vendredi, juin 5, 2020
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La crise du coronavirus en Iran : bilan exhaustif

La crise du coronavirus en Iran : bilan exhaustif

Nouveau rapport : La crise du coronavirus en Iran. Les causes de son apparition et de sa propagation : La dissimulation, la tromperie, l’incompétence et la corruption.
Par la rédaction

Introduction
Le coronavirus (COVID-19) a été détecté pour la première fois en Chine et enregistré dans le bureau local de l’Organisation mondiale de la santé dans ce pays le 31 décembre 2019. Cela a suscité de graves inquiétudes au niveau international quant à son apparition et sa propagation. Il semble que le virus ait été relativement contenu en Chine grâce aux mesures prises par le gouvernement. Aujourd’hui, l’Iran, contrôlé par les mollahs, est devenu l’épicentre mondial du virus.

Au moment où nous écrivons ces lignes, les habitants de 74 villes dans les 31 provinces d’Iran ont été infectés par le Coronavirus.

L’ampleur de la propagation du virus et le taux de mortalité en Iran sont dramatiquement plus importants et catastrophiques, au point où s’ils ne sont pas contenus, des centaines de milliers d’Iraniens seraient vulnérables à l’infection et à la mort en raison de l’incompétence du régime, du manque de ressources suffisantes pour faire face au virus et d’une élite dirigeante corrompue.

La crise ne se limite bien sûr pas à l’Iran. Pas moins de 15 autres pays sont confrontés au problème du fait que des Iraniens se rendent dans ces pays.

L’ampleur de la crise en Iran est bien plus grande que ce que les mollahs laissent croire

Plusieurs indicateurs montrent que l’ampleur réelle de la crise est bien plus importante que ce que les mollahs ont laissé croire jusqu’à présent.

En Italie, les deux premiers cas d’infection par le coronavirus ont été détectés 21 jours avant le premier décès ; en Corée du Sud, 29 jours ; et à Hong Kong, 13 jours. Mais en Iran, le tout premier rapport sur l’épidémie portait sur la mort de deux personnes infectées, sans aucun rapport sur la détection du virus.

Si l’on considère que la période de détection des signes visibles de la maladie est d’au moins 27 jours, et que selon des rapports non-officiels sporadiques, le premier décès a été constaté dans la ville de Qom au moins trois jours après l’hospitalisation du patient et que le décès a été annoncé avant les résultats des tests, il n’est pas surprenant que le système de santé et d’hygiène du pays ait été totalement pris au dépourvu.

Malgré le fait que les derniers chiffres annoncés par le ministère iranien de la Santé avant le 28 février faisaient état de 245 infections, l’Organisation mondiale de la santé a annoncé qu’à l’époque, au moins 97 personnes infectées en provenance d’Iran étaient entrées dans 11 autres pays. Plusieurs d’entre ces personnes avaient visité des villes iraniennes où aucune infection par le Coronavirus n’avait été signalée.

Selon les faits et chiffres officiels, le taux de mortalité en Iran n’est comparable à celui d’aucun autre pays du monde. Alors que dans les pires cas d’infection en Chine, le taux de mortalité dans les 8 à 10 premiers jours était d’environ 2 % et dans le pire des cas de 5 %, en Iran, le pourcentage a évidemment été beaucoup plus élevé. Par exemple, le 27 février, neuf jours après que le coronavirus a été détecté pour la première fois en Iran, le taux de mortalité était d’environ 12 % et le 28 février, d’environ 9 %. Le taux est tombé à 4 % le 4 mars, et à un peu plus de 3 % le 5 mars, révélant le fait que les chiffres officiels iraniens ne sont absolument pas fiables, et que l’ampleur de la crise était bien plus importante que ce que les mollahs ont dépeint.

Cimetière de Qom- Behesht Masoumeh

Le Dr Massoud Mardani, spécialiste des maladies infectieuses et membre du Comité national de la grippe, a déclaré au quotidien officiel Entekhab le 5 mars : « Le Coronavirus se répand à grande vitesse, étant donné qu’une personne contaminée peut en infecter quatre autres, nous estimons que 30 à 40 % de la population de Téhéran serait infectée par le virus en deux semaines. » Le dernier recensement de la population de Téhéran est de 12 à 13 millions d’habitants.

Massoud Pezeshkian, premier vice-président du Majlis (Parlement des mollahs), et ancien ministre de la Santé, a déclaré le 3 mars : « … Les chiffres (officiels) donnés ne sont pas réels, car il y a plusieurs patients qui ne présentent aucun symptôme. Nous trouvons 95 personnes et deux meurent, puis nous disons que 2 sont morts sur 100, alors qu’il se peut que seulement 2 % de 10.000 soient morts. » 

La dissimulation de la cause principale de la propagation du Coronavirus par le régime pour des raisons politiques

La raison principale de la propagation spectaculaire et rapide du Coronavirus en Iran est la dissimulation du régime iranien. Le régime théocratique a été informé de l’épidémie en Iran deux semaines avant le 11 février, date anniversaire de l’instauration du pouvoir théocratique. Compte tenu des nombreux vols effectués en Chine par la compagnie de voyage Mahan, qui est affilié au Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdaran), la probabilité que le virus se propage en Iran à partir de la Chine était certaine. Cependant, en raison de ses relations stratégiques avec la Chine, non seulement le régime a refusé d’annuler les vols vers ce pays, mais un grand nombre de citoyens chinois se sont rendus en Iran suite à l’apparition du virus dans leur propre pays. Bien que le régime ait annoncé que les vols vers la Chine seraient annulés, Mahan Air a continué ses voyages vers et en provenance de la Chine. La présence de centaines d’étudiants chinois engagés dans des études religieuses dans la ville de Qom a donné l’impulsion à la poursuite de ces vols. 

Le quotidien français Le Monde a cité un médecin de Téhéran qui a déclaré que dans les derniers jours du mois de janvier, deux personnes infectées par le coronavirus sont mortes. Malgré cette nouvelle, les mollahs ont insisté sur le fait qu’il n’y a aucun signe que le virus ait réussi à pénétrer en Iran. Cette dissimulation et ce mensonge flagrant sur ordre direct d’Ali Khamenei ont été orchestrés pour assurer la participation d’un grand nombre de personnes à la marche annuelle organisée par l’État pour marquer l’avènement du régime théocratique le 11 février ainsi qu’au simulacre d’élections législatives prévues pour le 21 février. Dans un aveu fait par inadvertance deux jours après l’élection, le ministre iranien de l’Intérieur, Abdolreza Rahmani Fazli, a reconnu cette réalité : « Certains avaient recommandé de retarder les élections, et insisté pour retarder les élections à Qom. Mais, en tant que responsable des élections, j’ai refusé d’approuver ces recommandations. »

Alors que la dissimulation et la diffusion d’informations fausses et trompeuses par le régime pendant plusieurs semaines ont conduit à la propagation du virus dans tout l’Iran et à son infiltration dans d’autres pays à partir de l’Iran, le Guide Suprême du régime, Ali Khamenei, a déclaré le 3 mars : « Cette maladie n’est pas grave ; nous avons vu des calamités plus désastreuses que celle-ci. » Pour lui, il s’agissait d’un « événement fugace » et non d’un « événement extraordinaire ». Khamenei a ajouté : « Nos responsables ont révélé des informations dès le premier jour avec enthousiasme, honnêteté et transparence, et ils ont informé la population. Mais d’autres pays où cette maladie est plus intense et plus répandue la dissimulent ».

Le 2 mars, le porte-parole du gouvernement d’Hassan Rohani, qui est également un sinistre tortionnaire et membre des pasdaran, Ali Rabii, a affirmé que le régime avait eu l’approche la plus transparente sur l’épidémie de coronavirus. 

Il y a dix jours, Rohani affirmait que le problème du virus serait réglé d’ici le samedi 29 février. Mais, le 4 mars, après des semaines de mensonges et d’annulation de tous les voyages à l’étranger par les institutions de l’Etat, il a déclaré : « Cette maladie s’est largement répandue dans presque toutes nos provinces … Dès le premier jour, dès que nous avons soupçonné que le virus était entré dans le pays, nous avons immédiatement demandé au ministère de la Santé d’informer la population sur les chiffres et les informations pertinentes. Nous leur avons dit de ne rien cacher à la population. »

Un membre du parlement du régime théocratique, Bahram Parsai, a déclaré : « La réalité va au-delà des statistiques (officielles)… et si la communauté internationale ne vole pas au secours de nos médecins et de notre personnel médical dévoué, nous serons tous perdants. »

Le quotidien Ressalat, affilié à la faction Khamenei, a écrit : « Nous ne pouvons pas nous contenter de donner de fausses assurances et de nier l’existence d’une épidémie virale jusqu’au 19 février (deux jours avant l’élection du régime), puis nous mettre soudain à battre le tambour en disant à quel point le Coronavirus est dangereux et la possibilité qu’il se propage dans le pays seulement le lendemain. » 

Le 2 mars, l’éditorial d’un quotidien officiel a déclaré : « Ce qui rend chacune de ces crises plus critique et plus catastrophique est la perte de confiance de la population. »

La situation est si grave qu’après un long retard, le mercredi 4 mars, les mollahs ont été contraints de déclarer l’état d’urgence dans la province de Khorasan Razavi, annulant les congrégations de prière du vendredi, tous les rassemblements et fermant les institutions étatiques, les écoles et les universités. De peur que le virus ne se propage à d’autres régions du pays, les sermons religieux des mollahs et même les cours de religion fictifs de Khamenei ont été annulés. Les rassemblements internationaux et les expositions ont également été annulés. 

Minimiser les pertes humaines

Comme la dissimulation et la tromperie sont inscrites dans l’ADN du régime, les mollahs ont évité de donner des statistiques et des chiffres réels sur le nombre de personnes infectées et mortes. Ironiquement, lors de la conférence de presse du vice-ministre de la santé de Rohani, qui se tenait aux côtés du porte-parole du cabinet de Rohani, Ali Rabii, au sujet du Coronavirus, le vice-ministre de la santé souffrait clairement des symptômes du virus et a été immédiatement hospitalisé.

Selon les derniers chiffres fournis par le ministère iranien de la Santé jusqu’au 5 mars, le virus a tué au moins 107 personnes parmi les 3513 cas confirmés. Mais les chiffres réels sont bien plus élevés.

La situation est si critique à cet égard que selon les chiffres annoncés par l’agence de presse officielle, IRNA, jusqu’à 23h30 heure locale le 4 mars, au moins 126 personnes avaient perdu la vie à cause de l’infection. Ce chiffre ne tient pas compte des personnes qui sont mortes dans les provinces de Gilan, Mazandaran et Téhéran, qui sont les principaux épicentres épidémiques en Iran. Elles étaient marquées « non spécifiées » dans le tableau de l’IRNA. L’IRNA cite comme source les statistiques des écoles de médecine des provinces. 

Cependant, les chiffres réels sont étonnamment plus élevés. Selon les derniers chiffres du principal mouvement d’opposition, l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), basés sur des informations provenant de ses sources dans les hôpitaux du pays, le nombre réel de décès dans 74 villes dépassait 1 500 au 5 mars.

Des dizaines de messages, de rapports et d’appels provenant de certaines régions d’Iran ont indiqué que le nombre réel était beaucoup plus élevé dans tout le pays.

Le nombre de victimes à Qom a dépassé les 400, et à Gilan, au moins 154 sont décédées.

Le nombre de victimes à Qom a dépassé 400, et à Gilan, au moins 154 personnes sont mortes. L’ampleur de la catastrophe est telle que le député Abdolkarim Hosseinzadeh a fait cet aveu : « L’amoncellement de cadavres à Qom et l’impuissance des habitants de Racht sont la preuve de l’incapacité à informer et à alerter la population de l’apparition du virus en temps voulu. » Dans la province du Golestan, 70 personnes seraient mortes du virus ces derniers jours. A Kermanchah, un gardien de cimetière dit que 85 victimes du Coronavirus ont été enterrées dans le cimetière. Le cimetière de Ferdows à Kermanchah est sous le contrôle des pasdaran et des Basij, et les corps sont enterrés la nuit.

L’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) a annoncé qu’au cours des dernières 24 heures, au moins 200 personnes supplémentaires ont perdu la vie à cause du Coronavirus à Téhéran, Qom, Racht, Machhad, Kashan, Ramsar, Sorkhe-Hesar, Yazd, Zanjan, Gorgan, Gonbad, Orurmieh, Tabriz, Maragheh, Damavand, Dorcheh, Rudsar et Qazvin. 

Parmi les autres villes où des personnes sont décédées des suites d’une infection au Coronavirus, on peut citer Ardebil, Khorramdareh, Saqqez, Baneh, Azadshahr, Gonbad, Chaypareh, Urmia, Ilam, Samaleh, Salehshahr, Mahshahr, Ahvaz, Andimeshk, Sarbandar, Tabriz, Bonab, Saveh, Zarand, Qods, Najafabad, Homayounshahr, Kiashahr, Amlash, Siahkal, Yasuj, Malayer, Hamedan, Neyshabur, Kashmar, Eslamabad-e-Gharb, Nowshahr, Sorkheh Hesar, Semnan, Shahroud, Yazd, Buin Zahra, Takestan et Bandar Abbas.

Nahid Khodakarami, chef de la Commission de santé du Conseil municipal de Téhéran, a déclaré le 29 février : « Environ 10 000 à 15 000 personnes ont été infectées. »

Le 28 février, un expert médical de l’université de Beheshti a déclaré : « Au moins 50.000 à 100.000 personnes ont été infectées. Bien sûr, ma propre estimation est beaucoup plus élevée que cela. »

Le 2 mars, Qassem Janbabai, le ministre adjoint de la santé du régime, a été admis à la chaîne de télévision officielle Channel 2 : « Nous avons près de 12 000 personnes hospitalisées pendant cette période. … Moins de 20 % des personnes infectées se rendent à l’hôpital et 80 % ont des symptômes si minimes qu’elles peuvent être complètement traitées à domicile. » En d’autres termes, il a admis qu’au moins 60 000 personnes à travers le pays ont été infectées par le virus.

Le député de Racht au Mollahs a décrit la situation catastrophique dans la province de Gilan et a déclaré que la statistique officielle de 40 décès en Iran s’apparente à une triste plaisanterie, ajoutant : « Je veux que la presse couvre davantage la situation à Gilan car les conditions sont bien pires qu’à Qom et dans d’autres régions d’Iran. »

Un spécialiste des maladies infectieuses qui travaille pour l’armée du régime à l’hôpital Hajar à Téhéran a déclaré : « Actuellement, plus de 100 000 personnes ont été infectées. Je dis avec la certitude qu’une personne sur dix serait testée positive. C’est une catastrophe à laquelle le gouvernement ne peut pas faire face.

La dissimulation criminelle et la diffusion d’informations fausses et trompeuses par le régime ont non seulement conduit à l’explosion généralisée de la maladie en Iran, mais cela a également causé des problèmes à de nombreux autres pays. Le 4 mars, le Washington Post a écrit dans son éditorial « La réaction de l’Iran (du régime) au coronavirus est devenue un danger pour le monde. » Le New York Times a déclaré le 3 mars : « Mais au lieu de recevoir l’aide du gouvernement, des médecins et des infirmières débordés disent qu’ils ont été avertis par les forces de sécurité de se taire. … Et certains officiels disent … [confirmant l’ampleur de la catastrophe] sera considéré comme un échec que les ennemis exploiteront. … Les autorités semblent aussi plus préoccupées par le contrôle de l’information que par le contrôle du virus, selon des entretiens téléphoniques et des SMS avec plus d’une demi-douzaine de travailleurs médicaux iraniens. » 

Empêcher la diffusion des chiffres réels sur les décès

Le régime théocratique a fait feu de tous bois pour empêcher la diffusion des nouvelles concernant l’ampleur réelle de la crise en Iran et, en tant que tel, en a fait une question de sécurité.

En plus du ministère du Renseignement et de la sécurité (VEVAK), l’Organisation du renseignement des pasdaran travaille activement à empêcher la diffusion des vraies informations.

D’après des informations spécifiques, les principaux membres du Quartier général de la lutte contre le Coronavirus sont des responsables du VEVAK, de l’Organisation du renseignement des pasdaran et du système judiciaire.

Les commandants de l’Organisation du renseignement des pasdaran dans chaque province se rendent au quartier général de l’hygiène et du traitement de la province afin d’empêcher la diffusion des informations authentiques.

Les pasdaran, l’Organisation de renseignement des pasdaran et le ministère du Renseignement (VEVAK) ont été chargés de menacer les familles des victimes de se taire afin de dissimuler le nombre réel de décès. Le centre de commandement des pasdaran a ordonné à toutes les divisions et à tous les quartiers généraux des pasdaran en province d’être présents dans les hôpitaux et les centres médicaux et de santé pour contrôler les rapports sur le nombre de personnes infectées ou tuées par le virus. Dans de nombreuses villes, l’arrêt cardiaque est spécifié dans les certificats de décès. Les familles subissent des pressions pour ne pas révéler la cause du décès.

Cette réalité se reflète même dans certains rapports des médias officiels.

Le 29 février, le quotidien officiel Ressalat a écrit : « En ce qui concerne le nombre d’infirmières infectées, nous ne pouvons pas publier de chiffres. Les statistiques sont entièrement liées à la sécurité et ne peuvent être révélées. Même les directeurs d’hôpitaux ne connaissent pas le nombre de victimes du coronavirus. Même si une victime se rend à l’hôpital, les statistiques ne sont pas communiquées au responsable de l’hôpital. Il existe une chaîne privée spéciale et personne d’autre que les responsables du ministère de la Santé ne connaît les chiffres. »

Nahid Khodakarami, chef de la Commission de la santé du conseil municipal de Téhéran, a déclaré le 1er mars : « Hier, j’ai dit qu’à Téhéran, il est possible que 10 000 personnes aient été infectées par le Coronavirus. L’unité de Renseignement des pasdaran m’a appelé et s’est plainte. Ils m’ont demandé ‘pourquoi vous aviez fourni ce chiffre’. J’ai dit, monsieur, pendant combien de temps allez-vous dissimuler cela ? Ces chiffres font l’objet de discussions dans la société et le fait que je le dise apaise la situation. Soyons transparents avec les gens. Nous ne devrions pas faire de ces décès une question de sécurité. Vous n’avez pas besoin de m’appeler pour me demander pourquoi je divulgue certains chiffres. J’ai simplement fourni un avis d’expert. Le responsable du Renseignement des pasdaran m’a dit que je devrais soumettre l’affaire au ministère de la Santé. J’ai dit que nous devrions faire pression sur le ministère de la Santé pour qu’il soit plus transparent et qu’il s’exprime ouvertement et dise les faits
à la population, sinon notre réputation dans le monde serait érodée. »

Le chef de l’hôpital de Yaftabad à Téhéran a déclaré le 1er mars : « Notre principal problème dans cette crise est que nous n’avons pas transmis les bonnes informations aux gens et que nous n’avons pas les bonnes informations. En traitant tout comme une question de politique et de sécurité, nous mettons en danger la santé des gens. Il en a toujours été ainsi. »

Le régime a même menacé d’emprisonner les personnes qui donnent des informations sur l’ampleur réelle de la crise. Hassan Nowrouzi, président de la Commission des affaires juridiques du Majlis, a déclaré le 26 février que ceux qui « diffusent de fausses informations concernant le Coronavirus » seront condamnés à des peines d’un à trois ans de prison et de coups de fouet.

Qom : L’épicentre

Suite à l’identification de cas de coronavirus dans la ville de Qom, les responsables du régime ont refusé de mettre la ville en quarantaine ou d’arrêter les visites des sanctuaires de la ville, ce qui aurait été la meilleure approche pour prévenir la propagation du virus. Le refus du régime de mettre la ville en quarantaine a entraîné des milliers d’infections. Dans le même temps, de nombreuses autres personnes infectées sont retournées dans d’autres villes d’Iran et en ont infecté d’autres. 

Le diagramme ci-joint montre le schéma de propagation du Coronavirus à travers l’Iran à partir de Qom

 

Clip vidéo montrant la situation critique de la morgue de Qom, largement diffusé sur les médias sociaux le 3 mars

Le chef d’un hôpital de Yaftabad à Téhéran a déclaré le 1er mars 2020 : « Si nous avions limité les déplacements des personnes à Qom puisque l’épicentre de la maladie se trouve à Qom, la propagation n’aurait pas été aussi importante. Si vous regardez la carte, vous verrez que la maladie s’est répandue dans les provinces voisines à partir de Qom. … Les (responsables) disent qu’ils ont évité la mise en quarantaine de Qom pour des raisons économiques. Alors que les dommages causés par ce virus sont mille fois plus importants. Si l’on considère les calculs économiques, les dommages seront catastrophiques. En fait, notre erreur a été que lorsque nous avons découvert que la contamination se trouvait dans la ville de Qom, nous aurions dû mettre les gens en quarantaine et empêcher sa propagation. Si nous l’avions fait, le virus ne se serait pas propagé. Le Dr Abrazadeh (l’adjoint du Dr Mohammad Reza Qadir, directeur de l’université des sciences médicales de Qoma) avait ordonné la fermeture du sanctuaire mais plusieurs personnes ont refusé de fermer le sanctuaire de Masoumeh en invoquant des raisons religieuses. »

Nahid Khodakarami, chef de la Commission de la santé du conseil municipal de Téhéran, a déclaré le 1er mars : « Il y a deux semaines, j’ai dit au Dr Iraj Harirchi et même au Dr Nobakht (chef de la commission de la santé du parlement) que Qom devait être mise en quarantaine, mais ils n’ont pas écouté. Des restrictions doivent être imposées à Qom. Maintenant, le pays tout entier a été infecté. Même dans une petite ville comme Khansar, trois personnes ont été testées positives pour le Coronavirus. Toutes les trois y étaient allées depuis Qom. Hier, trois personnes ont fait le voyage de Qom à Téhéran et toutes sont mortes. Si nous n’avions pas donné la priorité aux préoccupations des religieux, nous aurions été dans une bien meilleure situation. »

Un responsable du groupe d’experts des facteurs sociaux ayant un impact sur la santé à l’université de Beheshti a déclaré le 28 février : « Presque tous les cas dans le pays ont été causés par Qom. Par conséquent, notre plus grande erreur a été de ne pas contrôler la source. »

Massoud Pezeshkian, le 3 mars : « Nous aurions dû mettre Qom en quarantaine dès le premier jour. … Cette maladie n’est pas une blague, c’est ainsi que nous la traitons. Actuellement, les hôpitaux débordent et il n’y a pas de place pour d’autres patients, et cela va s’aggraver au fil des jours. L’économie et tout seront ruinés, ce n’est pas une plaisanterie. Que se serait-il passé s’ils avaient fermé le pays pendant 15 jours ? (en référence à la première épidémie dans la ville de Qom). Si nous l’avions fait le premier jour, elle ne se serait pas étendue à l’ensemble du pays. …. »

Malgré les appels à la mise en quarantaine de la ville de Qom, les affiliés de Khamenei s’y sont opposés et cela n’a pas permis la fermeture du sanctuaire de Massumeh, qui est l’un des lieux sacrés les plus respectés en Iran. Mohammad Saeedi, représentant de Khamenei à Qom, a déclaré le 22 février que l’« ennemi » a l’intention de montrer que Qom n’est pas sûre et de se venger, mais « il ne réussira jamais ». Le lendemain, Ali Akbar Hosseini-Nejad, conseiller de Saidi, a déclaré que la fermeture du sanctuaire enverrait un « message amer » et que « ce genre de décisions doit être pris par le régime ». Malgré l’aggravation de la crise du Coronavirus dans tout le pays, Saidi a déclaré le 26 février : « Nous considérons le sanctuaire comme une « Maison de la guérison » et il doit rester ouvert et les gens doivent visiter le temple fort. »

Incompétence dans la gestion de la crise

Le régime a été totalement incapable de contrôler ou d’arrêter la propagation de cette maladie. De nombreux médecins ne disposent pas de désinfectants ou de masques pour leur propre usage. Cela a entraîné des infections chez un nombre important de médecins, d’infirmières et de travailleurs médicaux dans différentes villes. Cela a créé une pénurie de personnel médical, ce qui signifie que les personnes infectées ne reçoivent pas les soins médicaux appropriés. 

Le manque de ressources et d’équipements médicaux a aggravé l’incapacité du régime à faire face à la situation. Par exemple, alors qu’il devrait y avoir deux infirmières pour chaque patient en soins d’urgence, il y a actuellement une infirmière pour quatre lits, et elles souffrent d’un manque de ressources suffisantes pour traiter les malades. À l’hôpital de Yaftabad, à Téhéran, qui souffre d’un manque de ressources médicales suffisantes, de nombreuses personnes infectées ont été libérées. L’hôpital ne dispose que de quelques moyens pour fournir des chambres et des lits pour les quarantaines. Ils n’ont même pas de kits de test. L’un des médecins travaillant dans cet hôpital a déclaré qu’au moins 20 personnes sont mortes en une journée.

L’un des médecins de l’hôpital de Firouzgar a déclaré le 25 février que quatre membres du département scientifique de l’hôpital ont été testés positifs au Coronavirus.

Selon un rapport confidentiel, l’un des hauts fonctionnaires de la province du Golestan a déclaré le 4 mars : « Jusqu’à présent, 46 personnes sont mortes dans la province. Depuis le dimanche 28 février, le nombre de patients est en augmentation et quelque 100 à 130 personnes sont hospitalisées. Par exemple, nous avons hospitalisé 141 personnes dans notre province. Au fil des jours, je sens que la situation devient de plus en plus critique et que les cas respiratoires sont en augmentation. Un problème majeur est qu’il n’y a presque pas de lits d’IC disponibles dans toute la province. L’autre problème majeur est celui des masques de protection pour le personnel médical, connus sous le nom de masque L95. C’est une grave pénurie à laquelle nous sommes confrontés chaque jour. Cette maladie augmente chaque jour dans la province et elle va s’aggraver à partir de demain. Nous pensions que la vague allait s’inverser à partir de samedi ou dimanche, mais j’ai noté une augmentation à partir de lundi. Le nombre de nos patients augmente chaque jour à un rythme exponentiel. »

Le 29 février, le député de la ville de Racht a déclaré que les gens meurent dans les villages, qu’ils sont enterrés et qu’il n’y a pas de médecins. Il a ajouté qu’il y a de nombreuses maisons à Racht dans lesquelles des personnes infectées sont mises en quarantaine. Il a également déclaré : « Tous mes proches sont également chez eux et infectés. »

Un membre des pasdaran à Téhéran a déclaré le 26 février : La République islamique exploite toujours les crises et blâme les ennemis présumés du peuple. En fin de compte, malgré les dommages et les pertes, elle refuse d’accepter toute responsabilité pour les problèmes. 

L’IRGC et l’apparition et la propagation du virus en Iran

Beaucoup en Iran considèrent l’IRGC comme la source de l’épidémie de coronavirus en Iran.

Le 26 février, l’un des commandants de l’IRGC à Téhéran a écrit dans un rapport confidentiel que s’il y a des désaccords sur la manière dont le virus est entré en Iran, ce qui est certain, c’est que l’IRGC est blâmé pour cela. En effet, Mahan Air est une compagnie de services spéciaux de l’IRGC qui a poursuivi ses opérations avec la Chine. De plus, certains médias ont rapporté que le virus est entré en Iran par l’intermédiaire d’étudiants islamiques chinois à Qom. Il a été dit que plus de 700 étudiants religieux chinois sont entrés à Qom avec le soutien de l’IRGC et étudient dans la communauté d’al-Mostafa.

Le rôle de Mahan Air est assez unique. Bien qu’elle se présente comme une entreprise privée, elle est en pratique contrôlée par l’IRGC. Mahan Air et un certain nombre de ses directeurs ont été placés sur les listes de sanctions américaines et en tant que terroristes mondiaux spécialement désignés (SGDT)

Dans un rapport d’enquête d’octobre 2017, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a révélé que Mahan Air est un bras exécutif de la force extraterritoriale Qods affiliée aux pasdaran et que ses principaux directeurs ont été nommés par Qassem Soleimani, l’ancien commandant de la force Qods qui a été éliminé par les États-Unis en janvier 2020. Le PDG de la société, Mohsen Arabnejad, qui comme Soleimani est né à Kerman, était sous le commandement de Soleimani au sein de pasdaran depuis la guerre Iran-Irak des années 1980. Il a été nommé PDG de Mahan Air par Soleimani après la création de la compagnie.

Mahan Air a des vols réguliers vers les villes chinoises de Pékin, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen. Depuis l’identification du coronavirus et des menaces en Chine, jusqu’à la date de préparation de ce rapport, Mahan Air a coordonné au moins 55 vols vers la Chine. En effet, même après que le régime a officiellement interdit les vols vers la Chine, Mahan Air a continué ses vols, y compris le 5 mars vers Shanghai.

Malgré les efforts du régime pour justifier les vols limités vers la Chine en prétendant qu’ils transportent de l’aide humanitaire, les enquêtes montrent que les vols vers la Chine durant cette période ont été effectués par des avions de passagers de Mahan plutôt que par des avions cargo. Ces vols ont été effectués au départ de Téhéran vers de multiples destinations en plus de la Chine et aucun d’entre eux n’était un avion de passagers.

Alors que presque toutes les compagnies aériennes ont arrêté leurs vols vers la Chine ou les ont drastiquement limités, il semble que les avions de Mahan volant vers la Chine sont également utilisés pour d’autres destinations, ce qui permet une plus large diffusion du virus.

 

Accumulation d’outils et d’équipements médicaux, rôle des pasdaran et de Setad Mise en œuvre de l’ordonnance de l’imam (alias Setad)

Le marché de l’achat et de la vente de matériel médical est monopolisé par les pasdaran et les puissances économiques contrôlées par le bureau de Khamenei. Lorsque les premiers rapports sur l’épidémie de Coronavirus en Iran sont apparus, les pasdaran ont commencé à accumuler et à contrôler la vente et la distribution gouvernementales de matériel médical à d’autres pays. Sur les quelque 52 millions de masques achetés, une partie a été envoyée en Chine à titre de cadeau, une autre partie a été envoyée en Irak pour les milices du Front de mobilisation populaire, et le reste a été vendu sur le marché à un prix beaucoup plus élevé.

Des kits de détection standard du virus ont été distribués aux responsables du régime à l’Institut Pasteur et à l’hôpital Khomeiny, tandis que des kits non standard fabriqués localement sont vendus aux citoyens moyens à un prix dix fois supérieur au prix normal (700 000 tomans au lieu de 70 000 tomans).

Le 29 février, selon l’agence de presse Fars, affiliée aux pasdaran, le ministre iranien de la Santé, Saeed Namaki, a déclaré dans une lettre à Rohani : « J’ai prédit la probabilité de l’entrée du coronavirus dans le pays dans une lettre adressée aux douanes iraniennes et j’ai demandé que l’exportation de masques soit interdite jusqu’à nouvel ordre. J’ai demandé à mes collègues d’acheter des produits nationaux à un prix rationnel et de les stocker en prévision du pire des scénarios. Malheureusement, malgré de nombreux suivis, un petit nombre de produits a été acheté et le reste des produits du pays est entré sur le marché noir. Malheureusement, après environ 10 jours, seul un million de masques ont été fournis et je ne sais pas où le reste a été stocké. Mes collègues sont obligés de travailler quotidiennement pour se référer à différents marchés et jouer le rôle d’intermédiaires pour acheter ces produits à des prix astronomiques aux contrebandiers. Sur quelle base ce réseau opportuniste et déraisonnable ose-t
-il s’opposer à la population et aux autorités et se contenter de déclarer qu’il peut fournir 200 000 000 de masques en 24 heures sur tel ou tel marché à tel ou tel prix ? »

Selon les analystes, il faisait mention à la SETAD (un conglomérat financier sous la supervision du Guide Suprême). Cet organisme financier fait office de caisse personnelle de Khamenei. C’est l’une des plus grandes puissances économiques de l’Iran dont les actifs ont été estimés à 95 milliards de dollars en 2013. Elle s’est immiscée dans le secteur pharmaceutique en Iran ces dernières années. La SETAD est sur la liste des sanctions américaines.

Le chef de la SETAD, Mohammad Mokhber, a déclaré le 27 février qu’il avait été signé un contrat pour la production de 50 millions de masques médicaux et que le premier lot serait bientôt distribué à Téhéran. Des informations ultérieures ont indiqué que les masques ont été importés, au moment même où les responsables du ministère de la Santé ont annoncé qu’ils n’avaient pas besoin d’en importer. 

Le directeur des relations publiques de la SETAD, Hojat Niki-Molki, a déclaré le 2 mars au journal Jam-e Jam que les masques avaient été achetés dans un pays européen et que 17 millions de personnes étaient entrées dans le pays dimanche soir et seront livrées au ministère de la Santé.

Un masque standard dans l’UE coûte environ 20 à 40 cents dans les points de vente au détail. Les médias iraniens locaux ont rapporté que les masques se vendaient entre 1,5 et 2 dollars américains sur le marché de Téhéran. 

Impact sur les responsables même du régime

Au moins 23 membres du Majlis, soit 8 % des députés, ont contracté le Coronavirus. Le vice-ministre de la santé Iraj Harirchi, responsable de la lutte contre le Coronavirus, le conseiller du chef du pouvoir judiciaire Mostafa Pourmohammadi, qui était également ministre de la justice pendant le premier mandat de Rohani, le président de la Commission parlementaire de la sécurité et des affaires étrangères Mojtaba Zolnour, et le vice-président Masoumeh Ebtekar, qui était également le porte-parole des étudiants « partisans de l’Imam » du régime lors de la prise d’ambassade américaine et de la prise d’otages de 1979, font partie de ceux qui ont été infectés par le virus. Plusieurs hauts responsables du régime, dont un membre du Conseil de discernement, Seyyed Mohammad Mirmohammadi, l’ancien ambassadeur du régime au Vatican, Hadi Khosroshahi, un membre du Majlis nouvellement nommé, Mohammad Ali Raemzanzadeh, membre de la fédération de natation et de water-polo Javad Karimi, chef du séminaire religieux de Mojtahedi et membre du conseil suprême des séminaires religieux de la province de Téhéran ; le mollah Habibi, ancien chef de l’Organisation de l’enregistrement des actes et des propriétés et conseiller du chef du pouvoir judiciaire Ebrahim Raïssi, Ahmad Toyserkani, et Hossein Sheikh ol-Islam, ancien vice-ministre des affaires étrangères.

En raison d’un manque de quarantaines et de contrôle de la source de la maladie, Qom est devenue le centre de l’épidémie, ce qui a entraîné l’infection et la mort de plusieurs responsables du régime. L’unité idéologico-politique des pasdaran a mis en place une session d’éducation pour les commandants de l’IRGC à Qom qui ont infecté d’autres provinces et l’IRGC lui-même. Ebrahim Alizadeh, membre des pasdaran, qui était allé à Qom pour une semaine de cours d’idéologie, a été infecté et est alité chez lui. En outre, d’autres membres des pasdaran qui sont revenus de Qom sont mis en quarantaine chez eux et n’iront pas travailler pendant au moins deux semaines. Dans la province d’Ardebil, dans un véhicule utilisé par les commandants des pasdaran qui sont revenus, cinq ont été définitivement infectés et mis en quarantaine. Un des membres des pasdaran s’est évanoui à l’aéroport d’Ardebil à cause d’une infection au Coronavirus. Parmi les autres commandants des pasdaran, le brigadier général Farhang Mostaed Hesari, commandant adjoint des pasdaran dans la province, et Jalil Babazadeh sont mis en quarantaine.

L’Iran, source de propagation du coronavirus :

La crise actuelle du COVID-19 en Iran ne se limite pas au peuple iranien, et l’Iran est devenu l’épicentre de la propagation du virus à d’autres pays du monde, notamment le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Liban, l’Irak, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, Oman, le Bahreïn, la Géorgie, le Pakistan, l’Afghanistan et le Koweït.

Le 28 février, les autorités de l’État du Queensland en Australie ont déclaré qu’une femme de 63 ans, récemment arrivée en Iran, avait été diagnostiquée porteuse de la COVID-19.

Dans le même ordre d’idées, selon les autorités néo-zélandaises, la première personne chez qui le coronavirus a été diagnostiqué venait d’Iran.

Les médias publics du régime iranien ont également écrit le 1er mars : « Les responsables canadiens ont déclaré la semaine dernière que sept de leurs citoyens revenant d’Iran avaient été diagnostiqués positifs avec le Coronavirus. »

 

Les coronavirus dans les prisons iraniennes

Le coronavirus se propage dans la prison du Grand Téhéran, à Rajaii-Shahr (Gohardasht-Karaj), dans la prison centrale de Karaj, dans les prisons de Qezel Hesar, Urmia, Sheiban et Kashan. En raison de la surpopulation, les détenus dorment à même le sol dans les couloirs et même à proximité des installations sanitaires. 

Ils sont privés de masques sanitaires et même de désinfectants. Dans certaines prisons, dont celle de Qezel Hesar, même de simples détergents ou du savon ne sont pas disponibles. Certains prisonniers de la prison centrale de Karaj n’ont pas de cellules et passent leur temps dans la cour de la prison. Le manque d’hygiène est aggravé par le fait que les prisonniers politiques et ordinaires, y compris les toxicomanes, sont maintenus ensemble. Cette situation a accéléré la propagation du coronavirus.

Prison du Grand Téhéran

La 5e brigade de la prison du Grand Téhéran est affectée aux personnes arrêtées en novembre 2019. Il s’agit de jeunes qui ont protesté contre la hausse des prix du carburant et la pauvreté.

Plusieurs d’entre eux sont déjà infectés par le coronavirus. Au soir du dimanche 1er mars, plus de 40 détenus de la 5e brigade ont été mis en quarantaine à l’hôpital pour cause d’infection. Par hostilité envers les prisonniers, le système judiciaire du régime n’accepte toujours pas de congé temporaire, ce qui met en danger tous les prisonniers avec la possibilité d’une infection à grande échelle.

Amir Hossein Moradi, 25 ans, qui a été condamné à mort pour avoir participé au soulèvement de novembre 2019, a contracté un coronavirus dans le pavillon 2 de la prison de Fashfouyeh à Téhéran. Le pavillon n’a pas été désinfecté et il n’y a pas de matériel et de produits médicaux pour les prisonniers. Moradi a été transféré à l’hôpital Khomeiny après avoir contracté le virus, mais a été renvoyé en prison samedi. Il a été emmené dans un lieu inconnu. Il souffre également de paralysie et son système immunitaire est gravement affaibli. Ses compagnons de cellule ont tous été mis en quarantaine.

Moradi a un diplôme en informatique et, avant son arrestation, il vendait des téléphones portables, des ordinateurs et des logiciels à Téhéran.

Le vendredi 28 février, Amnesty International a appelé à une action urgente pour sauver la vie de trois manifestants qui ont pris part aux soulèvements de novembre, Amir Hossein Moradi, Saeed Tamjidi et Mohammad Rajabi. L’organisation a ajouté que ces trois personnes avaient été jugées lors d’un procès inique et avaient été torturées.

Prison d’Evin

Des détenus infectés par le coronavirus ont été vus dans les salles 4, 7 et 8. Cela a entraîné l’annulation des activités en dehors du quartier qui a été placé en quarantaine. On ignore si un plusieurs prisonniers politiques et des prisonniers d’opinion sont détenus dans cette prison.

Prison centrale d’Orumieh

Au moins un détenu du nom de Fariq Mohammadi, 47 ans, est mort à cause d’une infection, et cinq autres ont été transférés dans des centres médicaux. Les normes minimales de produits hygiéniques essentiels ne sont pas disponibles dans cette prison et, en raison du surpeuplement, les gens dorment à même le sol, même à proximité des installations sanitaires.

Le jeudi 27 février après-midi, des infirmières en tenue de protection spéciale ont transféré un détenu du quartier 14 vers des centres médicaux à l’extérieur de la prison, parce qu’elles le soupçonnaient d’être infecté par un coronavirus. Il n’y a aucune information sur son lieu de séjour. Un des prisonniers du pavillon 3 a contracté le virus. Il y a environ 900 prisonniers dans les quartiers 3 et 4.

Le pénitencier central de Karaj

Les visites des familles ont été annulées au pénitencier central de Karaj la semaine dernière à cause de la propagation du coronavirus. Le quartier réservé aux prisonniers politiques et aux prisonniers d’opinion a été transformé en espace de quarantaine pour les personnes infectées. Les autorités pénitentiaires ont placé les prisonniers politiques dans le quartier des travailleurs. Les conditions d’hygiène de la prison sont catastrophiques. Dans chaque salle de la prison, seuls 100 prisonniers ont des lits. Dès le petit matin, ils passent du temps dans la cour de la prison et pendant la nuit, ils dorment à même le sol dans les couloirs et devant les installations sanitaires.

Prison de Qezel Hesar

Au moins sept détenus sont infectés par le coronavirus dans la prison de Qezel Hesar à Karaj. Non seulement les autorités ont refusé de s’occuper d’eux, mais elles n’ont fourni aucune information sur leur état. L’identité de trois d’entre eux est connue : Said Hemati, Meisam Monouri, et Mohammad-Hessam Rahimi.

Même les détergents ne sont pas mis à la disposition des prisonniers dans cette prison. Étant donné le grave surpeuplement de l’établissement pénitencier, les prisonniers souffrent d’un manque d’air frais dans les chambres et le risque d’infection est élevé.

Prison de Rajai-Shahr (Gohardacht)

Les prisonniers soupçonnés d’être infectés par le coronavirus sont détenus dans les quartiers publics de la prison de Rajai-Shahr à Karaj. Malgré une forte toux et de la fièvre, ces détenus sont renvoyés dans les salles publiques après avoir simplement pris leur température corporelle. Les détenus affirment que malgré le refus des autorités de leur accorder une nouvelle entrée, de nouveaux prisonniers y ont été régulièrement emmenés ces derniers jours et même les transferts vers les tribunaux et les centres judiciaires se poursuivent.

En outre, le mercredi 26 février, plusieurs détenus du quartier des travailleurs de la prison du Grand Téhéran ont été transférés à la prison de Rajai-Shahr pour y maintenir des services tels que la cuisine. Compte tenu de la propagation du coronavirus dans la prison du Grand Téhéran, le risque d’infection est imminent.

Prison de Kashan

Des cas d’infection ont été détectés dans le pavillon 3. Les détenus infectés sont gardés avec d’autres détenus sans quarantaine. Le mardi 25 février, un détenu infecté mourant aurait été transféré hors de la prison. On ne sait rien de son sort.

Prison d’Ahvaz Shiban

Dans la prison d’Ahvaz Shiban, au moins deux détenus nommés Milad Baghlani et Hamid-Reza Makki ont contracté le Coronavirus et ont été transférés en quarantaine. Il n’y a aucune information sur leur situation.

Prison d’Ardebil

Le service de santé de la prison centrale d’Ardebil a été évacué et les prisonniers qui présentent des symptômes du virus sont transférés dans ce service. Un grand nombre de prisonniers politiques se trouve dans cette prison.

Prison de Zahedan

Plusieurs pensionnaires de la prison de Zahedan ont contracté le Coronavirus et ont été transférés hors des quartiers vers des lieux inconnus. Le virus s’est propagé dans le quartier 4 et au moins un prisonnier a été transféré vers un lieu inconnu.

Un grand nombre de prisonniers politiques sont détenus dans ce quartier et risquent de contracter le virus. Plusieurs prisonniers d’autres pavillons qui ont été infectés ont été transférés après un délai de plusieurs jours et après que leurs conditions se sont aggravées. On ne sait pas où ils se trouvent. Les responsables de la prison ont annulé toutes les visites la semaine dernière.

Prisons de Kermanchah et de Sanandaj

Le 3 mars 2020, un prisonnier du pavillon public de la prison de Dizelabad à Kermanchah a été transféré par des travailleurs de la santé vers des centres de santé à l’extérieur de la prison, après que son état a empiré. Le même jour, un autre prisonnier a été transféré de la prison centrale de Sanandaj sous haute sécurité.

Conclusion

1. Le virus avait commencé à se propager en Iran il y a quelque temps, mais le régime avait reçu l’ordre direct de Khamenei de ne pas divulguer des informations au public en raison du 11 février, date anniversaire de la révolution, et de la mascarade électorale du 21 février. Ce n’est que fin février que les responsables ont reconnu les infections du virus et c’était trop tard. Le régime était le principal coupable et la raison de la propagation du Coronavirus en Iran.

2. Le régime a constamment sous-estimé le nombre de personnes infectées ou tuées par le virus et a fait de la question des statistiques une question de sécurité pour le régime et a ainsi couvert l’étendue de la crise de santé publique à laquelle l’Iran et le monde sont confrontés.

3. Le régime essaie de laisser entendre que tout est normal. L’opinion publique a fermement rejeté les propos de Rohani et Khamenei mettant en doute la gravité de la question. Le régime a été contraint d’annuler les réunions de son Parlement, ses prières du vendredi et plusieurs autres rassemblements malgré les démentis et cela montre l’ampleur de la crise.

4. Les preuves indiquent que les pasdaran ont été complices de la propagation du virus dans la ville de Qom, puis vers d’autres villes. L’expansion généralisée des Iraniens infectés démontre l’incompétence de ce régime.

5. Il y a une pénurie de fournitures médicales, mais les fournitures médicales qui existaient déjà en Iran et qui auraient pu suffire à contrer le virus ont été grossièrement mal gérées en raison de la corruption et de la thésaurisation par les pasdaran et les agences gouvernementales affiliées à Khamenei. Même le personnel médical ne dispose pas du minimum de fournitures pour lutter contre le virus et se protéger.

6. L’épidémie a été très coûteuse pour le régime. Elle a été un désastre total sur le plan politique, elle a encore plus comprimé le régime sur le plan économique et a suscité le dégoût du public plus que jamais auparavant.

Mme Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a souligné que la campagne de dissimulation, de mensonges et de désinformation menée par le régime était une tentative de contrer le soulèvement et la colère du peuple iranien qui voit dans le régime des mollahs la principale raison de la propagation du Coronavirus. Elle a de nouveau souligné l’impératif de protester et de frapper à tout moment et en tout lieu possible et a réitéré que toutes les fournitures et installations médicales et sanitaires en Iran doivent être libérées du monopole des pasdaran et mises à la disposition des médecins et du peuple iranien.