporté que le mal et l’antagonisme de la liberté, de la justice et de l’égalité, et leur charia et lois civiles sont aussi extrêmement discriminatoires et contre la liberté. Ils n’ont aucun respect pour la vie et les idées humaines et le résultat de leur existence et de leur présence pour nous est la répression et la destruction de l’humanité. Ce sont eux qui ont détruit des milliers et des mi
lliers d’âmes éprises de liberté et de nobles pensées libres et dynamiques ; mais trop c’est trop et une solution doit être trouvée.

Nous ainsi que les mères et les familles de Khavaran (les mères et les familles des prisonniers politiques qui ont été massacrés en 1988 et secrètement enterrés dans des fosses communes au cimetière de Khavaran) voulons découvrir la vérité. Nous exigeons de savoir :

1) Quelle a été la méthode exacte et le processus de prise de décision et de la mise en œuvre des exécutions massives de prisonniers politiques et qui étaient les auteurs de ce violent massacre ?

2) Sur la base de quelle loi et pour quel crime, les prisonniers qui ont été condamnés à des peines de prison, ont été rejugés dans les tribunaux à huis clos et exécutés ?

3) Pourquoi le procès des prisonniers politiques a eu lieu derrière des portes closes ?

4) Pourquoi les familles des prisonniers politiques ont été maintenues dans l’obscurité absolue sur le sort de leurs proches près de cinq mois après leurs exécutions de la période où les réunions ont été interdites jusqu’à la remise des sacs contenant leurs effets personnels ?

5) Le nombre exact et les noms des prisonniers politiques qui ont été massacrés au cours de l’été 1988 doivent être dévoilés ;

6) Où et comment ont-ils enterré ceux qui ont été exécutés ?

7) Où sont les testaments de ceux qui ont été exécutés ?

8) Pourquoi les familles [des prisonniers politiques exécutés] n’ont pas le droit de tenir des cérémonies commémoratives librement ?

9) Pourquoi les portes du cimetière de Khavaran sont fermés et les forces de sécurité empêchent l’accès aux familles ?

10) Pourquoi Khavaran et d’autres cimetières anonymes ont été chambardés à plusieurs reprises ?

Nous remercions M. Ahmad Montazeri, d’avoir mis le fichier audio à la disposition du public et de l’avoir mis à la disposition des gens (bien qu’avec vingt-huit ans de retard), afin d’aider à la découverte la vérité. Nous appelons les responsables du régime à arrêter la pression et les contestations à son encontre.

Nous demandons également à M. Ahmad Montazeri et aux autres fonctionnaires, qui se démarquent du régime et affirment que les fonctionnaires de la République islamique sont des criminels et regrettent leur relation et association avec eux, d’aider les familles et ceux en quête de justice à découvrir la vérité et de leur fournir des informations et d’exposer le secret de la République islamique et la dissimulation de leurs crimes. Bien sûr, nous félicitons ces actions audacieuses qui vont dans l’intérêt général.

Le droit de connaître la vérité et d’obtenir justice est le droit le plus absolu et l’exigence des familles et de ceux qui sont en quête de justice et nous la suivons sans relâche.

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