mercredi, septembre 22, 2021
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Qui est Mohseni Ejei, le nouveau chef du pouvoir judiciaire iranien ?

Mohseni-Ejei

Résumé
Le simulacre d’élection présidentielle en Iran a eu lieu le 19 juin 2021. Le Guide Suprême du régime iranien, Ali Khamenei, a nommé le chef du pouvoir judiciaire, le sinistre Ebrahim Raïssi, comme nouveau président du régime. Quelques jours après la sélection de Raïssi, Gholamhossein Mohseni Ejei est devenu le nouveau chef du pouvoir judiciaire du régime.
Ejei est l’une des figures les plus vicieuses du régime des mollahs et est sanctionné par l’Union européenne et les États-Unis pour son rôle dans la répression du peuple iranien. Avec Raïssi comme président et Ejei comme chef du pouvoir judiciaire, Khamenei a confirmé sa décision de poursuivre sa politique visant à consolider son régime face à une société rétive et à accroître la répression pour contrôler cette société explosive.
Dans cet article, nous nous proposons d’examiner le parcours d’Ejei.

Qui est Gholam-Hossein Mohseni-Ejei ?

Mohseni-Ejei est né à Ezhiyeh, Ispahan, Iran en 1956. Il est diplômé de l’école Haqqani de Qom, où la plupart des hauts responsables et des mollahs du régime ont étudié.

Ejei s’est rapproché du fondateur du régime, Rouhollah Khomeiny, et de ses sbires avant la révolution de 1979 par l’intermédiaire des responsables du futur régime à l’école Haqqani.

Qui est Mohseni Ejei, le nouveau chef du pouvoir judiciaire iranien ?

Séminaire Haqqani à Qom

Après la révolution de 1979, Ali Ghodussi, l’une des autorités judiciaires les plus criminels du régime et le soi-disant « procureur général de la révolution islamique », a invité Ejei à Téhéran, où il a commencé à travailler au sein du soi-disant tribunal de la révolution islamique.

Séminaire Haqqani à Qom

Grâce à sa cruauté, Ejei a rapidement atteint les plus hautes fonctions du régime et a été impliqué dans des violations des droits Humains pendant des années.

Au cours des années 1980, Ejei a occupé plusieurs postes, tels que celui de représentant du procureur de la révolution au sein du ministère du Renseignement et de la Sécurité (VEVAK) du régime et celui de chef du 3e circuit du tribunal révolutionnaire. Il a été à la tête du comité restreint du VEVAK de 1984 à 1985.

Ejei est devenu le représentant du chef du pouvoir judiciaire auprès du VEVAK en 1986 et a occupé ce poste jusqu’en 1988.

Il a donc joué un rôle important dans les arrestations, la torture et les exécutions de dissidents et dans l’émission d’ordres d’exécution de milliers de prisonniers politiques, notamment lors du massacre de prisonniers politiques en Iran en 1988.

Le représentant du VEVAK avait un rôle définitif dans toutes les commissions de la mort et poussait les commissions à augmenter le nombre d’exécutions. En fait, elles étaient les yeux, les oreilles et les bras de ce sbire. Comme l’a dit Montazeri : « Il [Khomeiny] recevait divers rapports des responsables du ministère du Renseignement […] il traitait ces rapports comme une vérité divine. »

Les mémoires de Mohammadi Reyshahri, alors ministre du Renseignement, comprennent plusieurs lettres échangées entre lui et Khomeiny, confirmant que Khomeiny a directement dirigé le ministère pour perpétrer les crimes. Dans son livre, Reyshahri avoue également la répression du cercle intime de Montazeri, en disant : « Nous nous référions à lui même pour les plus petites affaires ».

En tant que procureur adjoint du tribunal spécial du clergé en 1995 et en tant que procureur du tribunal spécial du clergé depuis 1999, Ejei a joué un rôle dans l’arrestation, l’emprisonnement et l’exécution de nombreux clergés dissidents en Iran.

Dans les années 1990, Ejei a également joué un rôle important dans les « meurtres en chaîne » ou ce que l’on appelle « meurtres en série » d’intellectuels et d’écrivains iraniens. Il a ensuite été nommé ministre du Renseignement (2005-2009) et procureur général (2009-2014).

En tant que ministre du Renseignement, Ejei était l’un des plus hauts responsables du régime des mollahs en charge des exécutions, des meurtres et de la torture dans le pays. Au cours de cette période, un grand nombre de prisonniers ont été exécutés dans les nombreuses chambres de torture et prisons du régime.

Avant de devenir le chef du pouvoir judiciaire du régime, il était le premier adjoint du pouvoir judiciaire.

Lors d’une conférence de presse à Téhéran le mardi 18 juin 2019, Ejei, alors premier adjoint du chef du pouvoir judiciaire du régime, a annoncé que Khamenei avait augmenté le niveau d’autorité dont il jouit, lui permettant désormais de prononcer des condamnations à mort.

Sur la base des articles 477 et 350 du code pénal du régime iranien, le Guide suprême a autorisé le chef du pouvoir judiciaire à prononcer des condamnations à mort et des « Qisas » (rétribution) en vertu de la soi-disant charia du régime, afin de punir les criminels pour le même crime qu’ils ont commis. Ejei a déclaré que le premier adjoint au chef du pouvoir judiciaire a désormais la même autorité et peut décider des condamnations à mort et des sentences Qisas.

Au cours des deux derniers mois , ces changements ont facilité la conclusion de plus de 600 cas de Qisas et d’exécution, a-t-il déclaré, selon l’agence de presse officielle ISNA.

Cependant, Ejei n’a pas dit comment il a conclu les cas – s’il a confirmé toutes les condamnations à mort et à la Qisas ou non. Il a qualifié cette action d' »acte révolutionnaire djihadiste » du chef du pouvoir judiciaire Ebrahim Raïssi.

Le 13 avril 2011, l’Union européenne a imposé des sanctions à 32 responsables iraniens, dont Ejei, et leur a interdit l’accès aux pays de l’UE pour violation grave des droits Humains.

Le 29 septembre 2010, le département du Trésor des États-Unis a imposé des sanctions à l’encontre d’Ejei pour avoir commis de graves violations des droits Humains. La déclaration du département pointait du doigt son implication dans « la répression des manifestations après les élections de 2009« . Et dans le cadre de ces sanctions, il a été décidé de saisir les actifs potentiels de Gholamhossein Mohseni Ejei aux États-Unis et de lui interdire l’entrée dans le pays, de sorte que les citoyens américains ne puissent pas non plus faire affaire avec lui.

Conclusion

Le nouveau président du régime, Ebrahim Raïssi, est l’un des principaux responsables du massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988. Avec Ejei à la tête du pouvoir judiciaire, le régime a confirmé sa décision d’intensifier les violations des droits Humains.

Raïssi et Ejei sont tous deux sous le coup de sanctions pour leur rôle dans les violations des droits Humains. L’émergence de ces criminels en tant que hauts responsables du régime fait partie de l’impunité systématique dont ils bénéficient en Iran. Malheureusement, l’inaction de la communauté internationale a rendu cette impunité systématique. La communauté internationale devrait demander des comptes aux responsables du régime, principalement Raïssi et Ejei, pour leur sombre bilan en matière de violations des droits Humains.

Il serait dans l’intérêt du peuple iranien et de la situation générale des droits Humains en Iran que ces criminels rendent des comptes.

 

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