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Les vestiges de la monarchie défendent le fascisme religieux

Bloomberg News a publié, le 19 juin, une interview de Reza Pahlavi, le fils de l’ancien dictateur iranien renversé en 1979 par le peuple iranien.

En répétant les calomnies contre l’opposition démocratique iranienne, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK), il a une fois de plus montré son hostilité à l’égard de la démocratie et de la souveraineté populaire.

Bloomberg News a publié une réponse du porte-parole de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran :

Depuis le début du XXe siècle et la lutte du peuple iranien pour la démocratie et la souveraineté nationale, il a été confronté à deux dictatures : la monarchie et la théocratie. Malgré leurs apparentes différences, ces deux courants se rejoignent sur un point : l’hostilité à la démocratie et la répression violente de ses défenseurs. La démocratie signifie la fin de la dictature sous toutes ses formes.

En 1953, grâce à un coup d’État de la CIA et des services de Renseignements du Royaume-Uni, le Shah a renversé le seul gouvernement démocratique de l’histoire de l’Iran, dirigé par le feu Mohammad Mossadegh. Le Shah a ensuite dirigé l’Iran par la terreur et la répression pendant 25 ans.

Le prédécesseur théologique de Khomeiny, le mollah Kashani, a été l’élément intérieur le plus important dans le coup d’État et la répression contre les défenseurs de la démocratie. En 1908, deux ans après la Révolution constitutionnelle, lorsque le roi Qajar, avec l’aide du Parti tsariste, a bombardé le Majlis (Parlement), le soutien intérieur des mollahs réactionnaires était dirigé par Fazlullah Nuri. Ces deux mollahs ont été les mentors de Khomeiny et de son régime et ils ont été honorés et encensés par lui à plusieurs reprises.

Le Shah a été éjecté d’Iran alors que des millions d’Iraniens scandaient « A bas la dictature du Shah ». Aujourd’hui, 65 ans plus tard, son fils cherche à dédommager les mollahs pour ce qu’ils ont fait pour son père.

Alors que le  soulèvement national de janvier 2018 a rendu tangible l’imminence de la chute des mollahs, Reza Pahlavi a déclaré : « si le choix est entre ce régime et l’OMPI, la population choisira très probablement les mollahs ». (Agence Bloomberg News, 19 juin).

L’OMPI, créée en 1965, est le principal mouvement d’opposition iranien.

Affirmer que les Iraniens feront le choix du régime islamiste, qui a le palmarès mondial du nombre d’exécution par habitant et qui est le principal commanditaire du terrorisme, est similaire aux affirmations de ceux qui ont dirigé le coup d’État. Avec leurs partisans théocratiques, ils avaient l’habitude de dire que c’est le peuple qui a renversé Mossadegh et ramené le Shah au pouvoir. Maintenant, les rôles des monarchistes et des théocrates ont été inversés : Les mollahs sont au pouvoir et les vestiges de la cour du Shah agissent comme leurs facilitateurs.

Reza Pahlavi ne représente que lui-même et sa seule crédibilité est d’être la descendance d’un dictateur. Ses propos ne font qu’ajouter à l’aversion du peuple iranien pour les vestiges du régime du Shah. Des milliers de prisonniers politiques qui portent les cicatrices d’horribles tortures infligées par la police secrète du Shah sont encore en vie, tout comme les mères de nombreuses personnes exécutées par le Shah.

Les propos ridicules de Pahlavi répercutent les propos tenus par le Guide Suprême Ali Khamenei le 9 janvier, au temps fort du soulèvement populaire, quand il déclara que l’OMPI est le principal organisateur des manifestations. Une semaine plus tôt, le président du régime, Hassan Rohani, avait appelé son homologue français pour exhorter, en vain, le gouvernement français à imposer des restrictions contre les membres de l’organisation en France au motif que l’OMPI jouait un rôle central dans le soulèvement.

La source de la rancune de Pahlavi contre les membres féminins de l’OMPI et leur choix libre de porter le voile, peut s’expliquer dans un aveu de Sanaei Rad, commandant adjoint des pasdaran, quand il déclara que « les femmes de l’OMPI ont été les principales organisatrices » du soulèvement dans de nombreuses villes.

Au cours des 53 dernières années, les régimes du Shah et des ayatollahs ont affirmé à maintes reprises que l’OMPI a été anéanti et qu’elle était dépourvue de tout soutien populaire. Mais l’OMPI a survécu précisément grâce au soutien considérable parmi les diverses couches de la société iranienne. Et elle a continué à se développer malgré une répression violente, des intrigues incessantes et l’exécution de plus de 100 000 de ses militants. Même les plus hauts responsables du régime reconnaissent que l’OMPI est leur principal défi.

L’OMPI est la principale composante de la coalition de l’opposition démocratique du Conseil national de la Résistance iranienne. Les deux entités ont toujours cherché à faire de la paix un devoir et une mission patriotique. C’est le cas depuis que l’Irak s’est retiré du territoire iranien en 1982, faisant de Khomeiny la seule partie belligérante s’obstinant à poursuivre le carnage avec le slogan « Conquérir Jérusalem via Kerbala ».

Conséquence de cette guerre : la mort de plus d’un million de jeunes Iraniens. Le plan de paix du CNRI, qui a été élaboré en mars 1983, stipule que « l’accord signé en Algérie en 1975 et les frontières terrestres et maritimes établies dans cet accord constituent la base d’une paix équitable et durable », et a renvoyé la question des « réparations de guerre » et des « modalités d’indemnisation de l’Iran » à un Tribunal international à La Haye. Ce plan a été soutenu par plus de 6 000 parlementaires et dirigeants politiques dans le monde et a été officiellement salué par le gouvernement irakien, qu’il considéra comme « une base acceptable pour des pourparlers de paix ».

Ce plan reflétait clairement les intérêts suprêmes du peuple iranien et l’intégrité de l’Iran. Mais l’obstination mortifère de Khomeiny a conduit à une situation telle, qu’aujourd’hui encore, 15 ans après que les agents des mollahs ont pris le contrôle politique de l’Irak, ils n’ont toujours pas été en mesure de signer un accord de paix similaire avec le gouvernement irakien actuel.

La campagne de paix de la Résistance iranienne à l’échelle nationale et internationale a été le principal facteur local qui a contraint Khomeiny à céder au cessez-le-feu et à arrêter l’envoi des adolescents iraniens sur les champs de mines. Sinon, des centaines de milliers d’autres jeunes Iraniens auraient péri. Alors qu’elle opérait en Irak, l’OMPI a déclaré publiquement son indépendance financière, politique et militaire totale vis-à-vis du gouvernement irakien de l’époque. Elle est restée fidèle à ce principe jusqu’au 9 septembre 2016, dernier jour de sa présence en Irak.

Plus de 15 ans après le renversement de l’ancien gouvernement irakien, et alors que le régime des mollahs a eu accès à tous les documents et archives de l’ancien régime, il n’existe pas un seul document qui puisse réfuter cette vérité.

Shahin Gobadi
Porte-parole
Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran
Le 20 juin 2018

 

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