lundi, janvier 17, 2022
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Un défenseur iranien des droits : l’exécution massive des sunnites est « un crime contre l’humanité »

Un défenseur iranien des droits : l’exécution massive des sunnites est « un crime contre l’humanité »

CNRI – Dr. Mohammad Maleki, premier chancelier de l’Université de Téhéran après la révolution iranienne de 1979, a fermement condamné l’exécution massive des prisonniers politiques sunnites plus tôt ce mois-ci, ainsi que le massacre de 1988 des prisonniers politiques, décrivant dans une interview avec Al-Arabiya, ces actions comme des crimes contre l’humanité qui peuvent être poursuivis en justice.

Dans l’interview du 6 août, l’éminent défenseur des droits de l’homme a déclaré : « Tous les massacres qui ont eu lieu depuis le début jusqu’à ce jour sont tous illicites, illégaux et peuvent faire objet de poursuites devant un tribunal de droit en tant que crimes contre l’humanité. »

Maleki a critiqué le silence de la communauté internationale face à la détérioration de la situation des droits de l’homme en Iran et croit qu’aussi longtemps que le régime sera au pouvoir, les intenses mesures de répression et de sécurité resteront intactes. Il a exprimé son espoir de voir le peuple iranien, dès que possible, porter au pouvoir un Etat démocratique et épris de liberté qui respecte les droits des gens.

30.000 prisonniers politiques, pour la plupart affiliés au principal groupe d’opposition des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI ou MEK), ont été massacrés en Iran durant l’été 1988.

Les extraits suivants proviennent d’une entrevue téléphonique du service Farsi d’Al Arabia avec le Dr Maleki :

Al-Arabia : Quelles sont vos réflexions pour ce qui concerne l’objectif du régime qui a exécuté en masse des prisonniers sunnites à la date du 28e anniversaire du massacre de 1988 des prisonniers politiques?

Dr Maleki : Primairement, dès le début la soi-disant République islamique d’Iran a adopté une approche violente vis-à-vis du peuple. Depuis le tout début, ce régime a exécuté des gens au nom des toxicomanes et des personnalités politiques, a pistonné les meurtres de 1988, et tué ses dissidents à l’étranger. J’ai été personnellement poursuivi et placé derrière les barreaux pendant cinq ans, de 1981 à 1986. J’ai vu comment ces personnes ont été exécutées, et la façon dont le régime a lancé des procès de 2 minutes. Environ 30.000 personnes ont été exécutées [en 1988], elles ont toutes été poursuivies et dans les tribunaux initiaux, été condamnées à des peines de prison, pas à être exécutées. Elles étaient toutes des prisonniers et purgeaient leurs peines, et certains avaient même déjà purgé toute leur peine. Par conséquent, tous les massacres depuis le début jusqu’à ce jour, et jusqu’à ce moment, sont illicites, illégaux, peuvent faire l’objet de poursuites et sont considérés comme un crime contre l’humanité.

 

Les défenseurs des droits de l’Homme et les organisations, ainsi que divers activistes Kurdes accomplis affirment que tous ces prisonniers ont été victimes de « cas montés de toutes pièces » par les organes de sécurité, avec pour objectif de dépeindre le mouvement des iraniens sunnites comme extrémiste. Quelle est votre opinion à cet égard ?

J’ai moi-même été prisonnier. Principalement, tous les emprisonnements ainsi que les accusations sont illégales et ne sont rien que des allégations dépourvues de tout fondement réel… Nos amis qui étaient leurs compagnons de cellule, et avec qui j’ai discutés, affirment qu’ils n’avaient aucun lien avec ISIS, le terrorisme ou n’importe quel problème de ce genre. Ils étaient tous religieusement dévoués et organisaient souvent des prières collectives. Quoi qu’il en soit, ces crimes que ce régime mènera jusqu’à son dernier jour au pouvoir, sont destinés à instaurer un climat de terreur au sein de la société.

Compte tenu de l’accord conclu entre l’Occident et l’Iran, comment évaluez-vous la position de la communauté internationale concernant la situation des droits de l’homme qui se détériore en Iran ? À votre avis, la situation des droits de l’homme est-elle – comme on l’entend dire de beaucoup – en train de devenir victime de cet accord ?

Pourquoi sont-ils silencieux ? Ne pensent-ils pas qu’avec chaque jour au pouvoir ce gouvernement est un préjudice pour le peuple iranien ?

Dr Maleki, comment évaluez-vous la situation des protestations nationales ainsi que celle des relations de l’Iran avec la région dans l’ombre de son ingérence belliciste ?

Tous les travailleurs, les agriculteurs, les enseignants, les étudiants, les marchands du bazar et les divers groupes en sont venus à comprendre qu’ils sont soumis à de la cruauté. Les taxes prélevées de chez eux et l’argent que nous réclamions sont totalement dépensés dans des pays tels l’Irak et le Yémen. J’espère que les populations iraniennes réussiront dès que possible, à avoir au pouvoir un état véritablement démocratique et épris de liberté qui respecte les droits de l’homme.

Le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme des Nations-Unies, Zeid Ra’ad Al-Hussein, a fustigé les récentes exécutions en Iran. À votre avis, est-ce suffisant pour les Nations-Unies de simplement condamner les violations des droits de l’homme pour mettre fin à la répression et à l’atmosphère intense de sécurité en Iran ? Quel est votre message à la communauté internationale à cet égard ?

Ces condamnations sont nécessaires, mais ne sont pas suffisantes. Je crois que les Nations-Unies et les autres organisations internationales de défense des droits de l’homme devraient sérieusement lutter contre ces crimes.

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